Histoire des communes

Frazé : le Boulay Manuel

 

Le Nogentais 23/08/1908 - Violent incendie à Frazé

15 maisons détruites au Boullay, 100 000 Francs de dégâts.

Un incendie qui a pris des proportions peu communes s'est déclaré jeudi à midi. On ne sait encore comment, dans une meule de paille qu'on venait de battre chez M. HATON-DEVOIR, au Boulay-Manuel, à 2 kilomètres de Frazé.

Trouvant un aliment facile, le feu dévora en un clin d'oeil la paille, la machine à battre qui était encore en place et les toitures, puis gagna la maison de M. BAILLY, journalier, qui ne put sauver que son mobilier.

Malgré les secours de tous les voisins, bientôt aidés des pompiers de toutes les communes environnantes, 15 maisons sur 22 ont été entièrement ou partiellement détruites ; la plupart étaient couvertes en chaume.

L'incendie ayant réduit en cendres la maison de M. BAILLY, gagna les dépendances de la ferme de M. GUILLOTIN, dont les bâtiments ont pu être préservés grâce à l'affluence des sauveteurs, y compris un piquet du 13e cuirassiers cantonné à Montigny.

Mais, pendant que tous les efforts se portaient de ce côté, le feu regagnait son point de départ et reprenait ses ravages de l'autre côté du hameau, où il causait un véritable désastre, dévorant les récoltes, les bâtiments et le mobilier de M. MAUTE, le plus éprouvé dans ce sinistre, puis la maison des époux GALLOU, dont la femme fut grièvement brûlée aux bras en voulant détacher son veau, qui fut quand même carbonisé.

Détruisant en passant la toiture de la maison et de la grange de Mme MEUNIER, le fléau gagna l'habitation de M. CHABOCHE, qui put sortir une partie de son mobilier ; puis de M. CHAUVEAU et de M. SOLET-JOURNE. A grand'peine on put sauver les bâtiments de M. et Mme HATON, contigus à ces derniers ; mais il fut impossible d'empêcher les flammes de continuer leur course et de dévorer les maisons LETERTRE père et fils, PELLETIER, COUPRY, veuve LANOUE et CAGET, qui furent anéanties avec leur contenu. C'est un désastre comme on n'en avait pas vu depuis longtemps dans le Perche.

Voici du reste un aperçu des pertes des sinistrés, dont la plupart sont sans abri, surveillant au milieu des champs les débris de leur mobilier.

MM HATON-DEVOIR, 10 000 Frs ; BAILLY 4 500 Frs ; MAUTE, 29 500 Frs ; GALLOU, 5 900 Frs ; GUILLOTIN, 2 500 Frs ; Mme Veuve MEUNIER, 5 500 Frs ; MM CHABOCHE, 4 000 Frs ; CHAUVEAU 500 Frs ; SOLET, 4 000 Frs ; PELLETIER, 13 000 Frs ; COUPRY, 2 000 Frs; Mme Veuve LANOUE, 2 800 Frs ; MM. CAGET, 4 500 Frs ; LETERTRE fils, 10 000 Frs ; LETERTRE Père, 3 000 Frs ; plus la machine à battre de M. MORICE, de Montigny-le-Chartif ; soit une centaine de mille francs.

Tous les sinistrés sont assurés en tout ou en partie, à la Mutuelle du Mans, à la Mutuelle d'Eure-et-Loir et à la Normandie, sauf MM. COUPRY et CHAUVEAU.

On n'a pu encore établir les causes du sinistre, sur lequel la gendarmerie de Beaumont a ouvert une enquête.

Nous avons dit que toutes les compagnies de pompiers de la région sont accourues pour porter secours : notons les équipes de Frazé, Montigny, Chassant, Brou, Dampierre et Illiers, qui passèrent la nuit à noyer les décombres.

De nombreux habitants se sont distingués dans ce sinistre par leur dévouement ; tous ont droit à des félicitations, notamment ceux qui restèrent dans l'eau pendant des heures pour alimenter les pompes : MM. GUEDET, JOACHIM, DIEU et LECOQ, du château de Frazé, ainsi que M. l'abbé CHARPENTIER, curé de la paroisse, qui se prodigua au cours du sauvetage.


Source : Le Nogentais

Saisie : Christiane BIDAULT

Dernière modification : 15 Juin 2012

 

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