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Alençon : Eglise Notre-Dame

Rue Place Joseph de Lamagdeleine
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Construction 1470
 

Notre-Dame en 1856

Cette église n'est plus que la moitié d'un monument, suite à un incendie qui détruisit, en 1774, le choeur et la flèche qui s'élevait à 175 pieds. On les remplaça par le choeur actuel et un clocher, du style le plus lourd et le plus mesquin que l'on puisse imaginer. Il n'y a donc que la nef et le portail qui doivent attirer l'attention.

Le portail a trois grandes entrées en ogive, que précède une façade aussi légère que hardie. Des clochetons octogones, hérissés d'aiguilles à crochets s'élèvent au-dessus des massifs de la nef, dont la structure délicate s'harmonise avec les aiguilles des contre-forts et des balustrades du comble.

La grande entrée du milieu est accompagnée de deux plus petites, qui obliquent à droite et à gauche. Elles sont précédées d'un porche élégant, surmonté comme elles de pinacles aigus, d'arcades légères, d'aiguilles hérissées de feuilles et de fleurs, de fines découpures et de dentelles de pierre, à travers lesquelles se joue la lumière du ciel.

Sur la grande arcade du milieu s'élèvent six statues de moyenne grandeur, disposées sur deux lignes et représentant la Transfiguration. "L'une de ces statues, celle de Saint Jean, dit M. de la Sicotière, tourne assez irrévérencieusement le dos au spectateur. Une vieille tradition populaire veut que, lors du pillage de cette église par les protestants, en 1562, la statue se soit ainsi retournée tout à coup, au moment où ils portaient sur elle une main sacrilège. Elle ajoute que, frappés de crainte à cet aspect, ils n'osèrent pousser plus loin leur dévastation. La statue a toujours, et de toute nécessité, tourné le dos à la rue, et même il est probable qu'elle n'était pas encore placée en 1562."

A l'intérieur, la nef a 31 mètres de longueur, 9 de largeur et 19 de hauteur. Les collatéraux ont 4 m 50 de largeur, sur une hauteur de 7 m 08. Leurs piliers massifs, en pentagone irrégulier, supportent des arcades trop basses, peu en harmonie avec l'élégance de la partie principale de l'édifice.

Dans le collatéral de droite, on lit la date de 1477, qui donne à peu près celle de tout le monument, dont l'architecture paraît appartenir à la seconde moitié du XVe siècle.

De chaque côté de la nef, cinq grandes arcades ogivales, appuyées sur sept piliers, supportent une galerie fort étroite, composée de six arcades trilobées, à l'angle extérieur desquelles s'épanouissent de gros bouquets de feuillage déchiqueté.

Au-dessous de ces arcades règne une balustrade dont les compartiments sont découpés en quatre feuilles à pointes aigües.

A l'étage supérieur s'ouvrent également de chaque côté cinq grandes fenêtres ogivales, dans le style flamboyant, encore garnies de magnifiques verrières, à travers lesquelles pénètre un jour mystérieux, inondant de ses reflets chatoyants la magique ornementation de la voûte.

Cette voûte est d'une extrême légéreté ; son épaisseur ne dépasse pas 12 ou 15 centimètres. Elle offre un grande complication d'arceaux prismatiques s'élançant du haut de chacun des sept piliers, se croisant et se recroisant dans tous les sens, de manière à former un vaste réseau, un inextricable filet, entre les mailles duquel, au milieu des ornements délicatement variés, rampent, grimpent, et courent une multitude d'animaux fantastiques, que le sculpteur a prodigués au gré de son capricieux ciseau.

Les vitraux des dix grandes fenêtres de la nef datent tous de la première moitié du XVIe siècle. Ils représentent d'abord l'arbre de Jessé, puis des scènes de l'Ancien et du Nouveau Testament, depuis la création du premier homme jusqu'aux miracles du Sauveur.

L'église possède un assez joli buffet d'orgues et un bel autel à la romaine. On y remarque surtout la chaire à prêcher, qui porte la date de 1536, et à laquelle on arrive par un escalier pratiqué dans le pilier contre lequel elle est adossée. Si l'on en croit la tradition, elle fut faite par un condamné à mort qui obtint sa grâce pour prix de ce travail.

Au milieu de divers ornements de la Renaissance, de mascarons, de guirlandes et de sentences sacrées, de dressent les figures des quatre Evangélistes, appliquées sur ses différentes faces.

Après la cathédrale de Sées, Notre-Dame d'Alençon est le plus remarquable édifice religieux du département de l'Orne.

Source : Guide-itinéraires de Paris au Mans par Auguste Moutié (1856)


Source : Guide touristique

Saisie : Christiane BIDAULT

Dernière modification : 22 Mars 2012