Histoire des communes

Anecdotes : Dancé

Notes du Curé Pierre-François Guerrier.

1769

En cette année le blé a valu jusqu’à neuf livres le minot et l’orge cinq.
Au commencement de cette année une femme fut à Nogent assassinée l’avant-veille de St-Hilaire par deux misérables. Un fut pris, son jugement fait. La veille de partir pour Paris il se pendit. Le jugement en a resté là ( ?). L’autre âgé de 17 ans s’est enfui, on n’en a jamais entendu parler. Aussi est-il passé en proverbe que de se battre on était puni, que de tuer et massacrer on ne disait rien, cela est prouvé : car un homme assassina sa femme. Après le coup fait, il se cacha. Où ? Dans une pipe qui servait d’étable pour un bélier ( ?) contre lui.
Telle est la justice de Nogent.

1770

Il n’y a rien eu de particulier cette année. Nogent qui est le théâtre de toutes sortes de crimes n’a rien donné de nouveau.
La misère a continué, le blé et les autres grains ont été très chers. Le blé valait au mois de juillet 19 livres, l’orge 8 livres. Quoiqu’il y ait eu beaucoup de fruits, le cidre a été fort cher. Le vin ayant encore manqué le pays chartrain a beaucoup tiré, on est venu de dix-huit lieues en chercher.

Registres paroissiaux, cote 3NUMECRP144/EDPT93-22-1, vues 47 et 59.

1775-1776

Dans cette année le blé a été jusqu’à dix livres le minot, l’orge à 7 livres. Le blé a beaucoup rendu. Il y a eu une grande abondance de fruits mais il y en a eu beaucoup de perdus par la gelée. Il y a eu beaucoup de neige. La gelée a été très violente c’est ce qui a perdu les fruits. Plusieurs pipes ont jeté les fonds (?). Ce mauvais temps a commencé par ( ?) le jour avant Noël. La veille il a tonné et fait un grand orage. Le dix de février 1776, l’orage a été beaucoup plus grand, le tonnerre est tombé à Ste Gauburge, à Igé et Contigni (Contilly ?). Le 16 même mois il a encore tonné. De mémoire d’homme les eaux n’ont jamais été si grandes.
Dans cette année j’ai fait blanchir et paver l’église et fait un banc d’œuvre.
Il y a eu une maladie qu’on nommait la Grippe, il est mort beaucoup de personnes à Nogent. Le remède à cette maladie était le miel avec du vinaigre.

1778

Rien de nouveau.
Le blé a valu toujours environ cinq livres le minot. On a bien eu de la peine à les faire. Il en est resté après Noël même dans la Beauce.
Ce qu’il y a de plus extraordinaire et d’unique, c’est que le quatrième de février, on est venu de Bellême descendre les cloches de St Jean de la Forêt et les transporter à Bellême pour les vendre. Elles y ont été. Les braies pendant plus de huit jours ont servi de cloches pour sonner l’office. Mr le curé honteux de se voir moqué a payé les fondeurs. Les cloches sont revenues, ça lui a couté au moins six cents livres.

Registres paroissiaux, cote 3NUMECRP144/EDPT93-22-2, vues 15, 55 et 56.

1782

La récolte cette année n’a pas été si abondante que la précédente. Les premiers blés ont été mouillés, il y en a de germés sur pied. Il y a eu assez de fruits par contre. Il y a eu beaucoup de vin mais il n’a pas muri.
Il y a eu à Bellême trois hommes de rompus pour avoir assassiné leur voisin avec qui ils avaient veillés la veille.
Monsieur Roger auteur du répertoire m’a quitté pour entrer dans le diocèse de Chartres, nous avons vécu ensemble quatre ans, nous nous sommes quittés avec des regrets mutuels.
J’ai achevé cette année l’autel, j’ai fini par le chambranle.
Le blé pendant l’aout a valu 6 livres communément, l’orge 3 livres 3 et 4 V (?)
Il y a eu 27 baptêmes, trois mariages et 25 sépultures.

1783-1784

Cette année le blé a été mouillé, il y en a eu de perdu, les bestiaux n’en voulaient point. Le meilleur blé a valu 5 livres le minot, l’orge a valu trois livres. Il y a eu abondance de fruits.
Il est mort bien des personnes cette année. A la vérité, il y a eu beaucoup de gens d’âges.
Il n’y a rien eu d’extraordinaire.
Dans le mois de décembre, il y a eu une branche de gelée (?).
J’ai été à Chartres passer presque deux mois. Pendant mon séjour à Chartres, la paix a été publiée. Mrs de la ville, au lieu de faire des dépenses en artifices, ont donné à Mrs les curés de la ville 1200 livres pour distribuer aux pauvres.
Il y a eu cette année à la fin de décembre beaucoup de neige, les eaux ont été très grandes.
Il est mort à la Chesnaie, on a été obligé de l’enterrer à la Brière. (Il s’agit certainement de Mathurin Charron. En effet, on trouve vue 32, 1ère page du registre de 1784 : Nota que le nommé Mathurin Charron domestique à la Chesnaye a été inhumé dans la paroisse de la Brière à cause des grandes eaux, le trois janvier 1784).
Monsieur et Madame de Brustel ont été à Paris au mois de novembre pour y consulter la maladie de M(adame). De la paroisse fera une grande perte, elle est très bonne aux pauvres. Je ne dirai de leur union, tout le monde la connait.
J’ai parlé plus haut des neiges. Je n’ai pas dit assez. Elles ont été sur terre et il en est tombé pendant deux mois. Il y a eu des endroits où il y en a eu vingt-huit pieds d’hauteur. Selon une chronique, il y avait 97 ans qu’on en avait vu autant. On assure qu’à Longny le bourg était tellement rempli d’eau qu’un prêtre monta à cheval pour aller retirer le St Sacrement de l’église. Plusieurs maisons d’une petite rue qui est sur la rivière furent renversées par le torrent. Une seule formant un petit hôtel-Dieu cette rue résista parce qu’elle était bâtie en grisons. A Chartres, on a transporté la neige hors la ville. Le dégel a commencé le vingt et un de février. Il a été très doux et n’a pas causé les dommages qu’on craignait. Quoique les eaux aient été très grandes, le dégel a été sans eau.
Les pauvres de cette paroisse ont été assistés par Mr de Brustel Seigneur de cette paroisse et dans tous les environs on a fait beaucoup de charité, les pauvres ne pouvaient sortir.

Registres paroissiaux, cote 3NUMECRP144/EDPT93-23, vues 14, 28 et 29.

Notes du Vicaire Roger

Pendant que j’ai demeuré à Dancé, mes appointements ont consisté dans les rétributions de mes messes, dans l’étole blanche de l’église et dans quatre-vingt livres par an que la paroisse devait me donner, et dont j’ai toujours eu de la peine à être payé, notamment dans ma dernière année 1782, où il s’en est manqué 6 à 7 livres que je n’aye été rempli.

J’ai fini d’être vicaire à Dancé à la fin de décembre 1782. Je suis allé de là Vicaire au Mage, diocèse de Chartres par un ?? de Mr d’Argentré Evêque de Sées. Je me suis réuni à un ancien vicaire de Dancé nommé Mr Le François neveu de Mr Pelletier curé du dit Dancé, qui a été curé du Mage par résignation. J’étais néanmoins très attaché à Mr Guerrier curé du dit Dancé, mais la crainte de le perdre d’une façon ou de l’autre me la fait quitter.

Registres paroissiaux, cote 3NUMECRP144/EDPT93-22-2, vues 42 et 57.


Source : Registres Paroissiaux

Saisie : Nathalie CHANTELOUP

Dernière modification : 18 Avril 2013

 

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