Incendie à la ferme de la Grenouillère
Extrait du Messager de Bonneval du 08/09/1923 :
Un violent incendie a détruit mardi dernier plusieurs bâtiments de la ferme de la Grenouillère appartenant à Mme Lhuillery et exploitée par elle.
Sept bâtiments ont été détruits : une meulière, une écurie, deux hangars, deux bergeries et un appentis dans lequel se trouvait un moteur. Ce moteur est détruit ainsi qu’une batteuse-ébosseuse, des voitures et des tombereaux, de l’outillage mécanique et agricole, et la récolte de blé, avoine, paille et fourrage. Trois chiens et un mouton ont péri dans l’incendie. Les pertes sont évaluées à 275.000 francs.
Quatre gars de batterie, renvoyés par Mme Lhuillery quelques jours auparavant, ont été arrêtés.
Comme le montre le recensement ci-dessous (1901) cette ferme appartenait aux époux Lhuillery.
Louis Jules Lhuillery, né à Alluyes le 21/06/1843, fils de Louis Eloi, et de Marie Catherine Félicité Hamelin, époux de Césarine Ernestine Anastasie Barrier, née à Nottonville (La Chenardière) le 14/08/1848, fille de Georges Adolphe et de Marie Catherine Reine Linget, mariés à Nottonville le 09/06/1868. Ils résidaient auparavant à Alluyes (recensement de 1886), et sont inscrits sur celui de Nottonville à partir de 1891.
Après l’incendie
En 1924, Mme Lhuillery, dénommée « veuve Lhuillery », son mari étant décédé à Nottonville le 14/05/1912, a assigné la commune de Nottonville afin d’obtenir le remboursement des frais engagés pour la nourriture des pompiers.
Cette affaire a été jugée par le Tribunal Civil de Châteaudun dans sa séance du 22 janvier 1925, sous la dénomination « réquisition pour nourriture des sapeurs-pompiers »
Extraits du jugement
- Attendu que par exploit de Roger, huissier à Cloyes, en date du 23 septembre 1924, la dame veuve Lhuillery a donné assignation à la commune de Nottonville pour avoir paiement de la somme de 1.990 francs, montant des dépenses engagées, sur l’ordre du maire, pour assurer la nourriture des pompiers qui se sont rendus le 14 septembre 1923 à la ferme de la Grenouillère ; qu’à l’issue de sa demande, elle offre de prouver les faits suivants :
1° Le 14 septembre 1923, jour de l’incendie de la ferme de la Grenouillère, M. le maire de Nottonville a requis Mme Lhuillery de fournir les aliments et boissons nécessaires pour assurer la nourriture des pompiers et sauveteurs accourus pour éteindre l’incendie.
2° M. le maire a même commandé lui-même le vin et le pain.
3° Les fournitures requises ont été payées ou faites à concurrence de 1.990 francs par Mme Lhuillery.
- Attendu que les frais placés parmi les dépenses communales ne sauraient être arbitrairement étendus, qu’ils doivent être limités aux frais nécessités par les secours fournis en vue de faire cesser l’incendie, qu’ils ne peuvent comprendre la fourniture des aliments et boissons destinés aux pompiers et sauveteurs ;
- Attendu que la veuve Lhuillery prétend engager vainement la responsabilité de la commune de Nottonville en affirmant qu’elle a été requise par le maire de fournir les aliments et boissons ;
- Attendu que la commune de Nottonville n’est pas responsable de la réquisition alléguée, qui ne rentre pas dans celles prévues par la loi, qu’elle est recherchée à tort de ce chef, que les demandes tant principales que subsidiaires ne sauraient être accueillies ;
Par ces motifs, déclare la veuve Lhuillery mal fondée en ses demandes, fins et conclusions, l’en déboute, et la condamne aux dépens.
Sources :
- AD 28 : La presse en Eure et Loir – Recensements- Etat civil
- Gallica, Revue municipale, n° 806 du 30/01/1927, page 757
Saisie : Christian ORTH
Dernière modification : 18 Mars 2018