Histoire des communes

Anecdotes : Saint-Laurent-des-Bois

 

25 JUILLET 1944

UN AVRO-LANCASTER ABATTU AU DESSUS DE SAINT-LAURENT-DES-BOIS

L'Avro Lancaster était un bombardier quadrimoteur de la Seconde Guerre mondiale, produit par la société Avro pour l'armée de l'air britannique.

Entré en service en 1942, il a été construit à plus de 7 000 exemplaires et fut, le principal bombardier avec le Handley Page Halifax de la Royal Air Force durant cette période.

Il se rendit célèbre pour ses bombardements de nuit.

Le LM 178 – Immatriculé BH – U / Luck of the Irish (traduction = Chance de L'Irlandais), a été livré au 300ème Squadron de la Royal Air Force (R.A.F.) le 28 Juin 1944. (BH = Code immatriculation du 300ème Squadron – la lettre U code spécifique de l'appareil)

Le 300ème Squadron a été formé le 1er Juillet 1940 et était composé, à l'origine, de Polonais qui avaient fuits la Pologne et la France. Il était équipé de Fairey Battle jusqu'en Juin 1944 qui ont été remplacés par les Lancaster.

Le Lancaster est un quadrimoteur de 31 m d'envergure, pesant plus de 31 tonnes, volant au maximum à 462 km/h à une altitude de 3.500 m. Le plafond pratique était de 7.500m avec une autonomie de 2.670 km

Il était équipé d'une tourelle avant, d'une tourelle dorsale et d'une tourelle arrière, toutes articulées hydrauliquement.

Il était armé de 8 à 10 mitrailleuses de 7,7 mm et pouvait emporter jusqu'à 9.980 kgs de bombes, mais la charge moyenne comprenant 15 bombes : une de 1.812 Kg appelée cookie et 14 de 226 Kg soit 4.976 Kg.

Son équipage était composé de 7 personnes : un pilote, un navigateur, un mécanicien naviguant, un opérateur radio, un bombardier servant aussi de mitrailleur avant et deux mitrailleurs (un arrière et l'autre dans la tourelle dorsale.

Ce Lancaster a participé aux opérations suivantes:
Caen le 7 juillet,
Courtrai 20 au 21 juillet 1944,
Kiel (port de la Mer Baltique) 23 au 24 juillet 1944.

Lors de la nuit du 24 et 25 juillet, cet avion était affecté à une mission sur Stuttgart. Il faisait partie d'un ensemble de 461 Lancaster et 153 Halifax dont la mission consistait à détruire la Ville de Stuttgart.

Il a pris son envol le 24 juillet à 21h37 (heure anglaise) de Faldinworth (250 km environ au nord-est de Londres).

La première partie du vol est normale.
La nuit est claire mais brumeuse et sans lune.

Vers 23 heures (heure locale) l’avion est touché par une salve d’obus provenant d'un chasseur de nuit allemand et un moteur est en feu.
Le mitrailleur arrière a vu qu'il s'agissait d'un avion bimoteur tirant des obus de 20mm (vraisemblablement un JUNKERS 88).

Il tire une longue rafale sur l'avion ennemi, mais bientôt sa tourelle est bloquée et inutilisable.
Il pense que le feu a pris dans la tourelle supérieure car elle a été tout de suite touchée.
La radio interne ne fonctionne plus.

Le pilote, William W. Robinson, donne l’ordre de se préparer à évacuer.
Il pense que les réservoirs sont touchés. Il a demandé au navigateur de faire varier le pas du moteur intérieur droit, mais ne sait pas s'il l'a fait.

Le mitrailleur arrière a pu se mettre à l'arrière du fuselage qui est en flamme.
La soute de bombe brulait également et craignant qu'elles n'explosent, il a ouvert l'issue de secours à coup de pieds.

L'avion commence à vibrer comme s'il était pris dans un tourbillon et soudain une explosion projette le pilote et le navigateur au milieu de la carlingue.
La tête du pilote a été frôlée par une bale et il a une entaille dans l'aine.

Le pilote, le navigateur et le mitrailleur arrière peuvent s'extraire et sautent en parachute à environ 7.000 mètres.
Le parachute du pilote bien que déchiré s'ouvre normalement mais il atterrit lourdement sur la jambe gauche lui déchirant les ligaments du genou.
Le parachute du navigateur est légèrement brulé mais il débarque indemne.
Le mitrailleur arrière a été frôlé par des balles et brulé au visage mais n'a subi aucun autre dommage.

Le navigateur s'est sauvé et les deux autres blessés ont été soignés avant la libération et tous les trois parviendront à échapper à la capture.

Vraisemblablement ils ont été tués à leur poste ou alors ils n'ont pas pu s'en extraire et sont morts dans le crash de leur avion.

Ils sont enterrés au Cimetière Principal d’Orléans.(voir photos).

Ce sont ces quatre noms qui sont inscrits sur la plaque déposée au pied du monument aux morts de St Laurent.

L'avion s'est écrasé juste au nord de la commune de Saint Laurent des Bois et à 5km au Nord-est de Marchenoir.

Lors de cette opération quatre appareils ont été abattus dans le secteur (60 à 70 km aux alentours d'Orléans) :
-deux au Nord-Ouest d'Orléans à 00 h 01 (allemande) soit 23 h 01 (française) et à 00 h 17 (23 h 17) (A cette époque déjà l'Angleterre et l'Allemagne avait une heure d'avance sur notre heure).
L'un était celui de Saint-Laurent-des-Bois.
-un au dessus d'Orléans à 00 h 12. (23 h 12).
Et un au Sud-est d'Orléans (Bouzy-la-Forêt – Loiret) à 00 h 12 (23 h 12)

L'équipage de ce lancaster était composé de militaires canadiens et de réservistes volontaires de la R.A.F. :

* F/O - Flying Officer (Lieutenant navigant) William.W. ROBINSON, Canadien (RCAF = ROYAL CANADIAN AIR FORCE) : Captain & Pilot (Pilote)
Blessé, il a été traité dans un hôpital à Paris où il est resté jusqu'à la libération.

* F/O - Flying Officer (Lieutenant navigant) : Clément Marmaduke appelé "Joe" par ses co-équipiers FORMAN, Canadien (RCAF = ROYAL CANADIAN AIR FORCE) 29 ans, né en Ontario, Navigator (Navigateur)

Atterrit dans un champ de blé, non loin de son mitrailleur arrière Sam DUNSEITH qui est grièvement brûlé au visage.
Les deux aviateurs se cachent dans un bois jusqu’au matin.

L’état de DUNSEITH devient alarmant et FORMAN le confie à une fermière, Francine LESERRE, avant de rejoindre sa cachette dans le bois.

Forman se déplace de jour dans la campagne, quémandant de l’aide. Bien que ceux auxquels il s’adresse ne le dénoncent pas et souvent le nourrissent, personne ne peut ou ne veut lui indiquer où il pourrait entrer en contact avec la Résistance.

Sa chance tourne lorsque Marie et Laurence SOLLIER acceptent de l’aider en demandant à une de leurs employées, Marie QUENIOUX, de le mener à la maison de Roger et Simone PÉAN.
Il demeure quelques semaines chez les PÉAN jusqu’à ce que Roger le conduise en camion à un rendez-vous avec des maquisards qui le guideront vers le camp de Fréteval.

Il est d’abord placé dans la partie du camp réservée aux évadés de la RAF, puis est transféré dans l’autre partie, destinée aux américains et aux hommes du Commonwealth.

FORMAN voit bientôt arriver son ami DUNSEITH en compagnie de soldats américains et ils sont tous deux rapatriés en Angleterre le 18 août 1944

*F/Sgt - Flying Sergeant (Sergent/Chef) Samuel DUNSEITH, Canadien (RCAF = ROYAL CANADIAN AIR FORCE) 23 ans, né à Ontario, Canada, rear gunner (mitrailleur arrière).
C'est sa 19ème mission.

Il atterrit dans un champ de blé, brûlé au visage dans l’avion et le dos blessé lors de son contact avec le sol, il est aidé par son navigateur, William FORMAN qui est tombé non loin de lui et qui parvient à l’amener à la ferme de Francine LESERRE toute proche.

Il y loge quelque temps et le pharmacien local y soigne ses brûlures.
Il est ensuite caché dans un camp de maquisards dans la Forêt de Marchenoir où il récupère lentement.
Là, c’est un vétérinaire du coin qui s’occupe des soins, mais, incapable de voir encore un mois après le crash, DUNSEITH ne peut participer aux actions de sabotage et de harcèlement des maquisards.
Délivré par des troupes américaines, il accompagne en camion un détachement qui le conduit au camp de Fréteval où il retrouve Forman et plusieurs autres aviateurs.

DUNSEITH rentre en Angleterre le 18 août 1944.

En avril 2009, Sam DUNSEITH habitait Port Lambton dans l’Ontario, Canada

* F/O - Flying Officer (Lieutenant navigant) James Irving DUGUID, Canadien (RCAF = ROYAL CANADIAN AIR FORCE) Air bomber (bombardier) 22 ans, 3ème mission,

Décédé, il était le fils de Joseph Irving DUGUID et Olive DUGUID, de Notre de Dame de Grace à Montréal, Province de Québec, Canada
– Inhumé au Cimetière d'Orléans 1 A 5.

*Sgt – Sergeant (Sergent) James RHEUBOTTOM, Canadien (RCAF = ROYAL CANADIAN AIR FORCE) : Mid upper Gunneur (mitrailleur tourelle supérieure du milieu), 19 ans, 18ème mission.

Décédé lors du crash, il était le fils de Alice NIXON, de Winnipeg, Manitoba, Canada – Inhumé au Cimetière d'Orléans 1 A 7

* Sgt – Sergeant (Sergent) Ernest Léonard MORTER, Anglais, Réserviste Volontaire (ROYAL AIR FORCE VOLUNTEER RESERVE) : Flight Engineer (ingénieur de vol mécanicien, 18ème mission.

Décédé lors du crash
- Inhumé au Cimetière d'Orléans 1 A 6.

* Sgt – Sergeant (Sergent) Leslie Trevor John PAGE, Anglais, Réserviste Volontaire (ROYAL AIR FORCE VOLUNTEER RESERVE) : wireless opératoir (radio), 28 ans, 18ème mission

Décédé lors du crash, il était le fils de John et Elizabeth PAGE, époux de Cécilia PAGE, de Herne Hill quartier de Londres
- Inhumé au Cimetière d'Orléans 1 A 8.

SOURCES :
* France-crashes 39-45 - http://francecrashes39-45.net/
* Les crash d'avions dans le Loir-et-Cher pendant la seconde guerre mondiale - http://nicocaro41.perso.sfr.fr/IndexAero.html
* Compte-rendu de perte dressé par la R.A.F.
* Photos tombes des aviateurs = Jean-Luc MAILLET


Saisie : Michel BOUZY

Dernière modification : 26 Mai 2012

 

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