Vieuvicq : Ecole élémentaire publique
Création et installation des écoles
1er - avant 1789
L’école existait à peine avant 1789. Elle se tenait dans un bâtiment situé sur l’emplacement désigné actuellement « l’ancienne école ».
L’instituteur de l’époque était tailleur. Son savoir n’était probablement pas bien grand car il ne tenait classe que pendant les mois de l’hiver. Il est aussi certain que ses fonctions de « maître d’école » ne lui rapportaient pas de quoi vivre. D’autant plus que les fils des « gagiers » des laboureurs allaient en classe à la cure.
Je conversais encore, il y a quelques jours, avec un ancien cultivateur, âgé de 90 ans. Ce brave homme se rappelle très bien avoir reçu les leçons du curé Rocheron et plus tard, après la mort du curé, avoir fréquenté la classe de l’instituteur successeur de Lecoeur.
C’est à croire que quelques années après la révolution, jusqu’en 1815, l’école communale n’existait que de nom.
II – de 1789 à 1833
En 1789, l’école était bâtie en terre, couverte en chaume et elle se composait de deux pièces, l’une servant de classe, l’autre de logement au « maître d’école ».
La classe avait une surface de 50 mètres carrés environ. Point de tables, quelques bancs et la chaire du maître, tel était le mobilier.
Cela dura ainsi jusqu’en 1837.
III - de 1833 à 1850
La loi de 1833 ne changea en rien la situation. Quelques modifications furent apportées au logement de l’instituteur. L’unique pièce fut partagée en deux, quelques tables furent mises dans la classe et on construisit…une étable.
L’étable était sans doute indispensable, car le maître d’école, le père Breton pour parler comme ses anciens élèves, cultivait quelques champs.
Quant à la maison d’école, elle existait mais on n’avait guère l’air de s’en occuper.
IV - de 1850 à 1880
En 1861, elle menaçait ruine, aussi, pour la consolider, on lui fit pour 274 f de réparations.
A part ces réparations, elle conserva toujours son même aspect jusqu’en 1883. Sa couverture en chaume la faisait ressembler à une chaumière. Point de cour de récréation, les enfants allaient s’ébattre dans les rues, les cours des voisins.
Le 15 mars 1865, M. Breton fit l’inventaire du mobilier du logement de l’instituteur. Le mobilier lui appartenait, la commune se bornait à donner un logement tout nu.
« Inventaire des objets mobiliers et autres existants dans la maison d’école de Vieuvicq, fait aux frais de M. Breton instituteur au dit lieu, lui appartenant et dont le détail suit : Savoir,
1° Un petit placard en bois blanc au côté droit de la cheminée de la maison, une alcôve et son bois de lit
2° Un autre grand placard aussi en bois blanc fermant à clef existant au côté gauche de la cheminée de la chambre, un autre petit placard à droite de cette même cheminée, servant de portemanteau garni de ses tringles en fer, un devant de cheminée et un tablier, une grande alcôve avec ses tringles et deux bois de lit
3° Dans la petite étable une crèche en bois et deux échelles.
4° Dans la grande étable ou loge, une autre crèche également en bois, le pan de bois, la porte et ses ferrements formant la devanture de cette loge ou étable, le plancher en bois de chêne. Etc.
Le 15 septembre 1868, lors du départ de M. Breton, la commune rachète ce mobilier pour 164 f et les étables furent transformées en bûcher.
En 1863, la baronne de Guesnet née Cugnot de l’Epinay, lègue à l’œuvre des sœurs de Saint Paul par testament olographe, du 19 mai 1856, une petite maison à Mottereau et deux jardins y attenant pour y fonder à perpétuité un établissement consacré à l’éducation des jeunes filles de Mottereau et des jeunes filles pauvres de la commune de Vieuvicq
Le conseil accepta ce legs par une délibération du 21 juin 1863.
Voici la copie de cette délibération et celle du décret du 10 août 1868 autorisant l’acceptation de ce legs.
L’an mil huit cent soixante trois, le vingt et un juin à midi.
M. le maire a donné lecture au conseil du testament olographe de Madame la Baronne de Guesnet née Cugnot de l’Epinay en date, à Paris aux ternes rue saint Charles N° 16, le 19 mai 1856 - signé Zoé de Guesnet née Cugnot de l’Epinay. La dite dame de Guesnet décédée à Paris quartier des ternes le 28 juillet 1859. Le testament ainsi conçu : je lègue à l’ordre des sœurs de la congrégation de Saint Paul dont la maison mère est à Chartres, une petite maison à Mottereau et deux jardins y attenant, pour y fonder à perpétuité un établissement consacré à l’éducation des jeunes filles de Mottereau et des jeunes filles pauvres de la commune de Vieuvicq, plus une rente perpétuelle de huit cents francs, un capital de seize mille francs et un mobilier selon le tarif de la communauté etc.
M. le maire a également donné lecture au dit conseil des réclamations faites par les héritiers naturels par lesquelles ils demandent la suppression entière de ce legs ou du moins une forte réduction, eu égard au peu d’importance de la succession.
Le dit conseil vu
1° le testament ci-dessus cité et les réclamations des héritiers directs,
considérant que le legs fait par Mme la Baronne de Guesnet en faveur des enfants pauvres et des malades indigents de la commune de Vieuvicq peut rendre de grands services et être d’une grande utilité aux habitants de cette commune et que les réclamations des héritiers ne peuvent être prises en considération, attendu que ce legs ne diminue point réellement le montant de la dot de chacun des enfants vivants puisque cela est pris sur une faible partie de la dot qui était destinée à une troisième demoiselle de Guesnet décédée célibataire et inhumée à Mottereau. A cet effet, le dit conseil est d’avis que le legs fait par Mme la Baronne de Guesnet au profit de la communauté des sœurs de Saint Paul soit autorisé tel qu’il est proposé.
Fait et délibéré…
Ont signé : Brette – Larie – Germond – Dunas – Lhomme – Legrand
Le décret autorisant l’acceptation du legs est signé Napoléon et contresigné Vaillon.
Ce legs ne pouvait être d’autre utilité pour l’instruction des enfants pauvres de la commune de Vieuvicq. Quelques enfants des hameaux de Letellier et du Boullay sont allés à l’école de Mottereau mais leur nombre a toujours été insignifiant. La distance était de 4 kilomètres pour le Boullay et de 2 kilomètres pour Letellier.
C’est cependant sur ce legs que s’appuiera le conseil pour rejeter toute création d’école de filles.
Dès 1868 l’administration supérieure proposa de créer une école de filles.
Voici la réponse que fit le conseil le 15 novembre 1868 :
Le dit conseil observe que la commune étant déjà imposée depuis 2 ans à 17 centimes par franc sur le montant dit quatre contributions directes pour payer les terrains nécessaires à la confection du chemin d’intérêt commun N° 42 de Thiron à Brou, qu’elle vient encore de s’imposer extraordinairement au maximum de vingt centimes pour la reconstruction du presbytère, que la maison d’école et le mobilier ont un besoin urgent de réparations et d’améliorations, et que, par conséquent, elle est hors d’état de faire de nouveaux sacrifices, il observe, en outre, que l’église, le clocher , les murs du cimetière sont en dégradations et qu’il y a urgence qu’ils soient réparés immédiatement, qu’il n’y a au bourg qu’une agglomération de seize maisons, qu’elles sont toutes occupées par leurs propriétaires et qu’il ne serait pas possible d’en trouver une à louer pour le moment, au chef lieu c’est pourquoi le dit conseil demande au conseil départemental, en vertu de l’art 15 de la loi du 15 mars 1850, que la commune soit dispensée d’ouvrir une école de filles en ce moment.
2° L’instituteur étant marié, sa femme peut se charger de diriger les travaux à l’aiguille des filles.
3° Que par son testament olographe en date du 19 mai 1856, Mme la Baronne de Guesnet née Cugnot de l’Epinay, a légué à l’ordre de la congrégation des sœurs Saint Paul de Chartres, une maison sise à Mottereau plus une rente perpétuelle de huit cents francs pour y fonder à perpétuité un établissement consacré à l’éducation des jeunes filles pauvres de la commune de Vieuvicq, que ces sœurs doivent commencer la classe au premier octobre prochain, ce qui peut encore favoriser la dispense d‘une école de filles à Vieuvicq.
Fait et délibéré
Ont signé : Dunas, Morin, Richard, Bousteaux, Legrand, Lemaire, Germond, Gaubert, Larue Lhomme
Il était évident aux yeux des conseillers municipaux que l’église, le clocher, les murs du cimetière devaient passer avant la création de l’école de filles.
Les réparations à l’école et au mobilier annoncées dans la délibération ci-dessus relatée, ne furent sans doute pas conséquentes car la maison d’école était dans un si triste état que, le 14 juin 1874, le conseil en vote la reconstruction.
D’école de filles, il n’en était plus question.
Délibération du 14 juin 1874 sur la question de reconstruction de la classe et du logement de l’instituteur.
Le conseil vu la lettre de M. Le sous préfet de Châteaudun, en date du 5 juin 1874, priant le conseil de statuer sur la question de reconstruction de la classe et du logement de l’instituteur.
Considérant qu’une reconstruction est nécessaire
Accepte la proposition de M. Le préfet concernant la reconstruction de la classe et du logement de l’instituteur
En outre, il demande
1° que M. le maire soit autorisé à faire faire les plans et devis
2° que les travaux ne soient commencés qu’au printemps 1877
Fait et délibéré
Ont signé : Coudray, Richard, Gouyer, Pichot, Landier, Legrand, Lhomme, Breton, Gaubert, Larue
C’était un grand pas de fait, mais la création d’une école de filles semblait définitivement écartée.
Cependant, dans le pays quelques vœux bien timides se faisaient entendre.
Un certain nombre de pères de famille, en raison de l’encombrement de l’école mixte, demandait non seulement la construction de la classe mais aussi une école spéciale de filles.
La création d’une école de filles rencontrait des partisans dans la petite culture mais ces amis du progrès se heurtaient contre la résistance du conseil municipal, lequel ; à tout prix, ne voulait pas d’école de filles.
Le conseil poursuivait la reconstruction de l’école mixte, malgré les oppositions qui se faisaient de plus en plus vives dans le pays, le conseil était soutenu par le préfet d’alors qui ne voulut jamais écouter les protestations écrites des partisans de la séparation des deux sexes.
La période politique de 1876 battait alors son plein ; elle n’était pas pour les constructions scolaires ni pour la diffusion de l’enseignement.
La question revint à l’ordre du jour du conseil le 16 juillet 1876, la création d’une école de filles fut repoussée attendu que la population de Vieuvicq allait en décroissant.
M. Le président fait remarquer que la construction de la maison école de Vieuvicq est absolument nécessaire et qu’on ne peut plus tarder à la mettre à exécution. Il fait remarquer, en outre, que d’après le dernier recensement, la commune de Vieuvicq compte plus de cinq cents habitants et que, d’après la loi, elle se trouverait obligée de construire deux écoles.
Enfin il invite les membres présents à délibérer.
Le conseil
Considérant que la reconstruction d’une maison école est indispensable vu le mauvais état dans lequel se trouve celle existante et l’exiguïté des pièces qui la composent,
que quoique le dernier recensement porte à 532 habitants le nombre des habitants de la commune de Vieuvicq, la population loin d’augmenter ne fait au contraire que décroître, comme on peut s’en convaincre par l’examen des registres de l’état civil.
que le nombre des élèves est de 50 environ et cela pendant trois ou quatre mois seulement,
que d’ailleurs, un legs a été fait par Mme la Baronne de Guesnet en faveur des jeunes filles indigentes de la commune de Vieuvicq, pour leur admission gratuite à l’école des soeurs Saint Paul à Mottereau,
Est d’avis
que la dite maison d’école soit reconstruite le plus tôt possible et sur le même terrain que celle qui existe aujourd’hui
qu’il n’y a lieu, du moins pour le moment, de créer deux écoles à Vieuvicq et l’administration locale n’a jamais songé à le faire
Fait et délibéré
Ont signé : Coudray, Breton, Legrand, Morin, Landier, Gaubert, Pichot, Gouyer
Le conseil, pour justifier son refus, faisait valoir des arguments qui n’auraient pas tenus après un examen sérieux. On s’en contentait en haut lieu et les études pour la reconstruction de l’école mixte continuaient tout doucement.
La délibération précédente fut vivement attaquée.
Aux raisons exprimées par le conseil, les protestataires opposaient celles-ci :
1° la population de Vieuvicq n’allait pas en diminuant et que, d’ailleurs, il fallait ajouter la population des hameaux de la Leu, de la Rovellerie, et de la Rivière dépendant de la commune d’Illiers dont les enfants avaient toujours fréquenté l’école de Vieuvicq
2° qu’il était impossible de prétendre que les jeunes filles pauvres de la commune fréquenteraient l’école des sœurs à Mottereau et les protestataires demandaient à MM les conseillers municipaux s’ils consentiraient à ce que leurs jeunes filles y furent envoyées
3° enfin ils demandaient l’application de la loi
La commune se partagea en deux camps, la lutte fut âpre, ardente, la division s’accentua de plus en plus.
Seul, le conseil municipal toujours formé des mêmes hommes restait uni pour combattre la création demandée.
Heureusement, pour les partisans de l’école de filles, les choses traînèrent en longueur et le 6 juillet 1879, il n’y avait encore rien de fait.
Le conseil se réunit à cette date et détermina l’emplacement de la maison d’école. Les plans et devis étaient approuvés le 5 octobre de la même année et la dépense était votée le 5 septembre 1880.
1° délibération du 6 juillet 1879
M. Le maire donne lecture et communication de la lettre de monsieur le sous préfet en date du 24 juin dernier invitant M. le maire à faire dresser les plans et devis d’une maison d’école mixte et à les lui adresser assez tôt pour qu’il puisse les soumettre au conseil général dans sa session août.
Ensuite, il prie le conseil de déterminer aujourd’hui, d’une manière définitive, l’emplacement de la maison dont il s’agit, de désigner l’architecte qui sera chargé de dresser les plans et devis de cette maison.
Le conseil
Considérant qu’il y a presqu’impossibilité de construire une école mixte à la place de l’ancienne et que le terrain d’ailleurs est peu salubre
Considérant que le Sr Cordier, maréchal au bourg de Vieuvicq met à la disposition de la commune de Vieuvicq un terrain de vingt ares environ, situé au bourg, à raison de quatre vingt dix francs l’are, que ce terrain est élevé, qu’il est très convenable et suffisant sous tous rapports pour une bonne installation et que le prix de l’are est tout à fait raisonnable
Prie M. le préfet de vouloir bien autoriser M. le maire de la commune de Vieuvicq à passer acte régulier avec le sieur Cordier , après toutefois que l’arpentage de la parcelle à vendre aura été fait pour arriver à en fixer le prix.
Fait et délibéré
Ont signé MM Coudray, Pichot, Duchon, Richard, Legrand, J Roch, Fauveau, David
2° délibération du 5 octobre 1879
M. le président expose que le conseil est appelé
1° à donner son avis sur les plans et devis relatifs au projet de construction d’une maison d’école mixte avec logement pour l’instituteur, dressés par M. Piebourg architecte à Chartres.
2° à aviser aux moyens de pourvoir à la dépense que nécessiteront tant le terrain à acquérir pour l’emplacement que la construction dont il s’agit.
Le conseil
Après avoir examiné avec la plus scrupuleuse attention les plans et devis susvisés, déclare les approuver, sauf le mobilier scolaire qu’il récuse, se réservant d’utiliser celui qui sert actuellement.
Recherchant ensuite les moyens par lesquels il fera face à la dépense, il estime d’abord que le prix du terrain devant servir d’emplacement à la construction projetée pourra être couvert par celui que l’on retirera de la vente de la maison d’école existante.
Pour ce qui est de cette construction dont le chiffre estimatif est de 21 194,28 f, il sollicite le bénéfice de l’art 1° titre 1° de la loi du 1er juin 1878 sur la construction des maisons école et y affecte, sauf le consentement des plus imposés la somme de 14 129,52 f, quant au déficit à couvrir soit 7 064,76 f, le conseil municipal supplie l’administration supérieure de vouloir bien les lui faire accorder à titre de secours ;
Délibéré
Ont signé : Coudray, Lesieur, Fauveau, Duchon, David, Morin, J Roch, Pichot, Dunas, Legrand, Richard
3° délibération du 29 mars 1880
M. Le président expose que les plans et devis relatifs au projet de construction d’une maison d’école ayant été rejetés par la commission des bâtiments communaux comme ne remplissant pas les conditions satisfaisantes en ce qui concerne le logement de l’instituteur et la salle de classe, il en a fait établir de nouveaux qu’il soumet à l’examen du conseil municipal.
Le conseil
Ouï l’exposé de M. le maire
Vu les plans et devis dressés à nouveau pour l’objet dont il s’agit, déclare les approuver, y compris le mobilier scolaire à l’exception de MM David et Morin qui se sont refusés de signer
Ont signé : Coudray, Lesieur, Pichot, Richard, L Dunas, Roch, Duchon, Legrand
Par délibération du 5 septembre 1880 le conseil municipal assisté des plus imposés vota une imposition 6 centimes 20/100 qui, avec les subventions de l’état et du département, devait former la somme de 27 367,43 f, montant de la dépense projetée.
La question de l’école mixte semblait donc résolue, cependant les opposants n’avaient pas perdu tout espoir, les protestations continuaient à pleuvoir à la préfecture.
Le renouvellement du conseil municipal en 1881 avait fait entrer dans le conseil quelques partisans de l’école de filles, ils formaient minorité mais cette minorité allait pourtant être assez forte pour demander l’exécution de la loi.
La première bataille se livra le 24 avril 1881, la victoire resta acquise définitivement à la minorité et le 31 juillet 1881, les plans et devis relatifs à la construction d’un groupe scolaire furent adoptés et les ressources votées le même jour. On se hâtait de crainte d’un revirement d’opinion.
Délibération sur la substitution d’un groupe scolaire à l’école mixte (24 avril 1881)
La séance ouverte, M. le président communique à l’assemblée une lettre de M. le sous préfet de Châteaudun relative au projet de construction d’une école mixte à Vieuvicq, le dit projet ayant été l’objet d’une observation particulière de la part de M. le ministre de l’instruction publique ainsi conçu :
Si la commune n’est pas dispensée d’entretenir une école spéciale pour chaque sexe, elle devra présenter un projet comprenant deux écoles distinctes.
En réponse à cette demande, M. le président fait immédiatement observer que la commune a obtenu cette dispense et, à l’appui, il donne lecture d’une lettre de M. le sous préfet de Châteaudun en date du 24 juin 1879 disant au premier paragraphe
M. le préfet n’a pas cru devoir insister pour la création d’une école de filles dans votre commune et il a autorisé l’étude du projet de construction d’une école mixte.
M. le président donne encore lecture d’une lettre de M. l’architecte Piebourg, de Chartres, auteur du projet contenant la déclaration suivante de M. l’inspecteur d’académie en date du 20 février 1880.
La commune a obtenu l’autorisation de construire une école mixte alors que la population pouvait l’obliger à construire deux écoles distinctes.
Après ces communications, M. le président poursuit la lecture de la lettre de M le sous préfet de Châteaudun prouvant l’obligation où se trouve la commune d’avoir à construire deux écoles distinctes, par suite d’un règlement adopté l’année dernière par M. le ministre de l’instruction publique, limitant à 40 le nombre des élèves qui pourront être confiés à un seul maître, démontrant que le surplus de la dépense qui résultera de la construction d’un groupe scolaire n’entraînera pas à une trop lourde charge pour les contribuables, en ce sens que la subvention de l’état sera plus élevée, enfin, exprimant les avantages à recueillir d’une instruction appropriée à chaque sexe.
M. le président termine en invitant le conseil municipal à vouloir bien émettre son avis par OUI sur le maintien du projet pour l’établissement d’une école mixte, et par NON le dédoublement de l’école mixte.
M.M. Pichot, Morin, Coudray, Fauveau, Germond, Foussard et Richard ont déclaré maintenir la construction autorisée d’une école mixte, en considération de la population qui va toujours décroissant et qui dans un temps peu éloigné, ne fournira qu’une population scolaire limitée, un peu plus élevée, à celle adoptée par M. le ministre de l’instruction publique
M.M. Duchon, Roche, Riguet et Lesieur ont déclaré vouloir l’établissement d’un groupe scolaire tel qu’il est indiqué avec tous ses avantages exprimés dans la lettre de M. le sous préfet sus mentionnée.
La séance suspendue à neuf heures pour permettre au secrétaire du conseil de rédiger la présente délibération a été reprise à dix heures. A ce moment, se sont présentés M.M. Fauveau, Pichot, Morin, Coudray, Germond, Foussard et Richard.M.M. Duchon, Roch Lesieur et Riguet se sont refusés, sur l’invitation qui leur a été faite, de rentrer en séance.
Et les membres présents étant en nombre suffisant pour délibérer, ont cru devoir le faire, et prie l’administration supérieure de vouloir bien donner de nouveau son approbation pour l’établissement d’une école mixte.
Ont signé M.M. Pichot, Morin, Richard, Coudray, Fauveau, Germond, Foussard
Délibération du 31 juillet 1881 portant approbation des plans et devis relatifs à la construction d’un groupe scolaire
La séance ouverte M. le président communique à l’assemblée une lettre par laquelle M. le sous préfet de Châteaudun en vertu des instructions qu’il a reçue de M. le préfet d’Eure et Loir, énumère les avantages qu’aurait la commune de Vieuvicq d’adopter le dédoublement de l’école mixte par la construction d’un groupe scolaire, tant au point de vue d’une bonne organisation de l’enseignement que dans l’intérêt financier.
Il soumet ensuite à la dite assemblée les plans et devis que M. le préfet a fait préparer en vue de l’adoption du projet dont il s’agit, en l’invitant à les examiner scrupuleusement de manière à pouvoir se prononcer définitivement sur cette question dont la solution s’est déjà trop fait attendre.
Le conseil municipal
Ouï la lettre précitée de M. le sous préfet de Châteaudun
Considérant que les renseignements précis et les explications claires et nettes fournies par ce magistrat ne laissant aucun doute sur les avantages à recueillir de la construction de deux écoles
Vu le plan et devis sommaires des travaux à exécuter montant à 46 906 f
Considérant qu’il n’a aucune observation ni réclamation à faire sur la composition de ces documents
Déclare adopter la construction d’un groupe scolaire et approuve tels quels les plans et devis qui s’y rattachent.
Et les membres présents ont signé au registre
Ont signé : M.M. Roch, Coudray, Foussard, Fauveau, Richard, J Pichot, L Riguet, Lesieur, Duchon
Cette fois la lutte était finie. Vieuvicq allait posséder un groupe scolaire.
L’ancienne maison d’école fut vendue le 3 juin 1883 et l’ancien mobilier le 4 octobre 1883.
La nouvelle construction a coûté par suite des modifications apportées lors de la construction la somme de 54 886,87f.
Les enfants prirent possession des nouvelles classes le premier octobre 1883
Le groupe scolaire se compose de trois pavillons celui du milieu est la mairie, les deux autres sont destinés au logement de l’instituteur et de l’institutrice.
Les cours de recréation, bien plantées de tilleuls et de marronniers, sont placées devant la façade et la sépare ainsi de la rue.
Les classes sont situées derrière les pavillons.
Elles sont entourées par les jardins, elles sont suffisamment grandes et surtout bien éclairées.
Le mobilier est celui de la maison Garcet et Nisuis, tables à deux places.
En un mot, l’installation répond à toutes les conditions d’hygiène et même de confort que l’on puisse désirer.
Aussi, la population de Vieuvicq est fière de son groupe scolaire et l’instituteur et l’institutrice sont heureux de faire la classe dans des salles où tout encourage au travail.
Monographie de Louis René DUPUIT Institureur à Vieuvicq le 18/04/1899 - Voir l'intégralité de la monographie dans la ruprique "documents" de la commune.
Source : Monographies
Saisie : Mireille ROUSSEAU
Dernière modification : 1 Juillet 2012