Histoire des communes

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Présentation : Saint-Laurent-Nouan

 

Avant 1971, Saint-Laurent-des-Eaux et Nouan-sur-Loire formaient deux communes distinctes. Elles ont fusionné en 1971 pour former Saint-Laurent-Nouan.

L'origine des deux villages est très ancienne. On y a retrouvé des vestiges gaulois et gallo-romains. Sous le règne féodal, SAINT-LAURENT fait partie du domaine de BEAUGENCY, puis est rattaché au royaume de France par Philippe le Bel qui le visite en 1307 et 1313. D'autres visiteurs illustres s'arrêteront ou séjourneront à SAINT LAURENT : Jeanne d'Arc en 1429, Charles VIII en 1483, Louis XIV qui y rencontre Gaston d'Orléans en 1659, Alfred de Musset...

A NOUAN, le château de Bois Renard est habité dès le XIVème siècle par la famille Bodin de Bois Renard. C'est de cette famille que sera issu au XVIIe siècle le Capitaine du parc et du château de CHAMBORD.

SAINT-LAURENT DES EAUX et NOUAN-SUR-LOIRE étaient deux villages animés, car situés sur deux axes de communication importants : la route Paris-Bordeaux et la Loire. Ils auront très tôt une vocation touristique et commerciale, depuis le temps où les diligences faisaient étape dans l'une des nombreuses auberges. Leur déclin viendra avec la construction d'une route puis de la voie ferrée sur l'autre rive de la Loire. Les villages étaient également situés sur un chemin traditionnel de pèlerinage à Saint Jacques de Compostelle.

La construction, à partir de 1963, de quatre centrales nucléaires, va donner un nouvel essor à l'économie locale. La petite industrie et l'artisanat se développent, de nouveaux commerces se créent, la population est pratiquement doublée, la ville s'équipe d'ensembles sportifs, scolaires ou socioculturels (gymnases, groupe scolaire, collège, piscine, bibliothèque, école de musique, etc.)

Le Napoléon des Diligences est né à St Laurent des Eaux.

Jusqu'au 15ème siècle, les rois de France font appel à des cavaliers, les chevaucheurs, pour porter leurs dépêches dans le royaume. Les temps de transmission sont alors très longs car le même cavalier fait tout le trajet et il doit s'arrêter souvent pour se reposer et reposer sa monture. Louis XI désirant faire parvenir plus vite ses lettres à destination crée, par l'édit de Luxie, le 19 juin 1464, la Poste aux chevaux, et il fait établir sur des itinéraires précis des relais où les chevaucheurs trouveront des chevaux frais. A partir de 1575, les relais de Poste vont également servir de relais au transport des voyageurs et des marchandises. C'est le service des messageries. A la révolution, le transport du courrier reste un service public régi par l'administration des Postes et celui des messageries devient un service privé. Quelques 3000 entreprises de messageries se créèrent alors. Vincent Caillard deviendra le patron de la plus importante de ces entreprises et sera surnommé le "Napoléon des diligences".

Il est né le 20 juin 1758 à St Laurent des Eaux, dans une modeste famille de six enfants. Son père est facteur en 1748 (personne qui fait du négoce pour le compte d'une autre), fagoteur en 1755 et conducteur des ponts et chaussées en 1775. La famille quitte St Laurent des Eaux après la naissance de Vincent pour s'établir à Beaugency. A 17 ans, il perd son père et part à Orléans où il trouve du travail dans une entreprise de travaux publics. Il est manœuvre, puis piqueur, surveillant et enfin, conducteur des Ponts et Chaussées.

Il revient se fixer à Beaugency et le 10 janvier 1790, il est élu officier municipal.

Le 7 février 1790, il épouse Marie Madeleine Trotereau. Une légende voudrait qu'elle soit une fille naturelle de Louis XV. Mais si cette légende peut faire rêver, elle ne résiste pas à la réalité des actes de l'état civil qui prouvent que Marie Madeleine est fille d'un boucher de Mer. Ils formèrent semble t'il, un couple uni et vécurent heureux en famille. Une ombre au tableau cependant: ils perdirent six de leurs douze enfants.

Pendant la période révolutionnaire, le couple habite Beaugency. Vincent se montre partisan des idées nouvelles, mais avec modération, en rejetant les plus extrémistes. Il travaille toujours aux Ponts et Chaussées et conduit les travaux de réfection de la route Paris Bordeaux dans le Loiret.

C'est à cette époque qu'il s'intéresse à la Sologne. La région est alors insalubre et le sol marécageux en raison des déboisements menés depuis le 11ème siècle. La terre est bon marché et Vincent achète de vastes étendues sur lesquelles il plantera des pins maritimes. Choisis pour leur productivité, ces arbres assèchent aussi le sol. Napoléon III s'inspirera de l'œuvre de Vincent Caillard pour assainir et mettre en valeur la Sologne.

La fortune de Vincent Caillard grandit et il achète plusieurs propriétés à St Hilaire St Mesmin et à Lailly en Val, où il fera construire un château, sur celle des Bordes, à partir de 1800. Le romancier Eugène Sue, beau frère de Marc Caillard, un des fils de Vincent, y séjournera de 1843 à 1848 après la publication des Mystères de Paris. Il y écrira "Martin , l'enfant trouvé".

En 1815, Vincent Caillard s'associe à Pierre Lebrun qui dirige l'Hirondelle, une entreprise de voitures publiques. Il existe alors en France quelques 3000 entreprises concurrentes.

Vers 1820, il s'installe à Paris, à l'Hôtel de Juigné. A partir de 1826 il s'associe avec d'autres entreprises de voitures publiques sous l'enseigne des Messageries Générales de France.

L'année suivante, avec la famille Laffitte, il fonde les messageries Laffitte et Caillard. Les deux hommes ont donc racheté les parts des autres associés et ont fondé une entreprise qui rivalisera pendant le 19ème siècle avec les Messageries Royales. Elle put assurer la desserte de 30 routes et quelques 2 500 relais, établissant souvent les siens. Ses fils Marc et Edouard font partie du conseil d'administration. A noter qu'il n'y eut jamais de messageries Laffitte et Caillard à St Laurent des Eaux car, depuis 1773, la route Paris Bordeaux passe par la rive droite de la Loire.

Les affaires de Vincent sont prospères et les messageries Laffitte et Caillard deviennent la plus importante entreprise de voitures publiques. C'est un énorme travailleur qui est à son bureau 15 à 18H par jour.

Vincent Caillard meurt dans sa propriété des Chatelliers, à St Hilaire St Mesmin, le 6 novembre 1843. Ses fils prennent sa suite et participent à la création des compagnies de chemin de fer, Marc à celle du Nord et Edouard à celle d'Orléans.

Ainsi se terminait l'histoire de Vincent Caillard surnommé le "Napoléon des diligences" par les vaudevillistes et les journalistes de l'époque. Son action fut capitale dans l'essor économique du 19ème siècle, car en développant et facilitant le transport des hommes et des marchandises, il a accéléré le développement du commerce et de l'industrie.


Source : Site internet de la commune

Saisie : Philippe DESHAYES

Dernière modification : 8 Août 2023

 

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