Bataille de Fréteval (1870)
Faits antérieurs à la bataille de Fréteval
Juillet
14/07/1870 : Publication de la dépêche d'Ems (notification officielle et provocante de la Prusse envers la France)
19/07/1870 : La guerre est déclarée.
Août
02/08 et 03/08/1870 : Wissembourg
06/08/1870 : Froeschwiller, Reichshoffen, Forbach
12/08 et 18/08/1870 : Borny, Gravelotte, Saint-Privat, Rezonville.
Septembre
01/09 et 02/09/1870 : Sedan, Capitulation de Mac-Mahon, Napoléon III prisonnier.
04/09/1870 : Gouvernement provisoire de Défense Nationale sous la présidence du Général Trochu.
15/09/1870 : Entrevue Jules Favre - Bismark à Ferrière.
19/09/1870 : Paris investi.
20/09/1870 : Les troupes piemontaises entrent dans Rome.
Octobre
07/10/1870 : Gambetta quitte Paris en ballon "le Georges Sand".
09/10/1870 : Gambetta arrive à Tours - "Délégation de Tours".
10/10/1870 : Les Allemands à Arthenay menacent Orléans.
18/10/1870 : Les Allemands (Général Von Wittich) à Châteaudun.
25/10/1870 : Conférence de Salbris : Conseil de guerre pour arrêter le plan des futures opérations de l'armée de la Loire (Général d'Aurelle de Paladines).
27/10/1870 : Chute de Metz (Bazaine). Les troupes du Prince Frédéric Charles sont disponibles pour les combats d'Orléans.
30/10/1870 : Gambette annonce officiellement la reddition de Metz. Vive déception mais relance du patriotisme.
Novembre
02/11/1870 : Le Général Chanzy remplace le Général Poncet à la tête du 16e corps.
07/11/1870 : Première victoire de Chanzy sur Von Der Tann à Vallière (Forêt de Marchenoir).
09/11/1870 : Victoire de Coulmiers (sur la N826 vers Orléans). La ville d'Orléans reprise De Freycinet pense poursuivre rapidement sur Paris.
09/11/1870 : Le Général d'Aurelle de Paladines doute du succès et impose son point de vue. Encore une occasion perdue ?
19/11/1870 : Coup de main éloquent du Capitaine Chabrillat à Santilly (entre Toury et Arthenay).
20/11/1870 : Jaurès (oncle du politicien) prend le commandement du 21e Corps enfin constitué qui subit le même jour une dure attaque à Bretoncelles. Repli vers Le Mans.
22 au 24/11/1870 : Les Allemands poussent une pointe dans la Sarthe.
27/11/1870 : Von Der Tann de nouveau à Châteaudun.
29/11/1870 : Combats de Varize-Civry près de Châteaudun, route de Toury. Le 21e Corps quitte Le Mans pour rejoindre l'Armée de la Loire.
30/11/1870 : Tentative de sortie des Parisiens vers le sud.
Ligne de combat française : Marchenoir (17e), Patay (16e), Arthenay Chilleur (15e), Chambon Nivelle (20e), soit environ 180 000 hommes.
Ligne de combat allemande : Orgères (Von Der Tann), Toury (Von Wittich), Pithiviers (Prince Frédéric Charles), soit environ 110 000 hommes.
Décembre
01/12/1870 : Chanzy victorieux à Villepion (château au Sud d'Orgères sur la D 29)
01/12 au 04/12/1870 : Nouvelle bataille d'Orléans. Nouveaux combats à Varize. Echec des Parisiens.
05/12/1870 : Le 21e corps garde la forêt de Marchenoir.
06/12/1870 : Général Chanzy à la tête de la 2e armée de la Loire. Général d'Aurelle de Paladines déplacé. Bourbaki commandera.
06/12 au 10/12/1870 : Bataille de Beaugency. Ligne Marchenoir - Jones - Beaugency
10/12/1870 : Gambetta et Chanzy à Josnes, Bourbaki n'étant pas intervenu au sud de la Loire.
Confiance de Gambetta envers Chanzy "ne pensez qu'à vous même et nullement au siège du Gourvernement (parti de Tours) et tenez selon votre habitude, c'est-à-dire ferme".
Premier éléments de reconnaissance allemands à Blois.
Composition du 21e corps lors de sa formation
Première quinzaine de novembre, lettre d'avis de M. de Freycinet au capitaine de vaisseau Jaurès - "avec le titre de Général de brigage de l'armée auxiliaire", constituer le 21e corps. Le colonel Rousseau est son Chef d'Etat Major. Le Général a tous les pouvoirs pour réquisitionner dans les départements Manche, Calvados, Orne, Sarthe, Mayenne, Eure-et-Loir, Eure. Patronnage de Commandant régional, le Général Fiereck.
- 4 divisions d'infanteries : dans l'ordre, Général Rousseau, Général Colin, Général de Villeneuve et Capitaine de Frégate Gougeard (corps de Bretagne venu du camp de Conlie).
- 1 division de cavalerie : Général Guillon
- 6 bataillons de fusiliers-marins, mobiles et zouaves pontificaux, Capitaine de Frégate Zedé
Soit :
12 000 hommes mal équipés.
98 canons essentiellement des pièces de 12, très peu de 4, servies chacune par un marin canonier.
23 mitrailleuses
Nous ignorons les pertes dues au combat de Beaugency.
Le 21e corps aura l'honneur de tirer le premier coup de canon et de terminer la campagne de l'armée de la Loire par un succès à Sillé-le-Guillaume.
Situation mardi 13 décembre dans la soirée.
La 2e armée de la Loire s'étire de Cloyes à Saint-Amand-Longpré.
21e corps de Cloyes à Pezou :
- 4e division (Gougeard) garde les ponts de Cloyes à Fréteval et surveille le Droué au nord de la Forêt de Fréteval.
Chanzy se méfie de la fausse dépêche reçue du sous-préfet du Havre (9 ou 10 décembre)
- 1ere division (Rousseau) environs de Saint-Hilaire)
- 2e division (Colin) Mont Henry
- 3e division (Guillon) Le Plessis - Fréteval (du Temple installe son quartier à la Montbalière).
17e Corps de Pezou à Vendôme :
- 1ere division tuilerie à Poirier sont 2 bataillons et une batterie à Bel Essort. Haut Fontenay et la ferme de la Touche de Haie de Champ à Pezou - Cavalerie à la Ville aux Clercs.
16e Corps (ce qu'il en reste)
- Division Deplanque (Jaureguiberry) Est de Vendôme de Malignas au confluent de la Houzée avec le Loir.
- Colonne Camô Sud de Vendôme de Malignas au Loir par Sainte-Anne et ravin de Chanteloup.
- Fractions ralliées au 16e corps par le Général Berry entre Saint-Amand et Montoire.
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Hiver exceptionnellement froid. Dégel commencé depuis le 10. Le 13, vent et pluie glacée. Les Chemins défoncés, terre glaiseuse de Beauce impraticable. Les canons ne peuvent emprunter que les routes. 3 heures et demie pour aller de Morée à la ferme Pallouël par le plateau. Les obus tirés le 14 s'enfoncent dans la terre sans exploser.
Armée épuisée par la retraite. Manque d'équipement et de vivres. Matériel de gerre de fortune (consulter à ce sujet documents du service historique de la Marine, 3 rue Octave Grérard, Paris 7e).
Armée allemande par mieux lotie : mais, le 12 décembre, télégramme du Général Moltke à Prince Frédéric Charles : simple surveillance au sud de la Loire (1ere armée Bourbaki), détruire à tout prix la 2e armée (Chanzy est déjà un héros). Ce n'est que le 13 au soir que Von Treskov devine les intentions de Chanzy. Il ignore l'épuisement des nôtres et réciproquement.
Le 14 décembre, la 17e division d'infanterie allemande arrive à Morée, Fréteval et Pezou, via Vievy d'une part, Oucques, Fréteval et Lignière d'autre part.
Chanzy espère encore une diversion de Bourbaki au départ de Vierzon, et compte atteindre Paris via Châteaudun et Chartres.
Retraite prévue vers Le Mans et la Bretagne. Malgré la preuve de la faiblesse allemande au Sud de la Loire, pas de poussée de Bourbaki vers Orléans : d'où l'échec de Beaugency et de la bataille du Loir. En fait, le Loir n'est qu'une étape pour une véritable ligne de défense le long de la Sarthe.
La Bataille de Fréteval
Mercredi 14 décembre
4 h 30
- Selon plan du Grand Duc de Mecklembourg, la 17e division allemande attaque par les routes de Morée et Oucques.
- Général Guillon rappelle de 6e Bataillon de fusiliers-Marins placé au château.
- Général Rousseau traverse le Loir à Saint-Hilaire et attaque vers Morée oar les hauteurs (ravin entre la Blinière et la Ruelle), puis par la vallée. Positions gardées jusqu'à la nuit.
- Renforts à Fréteval des mobiles de la Loire Inférieure et du 3e Bataillon de fusiliers-marins.
- Retraite sans destruction du pont (en bois).
12 h
- Premiers allemands dans Fréteval.
14 h
- 3 bataillons allemands dans le bourg. Fortification du cimetière. Attaque de la gare. 3 heures de combat, puis retraite des allemands sur la rive gauche.
19 h
- Décision de Jaurès reprendre Fréteval - Mission confiée au Capitaine de vaisseau du Temple soutenu à sa droite par le Capitaine de Frégate Collet
19 h 30
- Mr Ausseray arrive à Fréteval
20 h
- Collet (+) arrive de Fontaine avec 4 Compagnies du 4e Bataillon de fusiliers-marins. Le Lieutenant de Vaisseau Lot (blessé) commande le Bataillon avec l'Adjudant Major Denans.
- 1ere compagnie : Maurice de Boysson (+) enseigne de vaisseau et Bernay aspirant.
- 2e compagnie : Borel de Bretize lieutenant de vaisseau - Lagouf enseigne de vaisseau, Chenier (blessé) aspirant.
- 3e compagnie : Magouet (blessé puis +) lieutenant de vaisseau
- 4e compagnie : de Barbeyrac lieutenant de vaisseau.
- Coup de main prématuré et téméraire. Fusillade puis corps à corps maison par maison.
21 h
- Retraite sur positions
- Pillage et sévices allemands jusqu'à 2 ou 3 heures du matin.
- Barricade entre les maisons Ausseray et Randineau.
Jeudi 15 décembre
Très tôt
- Du Temple occupe Fréteval avec 3 Bataillons.
- Protégée par des fusiliers-marins, une section du génie empile des fagots sous le pont et y met le feu. Le pont brûle dans la matinée.
Dans la matinée
- Attaque allemande sur Pezou (Division Jouffroy) et environs de Pezou (Jauréguiberry)
Vendredi 16 décembre
- Dans la nuit du 15 au 16 : Chanzy décide de reprendre la lutte. Les officiers s'y opposent. Décision de repli vers Le Mans.
- Dans la matinée, 2e engagement de Rousseau à Morée pour couvrir la retraite.
- Destructions des ponts de Pezou et Meslay
- Les Allemands occupent Fréteval
Dès le 16, selon M. Bozerian (allocution prononcée le 27 septembre 1891, lors de l'inauguration du monument), les troupes allemandes rançonnent la population civile. 25 000 francs or sont exigés.
Le Maire, M. Bruère refuse. Il est fait prisonnier avec 3 conseillers municipaux MM. Chaillon et Breton. 2 000 francs sont apportés par un concitoyen qui avait caché cette somme. Sur promesse d'en verser 2 000 autres, les prisonniers sont relâchés.
Fréteval cessera d'être occupé en mars 1871.
Bilan
Pertes allemandes à Fréteval : 30 officiers, 461 hommes et 98 chevaux tués ou blessés, dont 5 officiers et 136 soldats tués le 14.
Pertes françaises à Fréteval, toutes le 14 : 3 officiers et 40 hommes tués. Une centaine de blessés, dont le lieutenant de vaisseau Magouet qui succombera de sa blessure. Peu de prisonniers, dont le Dr Crevaux qui s'évadera.
Victimes civiles de la soirée du 14 :
- M. Ribot, tué en sortant de chez lui, puis habillé en pompier et abandonné ainsi devant sa porte.
- M. Rigollet, tué pour paroles imprudentes.
- Mme Vve Perrochon, condamnée avec M. Davezé à porter de l'eau avec une casserole. Les allemands exigèrent qu'elle tint une chandelle servant de cible. Elle fut tuée.
Toutes les maisons furent pillées, en particulier celle de M. Thouzay-Halle.
Auteur de l'article : Jean Claude PASQUIER
Saisie : Ginette PASQUIER
Dernière modification : 18 Août 2011