Histoire des communes

Divers : Varize

 

Guerre de 1870 - les combats de Varize et de Civry

10 octobre

Une quarantaine de Uhlans traversent le village de Varize. Les gardes nationaux de cette commune, aidés par ceux de Civry, se cachent afin de prendre les prussiens lorsqu'ils reviendront. Ils les attaquent et tuent un soldat prussien, puis le combat continue jusqu'au hameau de Ponteau (Pontault commune de Nottonville) où un officier allemand est tué.

Varize a peur et demande à Châteaudun l'aide d'une compagnie de Francs-tireurs de Paris, stationnée à Châteaudun. Après avoir fait quelques travaux de défense, ils rentrent à Châteaudun. Seuls quelques gardes nationaux de Varize et Civry restent pour défendre ce village et tiennent tête aux prussiens

Le 14 octobre

Deux cents cavaliers prussiens sont signalés en direction de Varize, aussitôt une centaine de gardes nationaux se portent aux barricades et attaquent l'ennemi faisant plusieurs blessés.

Le 15 octobre

Cette journée restera une date fatidique dans l'histoire de ces deux villages.

C'est en profitant du brouillard et avec surprise, que les Prussiens revinrent, bien décidés à en finir avec les habitants de Varize, après deux actes de guerre qui les avaient mis en déroute.

A 11 heures, 500 cavaliers prussiens et une centaine de fantassins arrivent sur Varize. A ce moment il n'y a qu'une soixantaine de gardes-nationaux et en guise de canons qu'une boite de roue chargée de poudre et de mitraille qui explose au moment du départ.

Les Uhlans envoient une cinquantaine d'obus sur le village qui allument des incendies, les défenseurs et les habitants se réfugient dans les marécages de la Conie. Les prussiens de ce fait pénètrent dans le village pillent et brûlent les maisons.

Varize est entièrement brûlé seuls restent la maison du notaire et l'église soit : 74 maisons détruites, quant aux habitants de Civry, ils constatent que 53 maisons de leur village qui n'avaient pas brûlé le 11 juillet 1870 (1), étaient maintenant en flammes. Les habitants qui n'avaient pas fui furent massacrés. Un nommé Gouin, facteur rural qui n'avait pas participé à la défense du village a péri sous la lance d'un Uhlan.

A Civry, le nommé Prévot, 70 ans, est transpercé d'une balle sur le seuil de sa demeure, deux vieillards sont tués à coups de pistolet. La femme Bougrain, mère de sept enfants, se traîne au pied des soldats afin de sauver la vie de son mari. Ils tuent également une femme portant un enfant de 10 mois dans les bras, et blessent le bébé touché par la même balle.

Les dépouilles de Belhomme, Modeste Alexandre Homasson, 53 ans, et son fils Jean Baptiste, 20 ans, ainsi qu'un homme non identifié sont découverts dans un petit bois, aucun d'eux ne portaient d'armes. Un jeune clerc de notaire nommé Barrier, reçoit 22 coups de lance dont aucun par miracle n'est mortel.

(1) Incendie accidentel


Le 29 novembre

Les troupes du général Von Derthann se heurtent à celle du colonel Lipowski et à ses 110 francs-tireurs girondins renforcés de quelques francs-tireurs de Paris. Les Girondins font retraite dans le parc du Château en ruine. Après 3 heures et demi de combat, la compagnie décimée se rend à l'ennemi. Il y a 10 morts et 11 blessés du côté français et une quarantaine de soldats prussiens tués.

Les Bavarois prennent en otages une dizaine de prisonniers qu'ils tuent, entassent les cadavres, les couvrent de fagots et les brûlent. L'ambulance irlandaise a recueilli plusieurs blessés du combat de Varize, un témoin affirme avoir vu 5 ou 6 cadavres d'éclaireurs girondins mis à nu par les bavarois, et même 2 soldats à qui on avait brûlé les pieds.

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Rapport du Maire de Varize

« Les Prussiens ont envahi la commune de Varize le 10 octobre 1870, jour du premier combat qui nous a livré plusieurs prisonniers et des chevaux.
« Ils sont revenus au nombre de 150 à 200, le 14, et ont essuyé une défaite, perdant un assez grand nombre d'hommes, et entre autres l'officier commandant qui est mort à Patay des suites de ses blessures.
« Le 15, Varize a été canonné et brûlé au pétrole par sept à huit cent hommes en communication par vedettes jusqu'à Patay et peut-être Orléans ; ils ont massacré les habitants, hommes, femmes et enfants, tuant même un vieillard de 72 ans et un enfant de 11 mois.
« Il n'est resté que deux bâtiments sur 75, et tous les habitants auraient été impitoyablement massacrés sans leur retraite dans les bois et les roseaux de la Conie.
« Les gardes nationaux de Varize et Civry ont seuls tenu tête à l'ennemi sans le secours d'aucune force militaire.
« Par suite de la destruction du pays, les Prussiens n'ont pu l'occuper, mais ils l'ont parcouru jusqu'à la paix, en imposant des réquisitions aux hameaux. »

Le Maire de Varize, Yvon


Le Monument aux Morts

Outre les noms des soldats girondins tués lors des combats (voir plaque ci-dessus) figurent des habitants de Varize ainsi qu'un soldat originaire de Bordeaux.
Habitants de Varize

Marie Désirée Victorine Blot, veuve de Jean Louis Théodore Salle, décédée le 16/10/1870
Amélie Juliette Salle, sa fille, décédée en 1870, née à St Léger des Aubées le 11/11/1869
Jacques Joseph Bougrain, facteur rural, décédé le 16/10/1870
Jean Louis Gouin, journalier, décédé le 16/10/1870
Modeste Alexandre Homasson, 53 ans, journalier, décédé le 16/10/1870
Jean Baptiste Emilien Homasson, son fils, 20 ans, garçon épicier, décédé le 16/10/1870

Autres origines

Armand Albert Brun, originaire de Bordeaux, clerc de notaire, fils d'Armand Adolphe Brun et de Marie Gasquet. Engagé volontaire dans les tirailleurs de la Gironde, 1ère Cie, tué dans le parc de Varize le 29/11/1870.
AD 28, 1873-1882, Varize, transcription d'un acte du Tribunal Civil de Châteaudun, page 112

Le Monument aux Morts

Outre les noms des soldats girondins tués lors des combats (voir plaque ci-dessus) figurent des habitants de Varize ainsi qu'un soldat originaire de Bordeaux.
Habitants de Varize

Marie Désirée Victorine Blot, veuve de Jean Louis Théodore Salle, décédée le 16/10/1870
Amélie Juliette Salle, sa fille, décédée en 1870, née à St Léger des Aubées le 11/11/1869
Jacques Joseph Bougrain, facteur rural, décédé le 16/10/1870
Jean Louis Gouin, journalier, décédé le 16/10/1870
Modeste Alexandre Homasson, 53 ans, journalier, décédé le 16/10/1870
Jean Baptiste Emilien Homasson, son fils, 20 ans, garçon épicier, décédé le 16/10/1870

Autres origines

Armand Albert Brun, originaire de Bordeaux, clerc de notaire, fils d'Armand Adolphe Brun et de Marie Gasquet. Engagé volontaire dans les tirailleurs de la Gironde, 1ère Cie, tué dans le parc de Varize le 29/11/1870.
AD 28, 1873-1882, Varize, transcription d'un acte du Tribunal Civil de Châteaudun, page 112

Auguste Droguet, né à Segré (49) le 23/10/1846, fils de Julien et de Constance Rohée, époux de Anne Lebreton, soldat de la 1ère Cie du 3ème Bataillon des Mobiles de la Sarthe, blessé le 3/12/1870, décédé le lendemain dans l'ambulance irlandaise.
AD 28, 1873-1882, Varize, transcription d'un acte du Tribunal Civil de Châteaudun page 119

Denis Rémy Gevrese, né à St Georges de Rosay (72), né le 16/08/1845, garde mobile de la Sarthe, matricule 1194, fils de Denis et de Marie Anne Doisneau, époux d'Alexandrine Désirée Briant, décédé le 03/12/1870, d'une balle dans la poitrine


Hommage aux combattants

En hommage aux combattants les rues de nombreuses villes prirent le nom de ces communes A Châteaudun on trouve les rues de Civry et de Varize.


A Paris le Journal Officiel du 10 février 1875 publie un décret attribuant les noms de Civry et Varize à deux rues du 16ème arrondissement de Paris. Dans le 9ème arrondissement la Rue de Châteaudun doit son nom à un arrêté du Gouverneur de Paris du 26 octobre 1870. On trouve également les rues de Civry et Varize à Chartres, la rue de Varize à Bordeaux, etc.


Sources : AD Eure et Loir - Gallica - CRGPG - SGEL


Saisie : Christian ORTH

Dernière modification : 18 Mars 2018

 

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