Histoire des communes

Anecdotes : Bizou

Costume des hommes et des femmes de ce siècle (1785).

Voulez vous voir une femme parée : voicy Zélis. On disait qu’elle a appris à faire toilette avec les femmes du foirail de Constantinople. Une draperie à la turque de pékin bleu flotte autour de sa ceinture, et traine élégamment sur le parquet : un jupon de taffetas blanc, un corsage de la même couleur et de la même étoffe accompagnent la robe déjà connue l’année dernière. Un crêpe blanc, plissé en rosette, garnit la lévite ( ?) ; un bouquet de roses artificielles rehausse chaque rosette. Les manchettes sont de gaze blanche découpée. Un large fichu de gaze couvre la gorge de Zélis ; mais ce fichu s’élève en bouffante depuis le sein jusque au menton. Ses gans sont couleur paille, brodés en rouge ou en violet. Ses cheveux flottent sur ses deux épaules : deux grosses boucles tombent de chaque côté sur sa poitrine. Un chapeau bonnet, embelli d’un ruban à l’arc-en-ciel, couronne sa teste. Ce chapeau est décoré d’une guirlande de roses artificielles. Un nœud de rubans de la même couleur pare la gorge et relient l’ample fichu. Zulmé porte le juste de taffetas gris, le corset rose et le fichu de gaze de linon blanc. Ses cheveux flottent à la conseillère. Un pouf de gaze blanche, des rubans rose rayés, un voile à la caravanne, une violette, des roses, des plumes, des bouts de plume de paons ; tout cela chiffonné avec art fait ressortir tout le piquant de la physionomie. La couleur de lérin est également très en vogue, ainsi que le taffetas gris d’olive. Il est à remarquer que les femmes, depuis 16 jusqu’à 70 ans, ont cette même coquetterie. On porte encore beaucoup des robes à l’enfant, mousseline de gaze ou de linon blanc. Les hommes ont des culottes qui leur serrent singulièrement les cuisses. Elles sont de drap de soie noir. Le taffetas fond citron, à rayes vertes et mouches lilas, composent l’habit et la veste de parure, qu’accompagnent les bas de soie et les manchettes de dentelles. Les boutons sont émaillés et mouchetés d’une couleur assortie au fond de l’habit, et ils sont entourés de pierres fausses blanches. Les boucles qui attachent les jarretières de la culotte sont un petit jonc d’argent en quarré long. Soulier. Pour se donner plus de maintien, s à talons rouges. On porte sous le bras un chapeau à plumet blanc, on passe la main gauche dans la veste, et la main droite dans la poche de l’habit. Daunis veut monter à cheval ; une culotte de peau de daim, des bottes à l’anglaise d’un noir très luisant depuis le fontier jusqu’au mollet, et depuis la jusqu’au genou d’un jaune foncé. Un gilet à raies d’or et à larges raies vertes est sous un habit verd dragon doublé de même couleur les revers, les poches et les manches à la marinière : deux monstres, un chapeau rond à l’anglaise ; voilà le costume Daunis. On laisse flotter les crins du cheval, qui porte aujourd’hui la queue longue, et qui donne une grâce infinie, par son encolure, au cavalier qui le monte. C’est en cet état que Daunis court chez son sellier, son notaire ou ses maitresses …...

Nos paysans n’ont pas encore changé de costume, mais les campagnardes donnent un certain ton à leur coiffe, qui leur relève beaucoup la tête. Cela s’appelle une gognette. Un fond de gaze large de 10 pouces et élevé de 12 à 15 garnit le derrière et la coiffure, qui ne couvre que le quart des joues. Ainsi va le monde.
Notes du curé Renoult - Registres paroissiaux, cote 3NUMECRP46/EDPT253-8, images 84 et 85.

Innondation en 1787

Le cinq décembre 1787. L’eau, qui tomba le jour, devint subitement si grande pendant la nuit du 5 au 6, que les habitants de la rue de l’église et de la montée à Longny pensèrent être engloutis dans cet espèce de déluge. Heureusement personne n’a péri, l’eau crut au point de toucher à la 2nde marche du maître autel de l’église de Longny. La chaussée des fossés du château fut ??? et le mur du jardin du château fut emporté par la vidange des eaux. Au pied de la tour, l’eau fit un trou de plus de 8 pieds de profondeur, ainsi que dans plusieurs endroits de ces places. Toutes les maisons furent remplies d’eau dans ??? du ???. Les ponts furent tous emportés et plusieurs effets de particuliers. Cette inondation a fait beaucoup de dégâts. On a estimé les pertes pour Longny à plus de 15000 livres. En 1687, le 6 may, il arriva pareille inondation à Longny.

Notes du curé Renoult - Registres paroissiaux, cote 3NUMECRP46/EDPT253-8, vue 98.


Source : Archives Départementales Orne

Saisie : Nathalie CHANTELOUP

Dernière modification : 14 Avril 2013

 

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