Louis François BOUDEVILLAIN
L’Abbé Louis-François BOUDEVILLAIN (1815-1887) Curé de Ruan-sur-Egvonne (Loir-et-Cher) de 1849 à 1887
Né à Pré-en-Pail, dans la Mayenne le 22 avril 1815, Louis-François était le fils de René Antoine Boudevillain, chapelier et Sophie Jeanne Françoise Létard.
Ordonné prêtre en 1838.
Nous ne connaissons rien de sa vie avant son arrivée à Ruan-sur-Egvonne, en 1849, comme curé de la paroisse qu'il habita jusqu'à sa mort le 26 août 1887, après un long ministère de 38 années.
L' Abbé Boudevillain était un poète, un historien et un biographe; il employait ses loisirs à écrire principalement des ouvrages moraux. La première publication connue: « La Vraie Philosophie, ou Essais de poésies dédiées à la jeunesse » fut éditée en 1843 chez Levavasseur à Falaise (Calvados), avant même sa nomination dans le Vendômois.
D'autres livres suivront parmi lesquels nous citerons:
o« L'Ouvrier ébéniste, ou les Fruits d'une bonne conduite » 1864, Paris, C. Dillet, VI-120 pages.
o« L' Oncle des champs, ou Recueil de proverbes à l'usage des gens de la campagne », 1869, Paris, C. Dillet, 108 pages.
o « Le bonheur au village », 1872, Paris, V. Sarlit, 65 pages.
Il faut ajouter un petit guide du pèlerin à Ruan (1876) et des cours de catéchisme comme un « Entretien sur la Communion par Alexandrine David, Alexandrine Gauthier et Louis Roger, le dimanche 18 juin 1865 » imprimé à Châteaudun chez A. Lecesne (8 pages).
Il a de plus publié une notice topographique, historique et archéologique sur Ruan en 1864 (44 pages) et se proposait, comme membre de la Société Dunoise depuis 1867, de coordonner les nombreuses notes historiques qu'il possédait sur les communes avoisinantes. Malheureusement, des problèmes de santé et une affection de vue l'empêchèrent de mener son projet à bien.
Sa tombe est encore visible au milieu du petit cimetière de Ruan.
Sources:
o Notice nécrologique dans le « Bulletin de la Société Dunoise », année 1888, p 29.
o Catalogue de la BNF (Opale plus).
LA BRUYÈRE DU CORMONT. Par M. l' Abbé BOUDEVILLAIN, curé de Ruan vers 1868.
Le Cormont est une colline située entre Ruan et Fontaine-Raoul (Fontaine-Roux). Son altitude est de 250 mètres au-dessus du niveau de la mer; c'est le point le plus élevé du département.
De son sommet, et surtout du clocher de Fontaine-Raoul et d'une des fenêtres de l'ancien presbytère, on jouit, par temps clair, d'un panorama merveilleux. C'est cette impression que l' Abbé Boudevillain a voulu rendre en appliquant au paysage du Cormont, le rythme et l'air d'une célèbre romance bretonne dont certaines personnes âgées des environs se souviennent encore en 2012.
Les noms en italique sont les noms de fermes, hameaux, villages, communes ou villes que l'on aperçoit réellement de ce sommet.
J'aime du Cormont la Bruyère
Lorsque j'y vais par un beau jour,
J'admire ce point de la terre
Et Fontaine-Raoul à son tour
Alors joyeux,
Je suis heureux,
Car quel tableau se déroule à mes yeux!
Que j'aime sa bruyère
Et son clocher à jour!
D'ici j'aperçois la rivière,
Mais je ne puis suivre son cours.
Du Chêne jusqu'à la Bulière,
Elle fait de nombreux détours.
A mon regard
S'offre au hasard
La Simonière; ensuite Beauregard,
Oui j'aime la rivière
Et Villeneuve autour.
Auprès doit être une carrière,
Car quelle blancheur tout autour!
C'est de Pontblossier la marnière,
Fécondant les terres d'alentour.
Dans ce hameau,
Sur un coteau
Des maréchaux résonne le marteau
Que j'aime sa carrière
Et ses marnes autour.
Là le château de la Bulière
Le plus gracieux des séjours,
Où sont les arbres de la rivière
Me paraît ralentir son cours.
C'est un plaisir
De parcourir
Ses prés, ses bois, quand on a le loisir,
Que j'aime la Bulière
Et les bois alentour.
De ce côté quelques bruyères
Sur les Loges, Haies, tour à tour,
Malnoue et ses humides terres
Et la Thiellerie à son tour,
Tout le vallon
Est assez bon;
Et du Plessis dans la belle saison
J'aime la Perronnière,
La digitale autour.
Un regard sur la Goulardière,
Car au nord de nouveau je cours:
Là, Villemesle et la Goispière,
Boisgasson, Langey je parcours
Puis Courtalain
Saint-Pellerin
Arrou, Droué, Le Gault, Plessis-Dorin.
Que j'aime sa bruyère
Et le pays d'autour
Que vois-je aux extrêmes frontières?
Ici, de Châteaudun la tour,
De Chartres les flèches altières,
Mortagne, Orléans à leur tour.
De tous côtés
Que de cités
Viennent s'offrir à mes yeux enchantés
Que j'aime sa bruyère
Et son clocher à jour.
Si je dois un jour pour la guerre
Quitter ce pays, mes amours,
Mes parents, mon humble chaumière,
Et partir au son du tambour;
En bon soldat,
Avec éclat
Après avoir soutenu le combat,
Il me faut ma bruyère
Et mon clocher à jour.
(Fin).
Extrait du « Semeur », journal paroissial de Droué (L & C)
Année 1931.
Saisie : Christian LEGER
Dernière modification : 15 Novembre 2012