Alençon : Musée de la DentelleLe point d'AlençonPrimitivement cette dentelle se fabriquait à Venise, mais Colbert, voulant enlever cette industrie à l'étranger, dont le luxe français se trouvait tributaire pour cet objet, fit venir de cette ville une dame nommée Gilbert, native d'Alençon et habile à fabriquer cette dentelle ; il lui fit une avance de 150 000 francs. Dès lors cette dame forma des ouvrières, monta la manufacture de Points de France à Alençon, la fit constituer par lettres patentes du 05/06/1676, et obtint un privilège exclusif jusqu'en 1685. Malgré ces mesures, Louis XIV, pour assurer une garantie de durée et de propriété à cette fabrique, prohiba en outre l'entrée des dentelles de Venise, de Gênes, de Flandre et d'Angleterre, par une ordonnance de 1684. Depuis cette époque jusqu'en 1812, la fabrication du point d'Alençon ne fit que prospérer, et la plupart des familles riches de cette ville doivent leur fortune à cette industrie. La fabrication du point d'Alençon est fort longue : elle employait autrefois environ 2000 ouvrières, qui gagnaient jusqu'à 2 francs par jour. Ces ouvrières se servaient de fils qui valaient 100 à 1800 francs la livre, qu'on tirait de Flandre, et leurs produits étaient dirigés sur Paris ou exportés dans toute l'Allemagne. Source : Guide-itinéraires de Paris au Mans par Auguste Moutié (1856) Saisie : Christiane BIDAULT Dernière modification : 20 Mars 2012 |