Gabriel Olivier BENOIST-DUMAS
Baptisé le 3 juin 1707 à Paris, Saint-Eustache, il est fils de Pierre (1668-1708), originaire de Bayonne, d'abord marchand à Lyon, puis bourgeois de Paris, enfin commis des fermes à Orléans, et de sa maîtresse Marie Philippe (1669-1751), qu'il épousa en 1703.
Ecuyer, conseiller au conseil de l'Ile de Bourbon de 1727 à 1741 ; gouverneur de Pondichéry à partir de 1741 où il amasse une fortune considérable ; secrétaire du roi, maison et couronne de France en 1742 (sa dot de 100.000 livres l'aida à payer son office) ; le 21 mai 1744, il devient receveur générale des finances (jusqu'en 1777) de la généralité d'Orléans, moyennant 697.400 livres, puis à Alençon.
Son frère Pierre Benoist [élevé par Pierre Dulivier, négociant, directeur de la Compagnie des Indes (mort en 1722), directeur de la Compagnie des Indes, qui l'emmena avec lui aux Indes en 1712], gouverneur de Pondichéry de 1737 à 1741, directeur de la Compagnie des Indes en 1743, chevalier de Saint-Michel, anobli par lettres patentes en 1737, mort en 1746 sans postérité, lui lègue une fortune considérable.
Après le décès de sa mère en 1751, puis ceux de sa femme, de sa fille mariée au receveur des finances Montbuclou, et de son fils encore mineur, ses biens augmentent dans des proportions inespérées, lui permettant d'acheter tout ce qui se vend. La noblesse du pays, plus ou moins ruinée, trouve en Dumas un capitaliste qui paye. Quant à lui, il est heureux de se proclamer seigneur de tout lieux. En 1769, il achète le château de Villequoy (commune de Montainville) et la seigneurie de Meigneville (commune de Montharville). En 1773, il devient propriétaire de la seigneurie de la Berthaudière-au-Gault (fief, commune du Gault-en-Beauce). En 1775, il achète la baronnie de Bullou pour 300 000 livres. Enfin, le 14 juin 1775, le duc de Luynes lui vend le marquisat de Dangeau pour 554 000 livres et un mois plus tard, la seigneurie de Sonnay pour 70 000 livres.
Le sieur Dumas, devenu l'un des plus riche propriétaire de France, ne sait se faire d'amis et vit isolé au milieu de ses vastes domaines.
Il se marie en 1742 avec Angélique Elisabeth Tartarin, décédée en 1763, fille de Pierre, écuyer, conseiller, avocat général de la Reine, contrôleur des restes et bons d'Etat du Conseil, et Anne Elisabeth Louise Orry, dont :
1. N.. ou Ne.., mort(e) jeune,
2. Marie Elisabeth (1743-1762), mariée en 1762 avec Jean Daniel Marquet de Montbreton, comte de Montbreton, né en 1724, maître d'hôtel du roi, receveur général des finances à Grenoble et à Rouen, administrateur des Postes de 1786 à 1791, mort sans postérité,
3. Pierre Gabriel, mort mineur en 1760.
Il se remarie le 8 juin 1764 avec Françoise Adrienne Puissant, décédée sans postérité en 1776, fille d'Adrien Jacques, écuyer, sieur du Gras, puis seigneur de Saint-Servan, conseiller-secrétaire du roi, maison et couronne de France et de ses finances, l'un des fermiers généraux de Sa Majesté de 1757 à 1783, et de Marie Jeanne Sara Offarel.
Il meurt le 19 mai 1777, dans son hôtel de la rue Neuve des Capucins à Paris. Prétendu bâtard d'après une rumeur qu'il n'a jamais démentie, la chambre des Domaines prend possession de tous ses biens, au nom du roi, le 21 mai 1777.
Le seigneur Jérôme Pélagie de Masson, comte de Meslay, et Charles Louis de Paule de Barentin, son beau-frère, premier président à la cour des Comptes, intentent un procès. A l'audience, l'acte de baptême de Dumas daté du 3 juin 1707 est produit. Le Roi perd son procès et, le 24 avril 1780, comme le veut l'usage, la Chambre des Domaines rend un arrêt qui envoie en possession chacun des seigneurs dominants pour ce qui lui revient, faute d'héritier naturel.
Par droit de déshérence, le domaine de Dangeau tombe entre les mains de dame Charlotte Madeleine Boutin, vicomtesse de Montboissier, première baronne doyenne du Perche-Gouët, dame marquise d'Alluyes.
Saisie : Patrick POIRIER
Dernière modification : 5 Mai 2025