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Divers : Saint-Ouen-de-la-CourL'année 1738 à St Ouen de la CourJe suis entré à Pasques Curé de St Ouen de la Cour Cette année 1738 en son commencement jusqu’au mois d’août a été misérable par la famine causée par la disette de bled ; on a fait ouvrir les greniers. Le monde fut très charitable, et la plupart s’épuisaient à soulager les pauvres dans leurs besoins. Sa Majesté Louis XV a fait distribuer par deux fois différentes du riz aux pauvres dans toute l’étendue de son royaume. En cette même année j’ay planté la treille du jardin de St Ouen, en vigne et coudre franche et espaliers du jardin, avec de la plante … d’épines blanches pour en faire toute la clôture, n’y ayant que buis, ronces et haies mortes, avec trente pommiers que j’ay planté dans le champ Boisin et dans le Perier, et huit que j’ay fait anter. J’ay résisté au seigneur de la paroisse, pour lors nommé Monseigneur de Conches qui me persécutait pour me faire rendre aveu pour mon bénéfice Cure dont il n’a put venir à bout, étant curé et seigneur de St Ouen par un ancien acte remis au Sr curé. Le dit de Conches affirma la dixme du trésor dans laquelle il me disputoit le tiers ; ce que je lui contesté et me mis en possession de mon tiers et de toutes les monailles ? en foy de quoi j’ay signé, Bouley, Curé de St Ouen. L'année 1739 à St Ouen de la CourCette année le bled ne fut pas hors de prix excepté sur la fin où le bled renchéri, et valloit jusqu'à huit francs le boisseau. Le Roy Louis XV fit distribuer aux pauvres encore du riz et le monde fut très charitable envers les pauvres. En cette année je fis refaire les murs du Cimetière du coté du vergé où je les fis diminuer des deux bouts. Pour avoir les matériaux nécessaires les habitants n’en voulant pas amener, n’y pour or, n’y pour argent, au bout du dit cimetière, je fis faire la motte à fumier, l’ayant ôtée de la cour pour la plus grande propreté. Je fis faire les deux grilles du cimetière, raccommoder la croix du cimetière et le chapiteau avec presque la moitié de l’allée de l’Eglise que je fis paver en pierre de taille. Je fis planter trois douzaines d’arbres sur les temporels. Je fis faire l’étable aux vaches, la petite grange à mars où il y a deux portes, espérant en faire un sellier, et une écurie, et de l’écurie, une grange à mars ce que je n’ay pas exécuté, ayant changé d’avis. Je fis encore faire la soue ou toit à porcs, et un endroit dessus pour percher les poules le tout de mon argent. Bouley Curé de St Ouen de la Cour. L'année 1740 à St Ouen de la CourCette année le bled fut toujours chair par rapport au grand hiver qui en gelât une partie, et l’autre qu’on est beaucoup déprimés à voir à cause des orages ; il y eut peu de fruits qui causa les cidres très chers aussy bien que les vins. En cette année je fis faire les pressoir, la petite chambre au vin près de l’Eglise avec un grenier dessus, une laiterie et un grenier attenants ensembles au bout du presbytère, je fis paver la cour. Un nouveau seigneur ayant acheté la Seignerie de … et du Chesnes, et par conséquent de St Ouen, me fit saisir féodalement mon temporel, ma grange, pour me forcer de le reconnaître Seigneurs et luy rendre aveu, comme aîné et homme de foy du fief de St Ouen et du presbytère, ce que j’ay eu beaucoup de peine de faire. Mais m’ayant fait voir trois aveux consécutifs que mes prédécesseurs avaient eu la faiblesse de rendre, ce qui fit un titre contre moy, ou il fallut me rendre, ce qui m’a coûté cinquante livres. Ce qui me faisait plus de peine c’était de voir une chose aussy injuste, et aveux usurpés par force et violence de mes prédécesseurs par Mrs Dapremonts. J’ay eu aussy un procès contre Mrs François de Beauvais prêtre Curé de Mauves pour les séparations de nos paroisses, et pour les dixmes, lequel j’ay perdu malgré les titres qui sont ici ; mes prédécesseurs les ayants laissé prescrire, ce qui me coûta près de deux cent livres. Cette année mes habitants eurent l’honnêteté pour moy de mettre mon père à la taille qui demeuroit chez moi mais ils ont eu la peine de la payer. Bouley Curé de St Ouen de la Cour L'année 1741 à St Ouen de la CourCette année 1741 nous avons eu une chère année où le blé a valu neuf et dix livres mesure de Bellesme. En cette même année je fis faire l’escalier à monter dans le grenier, n’y en ayant point, et il falloit aller par l’écurie avec une échelle pour entrer dans le grenier, où je fis faire celui qui est maintenant avec la dalle pour mettre les sceaux d’eau. En cette même année j’ay fait faire la Table de Communion, n’y en ayant point dans nôtre Eglise, elle a coûté toute placée et ferrée cinquante livres. J’ay fait faire deux chandeliers de fer pour mettre deux gros cierges en souche dans la cour de l’Eglise. En cette année, malgré toute la vigilance d’un zélé pasteur, que j’ay toujours taché d’acquérir, en faisant mon devoir du mieux qu’il m’étoit possible traitant mes habitants comme mes vrais enfants, je n’ay pu vivre longtemps en paix avec eux, du moins avec quelqu’uns, qui ayant trouvé quelques chefs pour soutenir leur mauvaise volonté contre moy, trouvent un moyen injuste de me faire faire un procès pour les dixmes de vesse ……. Depuis peu mes dits habitants m’ont encore fait un procès pour le prix de la paille ne voulant la payer que six francs la grosse et la menue trois livres, appuyés sur un arrêt de la cour rendu depuis douze à quinze ans qui fixe le prix de la paille pendant les deux mois de décembre et janvier, mais hors ce temps là nous pouvons la vendre ce que nous jugeons à propos. Cette année j’ay fait planter sur le temporel trois douzaines d’arbres, et ay eu un soin particulier, de pourvoir aux besoins de mes successeurs curés que je prie de se souvenir de moy dans le St Sacrifice de la Ste Messe, et me donner part dans toutes leurs prières. Cette année Charles Albert Cajetan duc de Bavière en 1726 âgé maintenant de quarante cinq ans est couronné Roy de Bohême et des Romains élu empereur par la force des armes de nôtre très auguste et très catholique Louis XV roy de France et de Navarre en 1715 à trente deux ans maintenant ; il a passé de nos troupes pour soutenir le Duc de Bavière et le mettre sur le Trône de l’empire cent mil hommes sans ce qu’il en doit passer. L’Empereur Ottoman Le Turc a envoyé un ambassadeur au Roy de France cette année avec un des plus riches présent du monde, en foy de quoy j’ay signé, Bouley Curé de St Ouen de la Cour. En outre j’ay fait bâtir la petite grange à deux portes avec l’étable à vaches dans la cour du presbytère n’y ayant rien qu’un mauvais bas coté qui ne pouvait servir pour quoy je fis faire une petite grange à mars où il y a deux portes, ayant pour lors dessein de faire une écurie, un sellier à coté, et de l’écurie en faire une grange, ce que je n’exécuté pas, parce qu’il auroit fallut ruiner le pignon de la grande grange et celuy de la cuisine je me contenté de laisser l’écurie là où elle est et laisser la petite grange comme elle est, au bout de laquelle je fis faire l’étable à vache et un petit grenier dessus pour limiter l’incendie. Ensuite je fis faire le pressoir c'est-à-dire la charpente L'année 1742 à St Ouen de la CourCette année 1742, j’ay fait planter trois douzaines d’arbres sur le temporel, et en ay greffé et fait greffer environ trois douzaines. J’ay fait faire la cloison de ma chambre, les huisseries des portes et un beau buffet au milieu, qui est très commode pour y mettre ce qu’on a de besoin, la corniche de dessus la cloison, pour y mettre en parade, soit fruits, soit bouteilles, enfin ce qui peut servir d’agrément et de parade pour une chambre. En cette même année la contagion fut en la paroisse de Bellavilliers, moururent presque touts les principaux habitants et elle se rependit dans beaucoup d’endroits, et presque dans tout le royaume, ce qui était causé par exhalaison de la terre. En cette paroisse il n’en mourut pas beaucoup. Le bled cette année valloit avant la récolte quatre livres dix sols mesure de mauves. Les arbres avaient paru les plus beaux mais une sécheresse avec le froid et les chenilles firent périr presque touts les fruits de sorte que le cidre vaut jusqu'à soixante livres et d’avantage la pipe. Cette sécheresse cause une grande disette de fourrages et les bestiaux sont fort à plaindre. En cette année les prêtres on été très rares, de sorte que dans plusieurs paroisses on a été obligé de se servir des Cordeliers et de Capucins pour desservir ces paroisses, ce qui ne durera pas ayant espérance que Mgr nôtre évêque Louis François de Néel très digne prélat y pourvoira. L'année 1743 à St Ouen de la CourLa seigneurie de cette paroisse a été vendue à un gentilhomme de Moutiers nommé Mr de Boulié pour vingt quatre mil livres. C’est quatre mil livres au moins plus qu’elle ne vaut. C’est un fort honnête homme et dont on m’a dit tout le bien qu’on peut d’un St homme, et avec lequel un curé peut avoir tout l’agrément qu’il convient. En cette année la guerre a continué pour soutenir le Duc de Bavière empereur sur le trône, il nous en a coûté plus de deux cent mil hommes ayant presque toutes les couronnes de l’Europe contre nous, scavoir la Prusse, l’Angleterre, la hollande, la Sardaigne, la Xarime tous les Pays Bas, mais malgré cela nous avons détruit tous les pays de la Hongrie, de la Bohème, de la Savoye et avons obligés nos ennemis à se mettre en état de demander la paix c’est ce que nous Nous avons eu beaucoup de maladie en cette paroisse qui ont enlevé beaucoup de nos principaux habitants et qui ne duroient que six à sept jours tout au plus. En cette année 1743 nous avons eu une double milice de six garçons, deux miliciens, ce qui a fatigué beaucoup les campagnes ; les Mrs Curés du Perche doyenné de Bellesme, et autres du doyenné de Mortagne ont remporté victoire manifeste sur Mr Lallemand de Lusignan intendant d’Alençon et luy ont donné le démenti de ce qu’il avait projeté de son chef et contre les ordres de sa majesté ; … le fait Mr l’intendant de son autorité puînée avoit insulté le tout vénérable et sacré corps du Clergé en allant contre les immunités et privilèges du clergé, faisant tirer au sort les domestiques de messieurs les curés ce que nous n’avons pu souffrir. Le bled est à bon marché cette année et on ne voit plus de pauvres pour ainsy dire. Il ne vaut que trois livres dix sols mesure de Bellesme, le metail cinquante cinq sols, la mouture trente sols, l’orge vingt cinq sols et l’avoisne vingt huit sols ; le cidre 30 (livres ?) la pipe. Le procès que mes habitants m’avaient fait pour les vesses sur … est demeuré sans jugement ; j’ay continué ma possession comme j’avois fait avant que d’être troublé et pour la paille je leur vends à différents prix conformément à l’ordonnance. J’ay fait faire un réservoir à mettre du poisson dans les quains, et planté des aubiers sur le rebord qui font très bien. Il tient très bien l’eau et j’espère que le poisson y fera bien d’autant que les avalaisons et engrais du bourg sont dedans. La mort nous a enlevé beaucoup de curés dans ce canton ce qui n’a pas fait de peines aux vicaires. L'année 1744 à St Ouen de la CourEn l’année 1744, la guerre est devenue des plus sanglantes, et continue de se faire paroitre pour durer longtemps, toutes les couronnes de l’Europe, sans parler des autres, sont tellement déclarés et animées les unes contre les autres qu’il semble qu’il y en aura plusieurs qui pourront être détrônées avant que la paix se fasse. L’Empereur électeur (?) de Saxe n’est pas encore sur le trône, il est toujours retiré à Francfort jusqu'à nouvel ordre. L'année 1745 à St Ouen de la CourEn l’année mil sept cent quarante cinq, l’apparence des bleds et mars fut très belle quoiqu’on ay été obligé de faire des mars en place de bled, à cause des grandes eaux qui ont cause qu’il en est demeuré à faire en plusieurs endroits. Et la pluie actuellement au mois de juillet de cette année 1745 qui dure depuis presque deux mois a causé de grandes inondations causées par les fréquents orages qui ont gâté tous les foins dans cette province et qui fait beaucoup de perte sur les grains qu’on craint ne pouvoir moissonner avec succès, à moins que Dieu qui est tout puissant ne nous accorde, par sa miséricorde un temps favorable pour la moisson, c’est ce que nous luy demandons dans nos fréquentes prières ; et si le seigneur nous afflige ainsy, c’est qu’il est courroucé contre son peuple qui ne mérite que trop ses châtiments. Notre très bien aimé et invincible monarque Louis XV roy de France et de Navarre est parti au mois d’avril pour se rendre à son armée en Flandre pour y commander en personne, et Monseigneur le Dauphin qui a seize ans a épousé Dona Marie (Thérèse) infante d’Espagne. En cette année, J’ay fait faire un réservoir dans les guains au bout de l’autre pour y mettre du poisson qui y fait bien, avec une salle verte entre deux garnie de gazon, de buis, et d’aubiers pour y prendre le plaisir de l’ombrage au saut du poisson, tant comme dans une île au milieu de canals, ou on peut se délasser de l’esprit par la perspective des différents objets qui se présente à la vue de tous cotés. En cette même année j’ay fait faire un confessionnal placé auprès des fonts baptismaux, ayant donné l’autre au sieur vicaire et placé vis-à-vis l’un et l’autre, qui coûte environ cinquante livres ; j’ay eu une lampe devant le St Sacrement qui coûte vingt et une livre toute placée, le tout aux dépens du trésor. En cette année il y a eu une maladie contagieuse sur tous les animaux à cornes qui les faisoit mourir en trois jours, et en 24 heures cela s’est répandu dans plusieurs provinces du Royaume dans la Bourgogne, dans l’ile de France, dans la Beauce, dans le Perche, dans le Maine, dans la Normandie et dans le Poitou, de sorte que cela a ruiné quantité de fermiers, beaucoup de particuliers, tout cela joint aux impôts de la guerre, le dixieme, dont gratuit, taxe sur toutes les charges, les milices continuelles font le peuple très accablé de misères, chagrin, tribulations, et encore de soulagé de ce que la victoire c’est très souvent pour nous, et que nos troupes sont toujours dans les pays ennemis. Dans l’Alsace les troupes de la Reine de Hongrie ont fait des ravages jusqu'à piller les Eglises, violer les filles Religieuses, et ensuite les massacrer. Mais nôtre grand souverain Louis XV de Flandre se transporta en sa province d’Alsace avec un courage invincible et en poste avec sa maison pour joindre son armée qui étoit en Allemagne qui fit venir en Alsace. En peu de temps repoussa ses ennemis avec force et en fit périr une partie dans le Rhin, et l’autre mis en pièces, les peuples de cette province apprenant l’arrivée de leur Roy, malgré le pillage que les ennemis avoient sur eux qui étoient sous la conduite du prince Charles beau frère de la Reine de Hongrie, tous les grands et même les dames habillées en amazone furent tous au devant de sa majesté, et le recevoir avec grands applaudissements de joie et de consolation, le conduisirent à l’hôtel de ville avec toute la magnificence possible. Mais après cette grande joie, survint une grande tristesse. Sa majesté tomba dangereusement malade, de sorte que la Reine, Mgr le Dauphin avec toutes les dames de France vinrent visiter le roy malade à Metz. Sa majesté leurs fit de grandes remontrances et donna des marques de la piété la plus grande, reçu les sacrements de l’Eglise avec toute la grandeur d’un souverain très chrétien, et d’un prince très catholique comme fils aîné de l’Eglise. L'année 1746 à St Ouen de la CourLe 12 juillet 1746. La ville de Mons dans le pays Hénault qui restoit seule à la Reine de Hongrie, se rendit à l’obéissance de notre grand Roy Louis XV sous la conduite du grand prince de Conty avec la garnison qui … de guerre qui était forte de douze bataillons après avoir soutenu trente deux jours de siège. Le ? aoust 1746. Les villes de Saint Ghislain et de Charles-Roy se rendirent sous l’obéissance de nôtre monarque dans vingt jours de siège, avec la garnison prisonnière de guerre sous la conduite du grand Conty, et la marquise de la Fare. Le 4e 7bre 1746. La ville de Namur unique ressource qui resta à la Reine de Hongrie dans les Pays Bas entre la mer et la Meuse s’est rendue sous l’obéissance de nôtre Roy avec la garnison prisonnière de guerre au nombre de treize bataillons sous la conduite du Comte de Clermont et maréchal de Saxe. Le 14e 7bre 1746. Le maréchal de Saxe uniquement conduit par des … sages et utiles à l’état a finit la campagne par une bataille donnée cejourd’huy dont il a remporté une victoire complète pour rendre la France maîtresse de tout ce qui pouvoit encore appartenir dans les Pays Bas à la Reine de Hongrie, passa la Meuse et alla attaquer les ennemis dans leur camp par différents endroits, après un contrat où les françois ont donné des marques les plus distinguées de leur valeur et courage, a séparé l’armée des ennemis qui étoit commandée par le maréchal et prince Charles de Loraine et le duc de Comberlant fils du Roy d’Angleterre. Les ennemis ont été repoussés vigoureusement une partie au delà de la Meuse, l’autre sous les murs et canons de Maastricht ; le champ de bataille abandonné des ennemis avec perte de la plus grande partie de leur artillerie et plusieurs drapeaux et étendards. L'année 1747 à St Ouen de la CourAu mois de may 1747, on a fait des prières publiques pour demander à Dieu la prospérité des armes du Roy qui retournait en Flandre joindre son armée afin de continuer ses conquêtes, et engager et forcer ses ennemis de demander la paix si nécessaire à toute l’Europe. En cette année 1747, j’ay fait faire une chaire pour Annoncer la parole de Dieu en mon Eglise par l’ordre de Mgr l’Evêque de Sées Louis François de Christot. Elle coûte cinquante livres toute placée, faite par Ramond menuisier de Courcerault . SourcesRegistres paroissiaux, cote EDPT86-11 Source : Registres Paroissiaux Saisie : Nathalie CHANTELOUP Dernière modification : 7 Décembre 2010 |