Histoire des communes

Divers : Gréez-sur-Roc

Epidémie en 1584

Une épidémie de peste fait 21 morts en août et septembre 1584.

Gréez en 1789 : le contexte des cahiers de doléance

Faisons un saut de deux cents ans dans le passé. Que se passait-il à Gréez-sur-Roc en 1789 ?

Deux siècles, c’est bien loin, et c’est aussi relativement proche. Si l’on admet par génération une durée moyenne de vingt-cinq ans, c’est notre sixième grand-père que nous avions alors comme ancêtre. Une grande partie des habitants actuel de Gréez ont donc eu des ancêtres parmi ces paroissiens, dont nous retrouvons les noms lors des « assemblées des habitans ».

Je dis « ces paroissiens » parce que la commune, telle que nous la connaissons, n’existait pas encore. C’était alors la paroisse Saint-Almire (ou St Almyre, ou St Almer) de Gréez-sur-Roc, et non pas, comme il est dit souvent, la paroisse Notre-Dame de Gréez, nom réservé à la chapelle du Bas-Bourg).

La paroisse était d’aussi grande étendue que la commune actuelle, et certains baptêmes se faisaient à Soizé, vu l’éloignement du bourg ou les mauvaises conditions du temps.

Peut-être Gréez était-il moins isolé que maintenant du fait que l’ancien Grand Chemin de Paris à Chartres passait par Vaufargis pour aller rejoindre Soizé et Brou. C’était le « Chemin aux Bœufs » par où s’acheminaient les longs troupeaux de bêtes destinées à l’alimentation de la capitale, chemin utilisé dans le même but pour les troupeaux de cochons, beaucoup plus lents. Il y avait à Vaufargis deux auberges, et un « enclos aux cochons », où l’on faisait reposer ces bêtes.

La commune était essentiellement agricole. Les terres étaient exploitées par les laboureurs (les plus aisés), les bordagers et les journaliers.

Certaines fermes (et non des moindres) appartenaient au Marquis Louis Hurault, de Vibraye (comme la Coeffounière, les Hulottières, la Rouillardière, la Motte), ou au Chapitre Saint Julien, du Mans (comme la Mairie ou le Moulin de Courgirault), d’autres à la cure, ou à la fabrique de Gréez (comme la Normandie, et parts de l’Hernerie de la Maison Neuve).

Les artisans habitaient soit le bourg, comme le maréchal, les « tireurs d’étain » (fabricants d’étanures, ou de toiles, les cordeurs, le cordier, et aussi l’aubergiste, soit au hameau, comme à Saint-Antoine où travaillaient des sabotiers et des charbonniers (proximité des bois ?).

Notons que Gréez comptait en 1789 environ 1140 habitants.

Quelles étaient les principales personnalités de la paroisse ?

- Au Château de la Pinelière habitait le Chevalier Lefebvre d’Ivry, « seigneur de la Pinelière, Ivry et autres lieux ». En 1789, il fut nommé « syndic municipal ». Il devait « foy et hommage » à Monsieur le Marquis Hurault de Vibraye, à cause des « fiefs et seigneuries » de la Rouillardière, de la Motte et du Perrin.

- Le fermier général, chargé du recouvrement des taxes, des tailles et des dîmes était le bourgeois Louis Franchet.

- Le notaire : Laurent Martin Stanislas Boutroüe, qui est le seul habitant de Gréez-sur-Roc à avoir joué un rôle important dans la vie locale, départementale et même nationale (rappelons rapidement qu’il fut élu député à la Convention, et qu’il vota la mort de Louis XVI).

Le curé, en 1789, était Joseph Gervais Guimon. Comme dans toutes les paroisses, c’était la personnalité influente du pays. Naturellement il remplit son office de prêtre, mais aussi il dirige la Fabrique (l’ancêtre de notre Conseil Municipal), il intervient fréquemment dans ses assemblées. Il profite de son prône à la messe pour renseigner les fidèles sur les événements les plus importants et leur lire les textes officiels. De plus, c’est lui qui est chargé du registre d’état-civil, et il participe à l’éducation des enfants et à la surveillance de la tenue de ses paroissiens.

L’église faisait office de la mairie, ou de la Salle de Réunions actuelles. C’est à l’issue de la messe paroissiale que se tient « l’Assemblée des Habitans » ou « Général » de la paroisse, pour décider en commun des affaires importantes du village.

Les membres du Conseil de Fabrique, ou « fabriciers », la direction du Curé, se recrutaient parmi les notables locaux. Le procureur de la Fabrique était élu chaque année. En 1789, c’était Piau Jacques, laboureur, qui avait succédé à Louis Laverton.

Grâce à ces assemblées périodiques des habitants, il nous est possible de connaître les noms d’un certain nombre de paroissiens cités dans les actes comme « faisant et représentant la plus grande et la plus saine partie des habitants de la paroisse », qui ont été assemblés « au son de la cloche, en la manière accoutumée ».

Il y a peu de documents nous permettant de savoir ce qui s’est passé à Gréez en 1789. Le plus important est le Cahier de Doléances, qui fut rédigé le 1er mars. Il est probable que Boutroüe en fut le rédacteur, vu le vocabulaire assez recherché et la forme quelque peu « notariale ». Les principales revendications : suppression de l’impôt dit du « franc fief », de la gabelle (impôt sur le sel), des lettres de cachet, réforme du droit criminel et de l’établissement de l’impôt, établissement d’une loi unique pour tout le pays.

A la fin du cahier : les signatures de Jacques Piau, député, Boutroue, avocat au Parlement, député Lefebvre d’Ivry, chevalier, syndic municipal, François M. Reimbourg, grefier, Jean Hoyau, François Bouillon, Franchet, René Coudray, Fançois Binet, André Reimbourg, Jean Richard, R. Deroult et F. Lefeuvre (copie du cahier entier à la suite).

Le 2 août, le Conseil de Fabrique décide de faire effectuer des réparations à la Chapelle Bas-Bourg.

Le 8 novembre est une date à noter pour notre petite histoire puisque ce jour est décidée la pose d’une horloge à l’église. A cette date dans, dans le registre des déclarations de la fabrique, nous pouvons lire :

« Le dit Derouet, procureur de la fabrique en exercice, nous a représenté que, depuis longtemps, on désirait qu’il y eût une horloge à l’église de cette paroisse, et il serait à propos de déterminer cette dépense. Sur quoi, nous, habitans, ayant mûrement délibéré, avons statué et arrêté qu’incessamment on commanderait une horloge, pour être placée dans la tour de cette église et, à cet effet, nous avons dit que le marché en sera fait devant notaire, avec l’ouvrier choisi pour cette opération, lequel marché contiendra les conditions la qualité de laditte horloge, le prix, les termes de payement, et l’époque à laquelle elle devra être faite et posée, authorisons le Sieur Curé à faire les dits payements, suivant qu’il sera réglé par le dit acte ; à l’effet de quoi nous avons remis entre les mains du dit Sieur Curé la somme de cinq cents livres, pour être employée aux dits payements, de laquelle il sera déchargé en rapportant quittance de l’ouvrier. »

Fait et arrêté au banc d’œuvre de la ditte fabrique, la cloche sonnant, par nous, Curé, Louis Franchet, bourgeois, Laurent Martin Stanislas, Boutroue, avocat au Parlement, Louis Derouet, maréchal, François Martin Reimbourg, Gilles Brière, Jacques Brunet, Louis Binet, René Gouault, René Jaulneau, Jacques Lhermenault, Denis Bruneau, Charles Née, Etienne Béala, Michel Laborde, Jacques Piau, François Bouillon, Louis Neveu, Jacques Debon, François Bouffard, Mathurin Thierry, Jean Hoyau, René Laborde, Marin Gaultier, Joseph Poirier et autres, faisant la plus saine partie des dits habitans, qui avons signé, excepté ceux qui ont dit ne le savoir, de ce xxxxxxxx

A noter que, parmi les 25 personnes citées ci-dessus, 11 seulement on signé !

La seconde moitié du mois de novembre 1789 fut probablement très pluvieuse, puisque « la planche qui sert à passer le fossé entre la Noue et l’église, et la prée de Ravat » fut détruite et emportée par les eaux. Le Conseil de Fabrique décida d’en mettre une autre : « En conséquence, nous authorisons le dit Derouet (le procureur) à faire abattre une trogne étant complantée dans les dittes noes de l’église ».

Gréez en 1789 : Le contenu des cahiers de doléance

Plaintes et remontrances que font les habitans composant l’ordre du Tiers Etat, de la paroisse de Gréez, aux Roy, aux Etats Généraux, très augustes représentans de la Nation Française, dressé en l’assemblée du dit ordre, tenue à Gréez le premier mars mil sept cent quatre vingt neuf, et remis aux députés de la ditte paroisse, ainsi qu’il est constaté par le procès-verbal de la ditte assemblée.

Au Roy, et aux Etats Généraux du Royaume,

Supplient très humblement les habitans de la commune de Gréez,

Premièrement

De supprimer le droit connu sous le nom de « franc-fief » pour trois raisons principales, la première parce que ce droit blesse l’équité, en ce qu’il représente le service militaire dû au souverain suivant l’ancien régime féodal, et qu’il était regardé dans le principe comme le dédommagement de l’affranchissement du service militaire, dont un préjugé barbare rendait les roturiers incapables. La seconde, parce que cet impôt est la source une infinité de procès, et que la manière de le percevoir expose le citoyen à mille vexations. La troisième, parce que le peu d’importance des produits de cet impôt doit engager le souverain à le sacrifier avec d’autant plus de raison que sa suppression facilitera le commerce des biens féodaux, et engendrera d’autres droits, moins onéreux, et plus justement répartis.

Si l’Etat peut sacrifier cette faible partie de ses revenus, on doit au moins cette justice aux roturiers que les produits des francs-fiefs soient répartis sur toutes les propriétés indistinctement. Alors, cette charge particulière deviendra générale, et n’écrasera pas un petit nombre d’individus, aussi chers à la Patrie, aussi fidèles au Roi que le reste de la nation.

Secondement

D’ordonner que l’augmentation progressive des sols pour les livres ajoutées, ou qui pourraient l’être à l’avenir, au principal des impôts primitifs, ne pourront avoir lieu que sur les droits fixes et absolus imposés sur une quantité déterminée d’une denrée dans le prix, variant suivant la multiplication du numéraire, exige aussi un changement dans l’impôt. Mais que toute imposition relative, c’est-à-dire consistant dans une partie aliquote du prix ou du produit d’une chose, ne pourra être grevée des sols pour livre additionnelle, parce que ces droits augmentent naturellement en raison de l’augmentation successive du prix ou des objets qui en sont chargés. De ce nombre sont les droits du franc-fief, centième denier, controlles les baux et les acquisitions de biens etc… XXXXXXX ???

Troisièmement

De conserver et de perfectionner l’administration provinciale établie depuis une année et plus, et de donner aux établissements municipaux toute la consistance nécessaire pour que ces corps soient en état de rendre aux citoyens des services aussi prompts que peu dispendieux.

Quatrièmement

De permettre la chasse à tout citoyen possesseur de terres sur ses propriétés, sans distinction de fief ou de cens. En particulier, n’est-il pas ridicule qu’un particulier ne puisse tirer sur un lapin qui vient manger les choux de son jardin, tandis qu’il peut tirer sur la poule de son voisin lorsqu’elle vient y faire quelque dégât ? qu’il puisse tuer un perdreau dans un jardin hommagé, et qu’il ne puisse en faire autant dans un pré qu’il tient à cens ? Un prince d’Italie vient de nous apprendre que tous les hommes ont droit égal aux productions de la terre, et que le droit de chasse exclusif n’est qu’une violation du droit de la nature. Le grand duc de Toscane, frère de notre auguste reine, a accordé le droit de chasse à tout possesseur de terre sur ses propriétés, indistinctement.

D’ailleurs, ne devrait-on pas abréger, ou du moins diminuer la rigueur des peines imposées aux délits de chasse ? Y a-t-il la moindre proportion entre la peine et ce délit enfanté dans les forêts de la Germanie et conservé par la barbarie féodale ?

Cinquièmement

Quant à la réformation des coutumes et autres lois locales, quelques vœux que nous formions pour voir tous les peuples de la France assujettis à une même loi, cette réforme exige tant de travaux que nous nous contentons de la désirer. Cependant, ne pourrait-on pas réduire toutes les coutumes peu différentes, et dont le territoire et limitrophe, à une loi commune et générale ? Cette opération sans doute éviterait bien des procès, et cette considération mérite bien l’attention des Etats-Généraux.

Sixièmement

De réformer le code criminel quand à la forme de la procédure, et d’établir une proportion plus juste entre les délits et les peines, de restreindre à un petit nombre de crimes la peine de mort infligée pour des délits si légers, d’y substituer une peine qui, en punissant le crime, mette le coupable en état de réparer les torts qu’il a faits à la société. La justice, l’humanité exigent ces changements dans le cadre d’un peuple qui se distingue par la politesse de ses mœurs.

Septièmement

D’établir un impôt général et modéré qui, par sa nature, porte sur tous les citoyens, en raison de leur propriétés et de leurs facultés, de telle manière que l’individu ne soit point écrasé, et que l’Etat cependant ait des ressources nécessaires au soutien de la pompe royale, à l’administration intérieure du Royaume, à la défense des frontières et à l’entretien des forces terrestres et maritimes de la Nation, qu’il n’y ait aucun privilège à cet égard.

Huitièmement

D’établir ou, au moins, de réformer les gabelles, ce droit désastreux qui, portant sur un objet de première nécessité, pèse uniquement sur le pauvre citoyen. De supprimer également les aydes ; ce droit détruit le bonheur des peuples.

Neuvièmement

De défendre la vente du tabac râpé, et de remettre les choses à cet égard sur l’ancien pied, si le droit exclusif n’est pas supprimé totalement.

Dixièmement

D’établir les lettres de cachet. Il est inutile de répéter ici les raisons qui doivent déterminer à cet égard.

Le présent cahier a été arrêté par les habitans de la ditte paroisse de Gréez, dans l’assemblée convoquée à cet effet, ainsy qu’il est constaté par le procès-verbal en date du premier mars mil sept cent quatre-vingt neuf. Et ceux des dits habitans qui savent signer ont signé avec les députés et le Président de la ditte assemblée.

Signé : Jacques Piau, Député. Boutroüe, Avocat au Parlement, Député. Lefebvre d’Ivri, Chevalier, Sindic municipal. F.M. Reimbourg, Greffier. François Bouillon. René Coudray. R. Dérouet. André Reimbourg. Jean Hoyau. François Binet. Jean Richard. F. Lefeuvre. Franchet

Le passage des Prussiens à Gréez en 1870

Rapport de l’adjoint de la commune de Gréez-sur-Roc sur le séjour et le passage des troupes allemandes dans la dite commune

L’adjoint de la commune de Gréez-sur-Roc a l’honneur d’exposer à M. le Préfet des faits qui se sont passés dans la dite commune, relativement au passage et au séjour des troupes allemandes :

Nuit du 25 au 26 novembre 1870 :
Arrivée à minuit de 9 à 600 bavarois avec autant de chevaux, ils font grand bruit, frappent aux portes et en enfoncent quelques unes, pillent et volent le reste de la nuit
Le lendemain matin départ à 9 heures se dirigeant sur Eure et Loir . Ils étaient venus de Montmirail.

Le 27 novembre1870 à 9 heures du matin : passage de 2 à 3 milles soldats prussiens, cavalerie, infanterie venant de Montmirail et se dirigeant sur Eure et Loir.
Rien de particulier sur ce passage.

Le 19 décembre à 4 heures du soir arrivée de 4 à 500 hussards bleus, presque tous ivres venant de Montmirail. Ils passent la nuit ici chez l’habitant, où ils se sont installés.
Le lendemain matin 20 décembre la moitié à peu près se dirige sur Montmirail, l’autre moitié reste jusqu’au lendemain matin, mercredi 20 décembre et pendant la journée ils volent paille, foin, avoine, un cheval que le propriétaire n’a jamais revu.
Le même jour à 7 heures du soir un habitant du bourg de Saint-Ulphace nommé Bouliffard vient à Gréez-sur-Roc et fait feu sur un fonctionnaire prussien auprès du cimetière, aux abords du bourg. Grand émoi dans tout le bourg parmi les prussiens et les habitants. Le sieur Bouliffard est pris par ceux-là qui lui en font endurer de toutes sortes le reste de la nuit.
Le matin 21 décembre mercredi ils le traînent avec eux se dirigeant sur la Ferté-Bernard, arrivés auprès du Theil ( Orne ) ils le fusillent. Le sieur Bouliffard laisse une veuve et un enfant en bas âge.

Le 22 décembre à midi arrivée du côté de Montmirail de 200 dragons avec au moins autant de chevaux, ils font des réquisitions d’avoine, de paille, de foin et un porc ; ensuite rien de particulier. Ils passent la nuit logés chez l’habitant le lendemain 23 décembre à 8 heures du matin départ. Outre cela, passage de 7 à 8 mille hommes : infanterie, artillerie, lanciers, dragons, venant d’Eure et Loir et se dirigeant sur Montmirail.
Rien de particulier sur ce passage.

Le 7 janvier 1871 à 4 heures du soir arrivée de 4 à 500 dragons venant d’Eure et Loir. Ils campent dans un champ à l’entrée du bourg et pendant toute la nuit : ils volent, pillent. Le lendemain à 8 heures du matin ils partent se dirigeant sur Montmirail le même jour 8 janvier au matin 8 à 10000 hommes passent : infanterie, dragons, lanciers, artilleurs avec batteries etc.......
Rien de particulier sur ce passage.

Le soir du même jour à 11 heures arrivent les ambulances avec tout leur matériel, les hommes qui les conduisent passent la nuit logés chez l’habitant, saccagent, pillent, volent les maisons où il ne se trouve personne ; réquisitionnent deux chevaux que le fermier n’a jamais revu ; partent le lendemain matin 9 janvier se dirigeant sur la Ferté-Bernard.

Pendant l’armistice.
Le 2 février 1871.
Les prussiens restant à Montmirail et Melleray font une réquisition de foin, paille et avoine.
Le 3 février 1871 nouvelle réquisition de foin, paille, avoine.
Pendant la dernière semaine, ils passent chaque jour un grand nombre de soldats prussiens se dirigeant sur Eure et Loir. Les jeudi 9, vendredi 10, samedi 11, ils logent chez l’habitant et passent la nuit. Les hussards rouges réquisitionnent une vache ; le 10 mars prennent de l’avoine, la paille et du foin dans les fermes où ils sont installés. Le 12 mars au matin, ils évacuent complètement la commune. On peut évaluer de 15 à 20000 francs les dommages causés par l’armée allemande dans la commune de Gréez-sur-Roc.

Dressé par nous adjoint de la commune de Gréez-sur-Roc le 18 avril 1871.
L’Adjoint , signé: Jacques Pineau

Source : Extrait du cahier de délibérations de Gréez-sur-Roc pages 134 et 135 de 1830 à 1874

Source : Fondation Jean Jousse

La guerre de 1940

Communiqué du 23 juin à 8h30

L’Armistice entre la France et L’Allemagne a été signée hier à 18h50. Toutefois les hostilités ne cesseront que 6 heures après communication à l’Allemagne des conditions de l’Armistice conclu entre l’Italie et la France. Les conditions de l’Armistice franco-allemande ne seront rendues publiques que ultérieurement.

Au sud de la Basse Loire les Allemands ont accentué leur poussée en direction de la Roche sur Yon et Poitier, et dans la Vallée du Rhône vers L’Ysère. Dans les Alpes les Italiens ont attaqué du Mont Blanc à la Mer. Partout ils ont été repoussés.

Communiqué du 23 juin, 19h30

Les plénipotentiaires ont commencé les pouparlés en Italie pour l’Armistice.
A 13h15 M. Pomaret ministre de l’intérieur, a annoncé que le Conseil des ministres de 11h30 avait nommé M. Pierre Laval, vice président du conseil et M. Marquet maire de Bordeaux, ministre d’Etat.
La poussée allemande se poursuit vers Saintes et Royan.
Les forces allemandes ne pénétreront pas à Bordeaux pendant les pouparlés avec l’Italie.

Communiqué du 24 juin. 8h30

Répondant à une allocution de M. Churchill qui regrette que la France s’apprête à conclure, le maréchal Pétain a déclaré que dans la situation oû nous nous trouvons, et bien que notre armée se soit brillamment battue nous sommes obligés de demander la suspension des hostilités.
Hier à 15h sont arrivés à Rome les 4 plénipotentiaires français. Qu’on ne sait encore s’ils seront reçus par M. Mussolini………. Plénipotentiaires et délégués ont pris contact à 19h30.

Situation militaire sans changement sauf sur la Côte Ouest, où les Allemands progressent vers Rochefort, Saintes et Cognac.
Le Général de Gaulle a été destitué à la suite d’un discours prononcé à la Radio de Londres.
Des mesures sévères ont été prises par le Préfet des Bouches du Rhône contre la hausse illicite.

Communiqué du 24 juin 19h30

Le Conseil des Ministres réuni à 17h30 a décidé de donner l’ordre à la délégation française de signer l’armistice entre la France et l’Italie
Les hostilités ne cesseront que 6 heures après notification de l’Italie à l’Allemagne des conditions de l’Armistice.

Communiqué militaire.

Dans l’ouest aucun événement important……. Dans le centre de vifs combats aux environs de Saint-Etienne.
Dans les Alpes les Italiens n’ont nulle part entamé nos positions de résistance.

Communiqué du 25 juin 8h30

L’Armistice avec l’Italie a été signée hier à 19h15 et la signification de l’accord a été faite à l ‘Allemagne par le comte Ciano à 19h30 et les hostilités ont pris fin ce matin à 1h30.
Le ministre de l’Intérieur a déclaré que cette journée du 25 juin est la journée de l’Armistice et de deuil national, mais deuil dans la dignité. Il faut donc que la France soit silencieuse, que les cafés, cinémas, salles de spectacles, magasins, sauf ceux d’alimentation, soient fermés, que les militaires soient consignés, que les drapeaux soient mis en berne.
Dès demain le travail reprendra et la patrie boulversée se remettra en ordre dans ses affaires. Notre pays va continuer à vivre l’âme haute et libre.

25 juin à 19h30 on communique que le discours du Général Pétain sera diffusé à 21h30

Extrait du discours prononcé par le Maréchal Pétain le 25 juin…… 21h30

Je m ‘adresse à vous, Français pour vous expliquer les motifs des deux Armistices. Il faut d’abord souligner l’illusion profonde que les alliers se sont faites sur les forces militaires et les ressources dont ils pouvaient disposer. Les évènements ont prouvé que l’Allemagne possédait dans ces domaines, en mai 1940, une écrasante supériorité ; La bataille des Flandres s’est terminée par la capitulation en rase campagne de l’armée belge, une 2ème bataille s’est livrée sur l’Aisne et la Somme où 60 divisions françaises d’infanterie, à peine appuyée de char, ont lutté contre 150 divisions d’infanterie allamande et 11 divisions motorisées. L’ennemi, en quelques jours a divisé nos troupes en 4 tronçons. La guerre était déjà virtuellement perdue quand l’Italie est entrée en guerre, créant un nouveau front, l’exode de 10 millions de français joins à 1 million de belges dans des conditions de misère et de désordre indescriptibles, à partir du 15 juin se répandais sur le reste de la France. La résistance armée devenait dès lors impossible. Deux alternatives se présentaient pour le gouvernement, soit demeurer sur place, soit prendre la mer. Il se résolu à rester en France pour maintenir l’unité du peuple français et pour représenter ce dernier auprès de l ‘Allemagne. Il a estimé que dans de telles circonstances, son devoir était d’obtenir un armistice acceptable et honorable.

En ce jour de deuil national mes pensées vont à tous les morts, leurs sacrifices à maintenir haut et pur le drapeau français—Les conditions sont sévères, ( de l’armistice ) une grande partie de notre territoire va être occupée, depuis le lac de Génève jusqu’à Tours en passant par Bourges, et vers l’Atlantique par Angoulème jusqu’à la frontière espagnole. Nos armées devront être démobillisées, nos fortifications rasées. En Méditerrannée les bases navales démilitarisées. Nul ne fera usage de nos avions et de notre flotte. Le gouvernement reste libre et la France ne sera administrée que par des Français.

Un ordre nouveau commence, vous serez bientôt rendus à vos foyers, vous avez soufferts, vous souffrirez encore. Je hais le mensonge qui vous a fait tant de mal, n’espérez pas trop de l’Etat il ne peut donner que ce qu’il reçoit. Nous avons à restaurer la France, montrez-la au monde dans tout son calme, son labeur et sa dignité.
Français, vous ferez, je vous jure, une France neuve surgie de votre ferveur.

Communiqué du 26 juin 12h45

Emission de la Radio allemande.

Conditions de l’Armistice franco-italien

Les troupes italiennes occuperont les positions les plus avancées qu’elles ont atteintes. Le territoire français sera démilitarisé dans une zonz de 50 kms à partir des premières lignes pour la durée de l’Armistice. Une zone démilitarisée est déterminée en Algérie et en Tunisie. Pour la durée des hostilités entre l’Italie et l’Angleterre, les italiens se réservent le droit d’utiliser le port de Djibouti et la ligne de Chemin de Fer de Djibouti à Addis-Abéba.
Les armements appartenant à des ouvrages fortifiés seront rendus inutilisables. Les bases navales de Toulon, Bizerte et Oran seront démilitarisées. Ne seront pas démilitarisées les forces nécessaires au maintien de l’ordre à l’intérieur de la France. L’Italie demande la remise totale ou partielle des armements et munitions qui devaient être utilisées contre elle. Tous les navires de guerre qui se trouvent actuellement à une grande distance de leurs ports d’attache devront regagner leur base. Les Italiens n’entendent pas revendiquer la flotte française après la signature du traiter de paix.Le gouvernement français s’engage à empécher que les navires de guerre,les avions et tous armements soient envoyés à l ‘étranger. Les aérodromes seront controlés. Toutes les émissions radiophoniques sont interdites en France.
Les présentes conditions d’Armistice peuvent être dénoncées par l’Italie, si la France ne tient pas ses engagements.

Communiqué du 27 juin

De la Radio allemande
Conformément aux dispositions du traiter d ‘Armistice, les troupes allemandes se sont avançées vers la Dordogne et à l’Est de Bordeaux.
Le Conseil des Ministres freançais vient de désigner les membres de la commission d’Armistice Franco-Allemande et Italienne.

Annonce : En raison du rétablissement du courant électrique dans la commune il ne sera plus publié de communiqué

1961 Evènements d’Algérie

Télégramme officiel du 24 avril 1961 du Préfet de la Sarthe au maire du département.
A la suite de graves évènements que connaît la France, le sort du Pays dépend aujourd’hui même de l’action immédiate de tous les français. Aussi serait-il de plus haut intérêt national que les municipalités expréssion de la Voix Populaire concrétisent leur attitude à l’égard de la République pour la défense de nos institutions. Les heures lourdes d’inquiétudes que nous vivons réclament de tous une large union qui seule permettra d’éviter la catastrophe. C’est pourquoi je vous invite à vonvoquer immédiatement la réunion de votre Conseil Municipal afin qu’il puisse se prononcer sur l’adoption d’une motion de confiance au Général de Gaulle et aux Institutions Républicaines.


Saisie : René Raymond Jean PIGEARD

Dernière modification : 6 Décembre 2012

 

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