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Lucé : Les GrangesDécouverte d'un enfant abondonné le 26/07/1756, nommé EtienneAujourdhuy vingt six juillet mil sept cent cinquante six, huit heures du matin, devant nous Louis Claude Le Comte avocat en parlement et aux bailliages siège présidial de Chartres, chambrier juge et garde général civil et criminel et de Police de la juridiction temporelle de la chambre episcopale du dit Chartres pour Monseigneur l’Eveque de Chartres est comparu le procureur fiscal de la ditte juridiction lequel nous a dit qu’il vient d’avoir avis par Mathurin Dubois, berger d’Etienne Aureau laboureur fermier de la métairie des Granges, appartenante à l’Hôtel Dieu de Chartres, Paroisse de Saint-Pantaléon de Lucé, que sortant de la ferme pour conduire son troupeau, il a trouvé un enfant nouvellement né exposé vis-à-vis la grande porte de la ditte ferme, donnant sur le grand chemin d’Illiers de l’autre côté du pavé du dit chemin, sous un chardon qui est sur la pente du fossé qui borde le dit chemin, lequel enfant il a pris dans la crainte qu’il luy arrivât accident et porté dans la ditte ferme des granges. Pourquoy le dit procureur fiscal requiert qu’il nous plaise nous transporter a heure présente dans la ditte ferme des Granges, pour constater l’estat du dit enfant. Surquoy, faisant droit, nous ordonnons que nous nous transporterons en la ditte ferme des Granges, avec le dit procureur fiscal et notre greffier ordinaire, et y étant arrivé sur les neuf heures du matin, nous avons reconnu la place ou le dit enfant a été déposé, qui est en effet sur la pente du fossé étant de l’autre côté du chemin vis-à-vis la grande porte de la ditte ferme, sur laquelle place nous avons trouvé un peu de paille que laquelle il paroit que le dit enfant avait été mis, et étant entrés dans la ditte ferme, avons trouvé dans la chambre du fermier le dit enfant vestu d’une mauvaise chemise, de brassière, d’une mauvaise chemise de femme qui l’enveloppe et d’un mauvais tablier qui couvre la ditte chemise, ayant la teste couverte d’un méchant bequin bordé d’une mauvaise dentelle avec un méchant fichu de toile à carreaux bleu, et sur son estomac un petit papier dans lequel il y a du sel, ce qui nous a été attesté estre la marque que le dit enfant n’a point été baptisé, et après avoir fait dépouiller le dit enfant avons reconnu qu’il est mâle et tout fraichement né n’ayant d’autre marque que cy dessus le dit sel, et ayant visité tous les ditts linges avons reconnu qu’il n’y a aucune marque, dont et de tout ce que dessus nous avons dressé le présent procès verbal et ordonné que le dit enfant sera incessamment porté à l’église pour y estre baptisé sous condition, et avons laissé le dit enfant en la garde de Marguerite Hureau veuve Guillaume Cabaret demeurante au grand faubourg de la porte des Epars de la ville de Chartres, trouvée en la ditte ferme qui s’en est chargée et à promis d’en prendre soin et de le faire nourrir, à la charge de son sallaire raisonnable, et promis le représenter au procureur fiscal toutes fois et quantes elle la sera requise, à l’effet de quoy ordonnons qu’il sera fourmi à la ditte veuve Cabaret par le receveur de Monseigneur l’Evêque de Chartres, les choses nécessaires pour l’entretien du dit enfant, et ont les ditts Dubois et veuve Cabaret signé avec le dit procureur fiscal, nous et nostre greffier ; signé en la minute des présentes délivrée conforme à la minute, a Monsieur Delaville Prieur curé de la paroisse de Lucé par mon greffier soussigné avec grille et paraphe. Je Prieur curé soussigné certifie avoir transcrit de mot à mot la copie du Procés verbal cy dessus et en l’autre part qui m’a été envoyé par Monsieur Coubré, greffier de la chambre épiscopale, et après l’avoir enregistré au présent registre de mesme jour lundy vingt six juillet mil sept cent cinquante six, a été représenté à l’église le dit enfant trouvé aux Granges par la ditte Marguerite Hureau veuve Guillaume Cabaret, et lequel a été baptisé sur fonts baptismaux de cette église par moy prieur curé soussigné et a été nommé Etienne, le parrain qui lui a imposé le nom a été Etienne Monet garçon vigneron, fils mineur de déffunt Jacques Monet vivant vigneron et de Marie Monet demeurant chez la ditte mère au grand faubourg des Epars paroisse de Saint-Saturnin de la ville de Chartres et la marraine, Marie Louise Radou fille mineure de Pierre Radou, marchand de bois et de deffunte Marie Madeleine Chassevent laquelle marraine demeurante chez son père a Nicochet l'un des hameaux de cette paroisse a déclarée ainsi que le parrain cy dessus nommé ne scavoir signer de ce duement interpellés l'un et l'autre suivant l'ordonnance. Source : Registres Paroissiaux Saisie : Christiane BIDAULT Dernière modification : 18 Février 2011 |