Histoire des communes - Fiche personnalité

Personnalité

  • Félix Marie François DOURDOIGNE

  • Naissance : 1848

  • Profession : Prêtre

  • 3 activités


Félix Marie François DOURDOIGNE

Ordonné prêtre en juin 1873.

Ambiance tendue à Frétigny !

Le Nogentais, le 21/04/1907 - Petites histoires Percheronnes

A Frétigny : Un maire modèle – Trop de zèle – La fiche 1975 – Deux et deux font cinq – Et les 319 Francs ? – La quête du culte et celle des chemins.

La commune de Frétigny a tout de même de la chance d’être administrée par un magistrat pareil. Il a l’œil à tout, ce diable d’homme, et avec ça de la malice plein la serviette. Ainsi goûtez-moi ce petit entrefilet que publiait dimanche la Gazette :

Frétigny – Le clergé ayant l’intention de faire une quête à domicile pour le denier du culte, le maire se fait un devoir de faire connaître à ses administrés que M. le desservant est titulaire d’une allocation, servie par l’Etat, portant le numéro 1975.
Aux termes de cette pièce qui lui a été remise par les soins de la municipalité, provenant de la Direction Générale de la Comptabilité publique, M. le desservant a reçu et devrait toucher :
Pour 1906-1907, 100 francs par an.
Pour 1908-1909, 600 francs par an.
Pour 1910-1911, 450 francs par an.
Pour 1912-1913, 300 francs par an.
A Frétigny, le 11 avril 1907. Le Maire : Lesieur.

N’est-ce pas que les administrés de Frétigny doivent lui savoir gré du renseignement, surtout qu’il est d’une exactitude remarquable, comme vous allez en juger :

Sans avoir puisé au dossier Montagnini ni avoir eu entre les mains la pièce 1975, nous savons que le desservant de Frétigny touchera, comme tous les confrères dans son cas : en 1907, 600 fr., en 1908, 450 fr., en 1909, 300 fr. Un point c’est tout. Il est possible que pour les années suivantes, jusqu’en 1913, ce soit M. le Maire qui paye ; puisqu’il promet, c’est qu’il donnera ; mais nous croyons qu’il vaudrait mieux tenir que de courir.

Ces … erreurs grosssières sinon volontaires ont valu à leur auteur la réponse suivante, dont nous avons obtenu communication :

Monsieur le Directeur,

En réponse à l’avis paru dans le journal la Gazette… j’ai l’honneur de vous prier de vouloir bien porter à la connaissance de M. Lesieur que j’oppose un démenti formel aux renseignements erronés par lui donnés à ses administrés.
S’il entre dans les intentions de M. le Maire de faire connaître l’exacte vérité sur cette question, vous seriez bien aimable de lui conseiller d’étudier d’un peu plus près la circulaire de M. le Ministre des Finances portant suppression des allocations de 8 ans.

Comptant, Monsieur, sur votre loyauté autant que sur mon droit pour l’insertion de la présente dans votre prochain numéro, je vous prie de recevoir mes salutations.

A Frétigny , le 15/04/1907

C. DOURGOIGNE, curé de Frétigny

Que voulez-vous ? on ne peut pas être ferré à la fois sur la culture, les droits des bouilleurs, l’administration communale, la délégation préfectorale et la législation. Comme dit le proverbe : qui trop embrasse mal étreint. Deux serviettes, une sous chaque bras, ne pourraient suffire à la tâche.

Mais comme on reconnaît bien, dans cette bonne âme qui tâche de couper les vivres à son curé, le membre influent de l’Atolérance Thironnaise !

Au fond, comme tous les sectaires, il est ennuyé de voir que la fameuse séparation ne fera que grever d’un nouvel impôt la plupart des contribuables, sans qu’ils aient d’un autre côté un centime de diminution, au contraire. Et à ce propos nous engageons les imposés de Frétigny à demander à leur maire, qui est pour eux un vrai père, qu’il fasse déduire au moins de leur feuille la part qui revient à chacun sur les 319 francs d’acompte promis à la commune sur le budget des cultes supprimé.

Il ne peut pas leur refuser ça, pas plus qu’il ne refusera de leur expliquer pourquoi il est maintenant si opposé aux quêtes alors qu’il y a quelques années, quand il quêtait lui-même pour ses chemins, il était bien heureux de ramasser l’obole de tous les habitants, celles des catholiques et du curé comme les autres.

Il pense sans doute que quand il n’y aura plus de curé à Frétigny les affaires marcheront mieux et le commerce sera plus prospère ?

Nous croyons qu’il se met le doigt dans l’œil, comme pour son calcul, et nombre d’habitants de Frétigny sont d’avis que leur magistrat ferait mieux de mette en pratique le dicton bien connu : « A chacun son métier, etc.. », comme celui que citait un de nos correspondants : « Chaque chien dans sa niche, et personne ne sera mordu ».


Saisie : Christiane BIDAULT

Dernière modification : 16 Juin 2012