Une pendaison à Brou
Compte rendu d’une exécution à Brou jour du marché par Gilles Chevallier Notaire Royal résidant à Moulhard. Il n’a pas été chargé de recueillir les témoignages de l’enquête conduite par un sergent royal et un notaire auprès des témoins.
Le supplicié n’a pas été enterré à Moulhard ou Unverre, peut-être à Brou mais les actes paroissiaux de la paroisse St Romain sont lacunaires.
« Aujourd’hui Mercredi 29 Janvier 1942, Jacques Souchay fils de Macé Souchay Hoste du bourg d’Unverre, Natif des Brières Souchay paroisse de Moulhard, a été pendu et estranglé en la place publique du marché de Brou , par arrest du parlement confirmatif de la sentence et jugement de mort pendu au dit Brou à la requête et diligence de Mr le procureur fiscal du lieu qui lui a fait sur son procès , atteint en connaissance entre autres choses d’avoir tué défunt Gilles Souchay son beau-père et un compagnon Mareschal de Brou le jour de la feste Messie St Martin d’hier dernier à Unverre après être échauffé de vin .
Homme Sieur Claude Gouin Sieur d’Errrainville advocat en parlement l’hors Bailly de Brou très homme de bien et bon juge homme, messire François Lochon aussi Avocat en parlement procureur fiscal en ladite année conseillé subdélégué de Mr D’Orléans, Conseillé délégué par sa Majesté pour le règlement des aussi fameux et judicieux personnages, grossier Mr Jehan le Coq de la Bazoche .
Est à remarquer pour la jeunesse que la trop grande liberté en mauvaise nourriture que son père lui a donné dans le vin, lui fait prendre toutes mauvaises habitudes contre la bonne mœurs qui ont empesché la Grace de Dieu et de son Esprit de faire aucune opération dans les esprits terrestres et vicieux qui n’a au courant de sa vie , suivi que ses brutalités inclination sans sentiment d’aucune humanité, et ne s’est aperçu de ses mauvais déportements que étant sur le gibet près à rendre sa vie pour les payer de ses fautes ou Dieu lui a décillé les yeux pour considérer comme il a fait le quitter de sa condamnation ? Et par Grace spéciale prenant en gré de mourir s’attachant prosterner au pied du gibet, le baisant et l’adorant comme sa comparaison la croix de N S Jésus Christ, En fin sa contrition à foi satisfait la compagnie présente à le spectacle au nombre de plus de mille personnes. Ou Messire Gallou curé de Brou lui a rendu les tesmoignages d’un bon pasteur et si bien absout par ses fréquentes assistances et admonitions disant hautement qu’il pouvait bien respondre du salut de son âme. Ainsi a fini sa vie celle de l’avoir oster à plusieurs en disant les dernières paroles que les cabarets l’avaient lors et fini honteusement sa vie, et que le plus grand malheur qui puisse arriver à la bien estre est de s’adonner trop aux cabarets et à porter les armes exempte bien vu avec à ceux qui prendront la peine de lire ce manuscrit. »
Le Crime contre un beau-père est particulièrement grave semble assimilé à un parricide. En général les morts consécutifs à une rixe sont assez nombreux. Ils se réglaient dans les familles aisées par un dédommagement de plusieurs centaines de livres, le criminel pouvant ensuite être déshérité ou chassé de la maison paternelle abandonné à gagner sa vie comme vagabond ou s’engager dans l’armée.
Exemple le jugement du 04/06/1630 condamnant Chenet Marin le jeune meurtrier avec l’aide de sa femme de Gallibourg Jacques à payer 300 livres en dédommagement au père de quoi faire de lui un paysan aisé la somme est réglée par le père qui déshérite son fils devenu vagabond par testament du 26/10/1632.
Saisie : Alain CHEVREAU
Dernière modification : 22 Septembre 2019