Histoire des communes

Sainte-Gemme-Moronval : Sainte-Gemme

Sancta gemma vulgairement sainte James tire son nom d’une ancienne abbaye de filles de l’ordre de saint Benoît qui avait été fondée en 1189 par Robert II comte de Dreux.

Nous avons déjà fait connaître plusieurs fondations pieuses du comte Robert mais ce fut surtout à la maison des filles de Sainte Gemme qu’il consacra le plus de soins. Il y amena les eaux de la rivière d’Eure au moyen d’un canal dont les traces ont disparu depuis peu d’années, et sur ce canal, il fit construire un moulin à blé qui fut converti plus tard en moulin à foulon. Cette usine que possédait Charles Balzac d’Entragues n’existe plus. La construction de ce moulin eut lieu en 1203 du consentement des chanoines de Meung sur Loir sous l’administration d’Ermengarde qui fut première abbesse de Sainte Gemme.

Les auteurs du galla christianix à qui nous empruntons cette citation nous a transmis les noms de plusieurs abbesses de sainte gemme dont voici la liste :

1 - ermengardis seu ermensendis aut hermensendis anno 1203 ad preces Roberti comitis domini drocarum et branx et yolendis comitissae ejus uxoris canonici magdunences ermensendi ermensendi abbatisae et pauperibus nomalibus sanctae gemmoe permiserunt molendinum construere apud morvallem, ex chartulario sancti lifardi magdunensis- .
2 - Isabella sedebat anno 1279 ex tabulario monasterci sancti johannis in valle (cette isabelle est encore mentionnée dans une transaction de 1277)
3 - Maria mense novembri anno 136….
4 - Margarita XII calend martir anno 1389
5 - Maria de Marc 14 calend januarii anno 1390
6 - Johanna de l’Epine 4 idus novembris anno 1392 et 17 calend februarii anno 1403
7 - Petronilla calend martii anno 1404 et indibus jannuarii anno 1407
8 - Martina Drouin seu le Drouine calend jannuarii anno 1409 et tertio indus septembris anno 1412
9 - Nicolaa calend augusti anno 1426
10 - Johanna 4 calend decembre anno 1435
11 - Martina 10 calend martii anno 1450 et 6 calend martii anno 1456 forte etiam anno 1454 quando pronontiatium est extinguendam esse abbatiam
12 - Alips
13 - Jacquelina
14 - Phil
15 - Isabellis de Booleto thyerrio (le Boullay Thierry) quator illx clientelam professae sunt ecclesiae carnatensi annis indenuntiatis exnecrologio ejusdem ecclesiae
16 - Coleta de Graveron miloni episcopo carnatensi obedientiam promisit 4 calend januarii anno 1460 nundum forte ut crudere est consummata erat partheno nis rescissio.

Sainte Gemme est qualifiée de villa dans un accord qui fut fait entre Jean comte de Dreux et Henry seigneur de Suilly, second mari d’Aenor de Saint Valery, mère de Jean au sujet des partages des biens de Robert III comte de Dreux, et dont une partie formait le douaire d’Aenor.

Il est stipulé dans cet acte que l’hébergement et la villa de Sainte Gemme, avec toutes ses dépendances …appartiendront à Henry de Suilly, à condition toutefois que le parc de Sainte Gemme ne pourra être aligné sans son consentement, que dans le cas où la vente en serait faite, il aurait la moitié du prix et qu’il pourrait y prendre le bois mort pour le brûler - année 1240 (A du Chesne histoire de la maison de Dreux aux preuves page 273).

Par lettres passées au mois d’avril 1250, Pierre de Dreux, troisième fils de Robert III comte de Dreux, confirma la rente de 16 setiers de bled-méteil que le chapitre de Poissy prenait sur la grange de Sainte Gemme.

En 1277, une contestation eut lieu entre l’abbaye de Sainte Gemme et les frères des lépreux de Beaulieu près Chartres au sujet d’un muid de blé à prendre annuellement sur leur maison et leur grange située à Boutaincourt (hameau de Chataincourt canton de Brezolles).

Isabelle, abbesse de Sainte Gemme transigea avec eux. Elle se désista de ses prétentions sur la grange de Boutaincourt et les frères en échange lui abandonnèrent un muid de blé sur le moulin de Maintenon. Cet accord fut passé devant l’official de Chartres, le siège épiscopal étant vacant.

En 1372, le chapitre de Chartres acquiert de messire Gilbert de Tillieres et dame Jeanne de Merville (on connaît le hameau de la Merville dépendant de la commune de Brezolles) sa femme, un moulin à eau assis à Osmeaux (hameau de Cherisy) à charge de 4 septiers de blé de rente envers l’abbesse et le couvent de Sainte Jame et tenu en fief du comte de Dreux. Cette acquisition fut amortie par le roi Charles V le 31 décembre 1383.

En 1421, nous avons raconté le siège de Dreux par Henri V roi d’Angleterre (annuaire de 1857 page 179). Il suffira de rappeler ici que ce prince établit son quartier général dans le village de Moronval où il reçut la soumission des habitants de Dreux et que la principale batterie pendant le siège était dressée sur une hauteur nommée la friche de Moronval d’où on découvre tout l’horizon. Au moment de l’invasion du pays par les troupes anglaises, les religieuses de Sainte Gemme abandonnèrent leur abbaye qui, pillée et saccagée par les soldats, ne se releva jamais de ses ruines.

En 1440, les revenus du couvent montaient à peine à 10 livres tournois et il n’y avait plus qu’une abbesse qui y résidait rarement. Les religieux de Coulombs près de Nogent le Roi, que les guerres avaient aussi ruinés, exposèrent au pape Eugène IV la triste situation des deux abbayes et demandèrent que celle de Sainte Gemme fut unie à la leur. Le Saint Père autorisa la réunion par une bulle donnée à Florence le 11 des calendes d’avril 1440. Il chargea l’abbé de Josaphat près Chartres de terminer cette affaire à condition toutefois que l’abbesse y consentirait et qu’il lui serait alloué une pension alimentaire. Cette bulle ne put recevoir son effet du vivant de Ferrand de Monstereuil, abbé de Coulombs qui l’avait obtenue. Ce fut Jean Lamirault son successeur en 1442 qui en poursuivit l’exécution.

Le commissaire nommé par le pape à cet effet dit, dans son procès verbal daté du 22 juillet 1444, qu’il s’est transporté à Coulombs et à Sainte Gemme, que les revenus des deux monastères ont été considérablement diminués par les guerres et que dans celui de Coulombs où était autrefois plus de 100 religieux on ne peut en nourrir que neuf ou dix, que les revenus de celui de Sainte Gemme, en y comprenant deux muids de grains que lui payait annuellement l’abbaye de Coulombs, ne montent pas au dessus de huit livres de petits tournois, qu’il n’y a plus qu’une seule religieuse qui est l’abbesse, que les bâtiments ont été détruits pendant les guerres, qu’elle vit comme une mendiante, qu’elle réside rarement dans son abbaye et qu’on y célèbre que trois ou quatre messes chaque année - faits exposés dans la demande des religieux de Coulombs.

L’abbesse donna son consentement à l’union au moyen d’une pension de 15 livres tournois que lui fit l’abbaye de Coulombs. Les 15 livres, dit l’auteur du manuscrit auquel nous empruntons ces détails, font quatre vingt dix livres de notre monnaye actuelle mais avec 15 livres, on pouvait acheter quinze setiers de blé, qui, à raison de 20 livres le setier, coûteraient aujourd’hui 300 livres. On ne pourrait avec 90 livres acheter actuellement que quatre setiers et demi de blé. Le setier de blé ne coûtait donc en 1444 que six livres de notre monnaie.

Cependant l’union n’était pas encore consommée seize ans plus tard car nous avons vu précédemment que dans cet espace de temps, il y a eu 5 abbesses dont le dernière Colette Graveron prêta serment de fidélité à Miles d’Illiers, évêque de Chartres le 28 décembre 1460.

Après le décès de cette dernière abbesse, Sainte Gemme devint un prieuré à la collation de l’abbé de Coulombs. Il subsistait encore en 1738 et valait alors 1000 livres de revenu.

Sous le règne de Louis XV, ce n’était plus qu’une petite chapelle qui a été détruite. Les bâtiments de l’ancien prieuré ont été convertis en ferme.

En 1686, lors des travaux des aqueducs de Maintenon fut établi de neuf aux dépens du Roy le petit pont de bois à Sainte Jame pour les chevaux seulement. Depuis il a été entretenu par les habitants. Ce pont est jeté sur la rivière Eure qui sépare

Sources : cahier de Joseph AUGER de Marsauceux le village en 2 parties


Saisie : Mireille ROUSSEAU

Dernière modification : 17 Novembre 2012

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