Histoire des communes - Fiche personnalité

Personnalité

  • Louis I de COURCILLON

  • Décès : 1592

  • Profession : seigneur de Dangeau, de la Motte, de Diziers, de Bréviande et de Boutonvilliers.

  • 1 conjoint

  • 4 activités


Louis I de COURCILLON

En 1551, Louis I de Courcillon, seigneur de Dangeau, de la Motte, de Diziers (près Suèvres en Blésois [Dictionnaire du Vendômois, R. de Saint-Venant, tome 1, p 384), de Bréviande (commune de Romilly (Vendômois). Ancienne métairie contenant 40 arpents de terre avec un étang aujourd'hui à sec [Dictionnaire du Vendômois, R. de Saint-Venant, tome 1, p 240]) et de Boutonvilliers (par son mariage) est homme d'armes sous la charge du duc d'Aumale.

Avec Louis de Courcillon, nous entrons dans une époque si troublée que Dangeau et son seigneur ne devaient pas rester étrangers aux évènements qui ensanglantèrent la France et le pays chartrain pendant le règne des derniers Valois. Il fonde l'église réformée de Dangeau en 1563, de nombreux nobles de la province embrassent alors la religion réformée.

En avril ou mai 1580, devant Barthélémy Guichelin, notaire ou tabellion à Châteaudun a lieu le "paiement de 400 écus à Louis de Courcillon, seigneur de Dangeau, en 426 testons, 30 demi-testons, 206 francs de 20 solz pièce, 77 ducatz milleretz, 14 ducatz et un demy Henryz, 15 doubles ducatz à deux testes, 62 pistolletz, 52 réalles de 10 solz pièce, 72 réalles de 5 solz pièce, 22 quartz d'escu et ung demi-quart d'escu" [Notaires et tabellions. Merlet, tome II, page 388].

En octobre 1585, il est sûrement parmi les soldats du roi de Navarre quand le bourg de Dangeau est traversé par des troupes catholiques qui, évidemment, ne respectent pas la maison du gentilhomme huguenot ; la demeure de Louis de Courcillon est pillée.

En 1586, il combat aux côtés de Sully au siège de Fontenay le Comte, puis suit l'armée du béarnais dans sa marche sur Tours et le pays chartrain. Le roi de Navarre le charge de soulever le pays et de préparer, par de nouvelles recrues, les opérations de l'armée calviniste.

Le futur Henri IV entre dans le Perche-Gouët en 1589 et se rend maître de Brou, qu'il pille entièrement. Illiers, Courville et Châteaudun subissent le même sort . Un certain sieur de Bréchainville, gentilhomme des environs d'Illiers, et qui a défendu Brou lors de sa prise, revient à Illiers, où la Chauverie commande pour le roi. La place se rend aussitôt, seul le château résiste et Bréchainville en fait le siège. Ses défenseurs demandent des secours au sieur de Béthune, gouverneur de Nogent le Rotrou qui, à son tour, en réclame à Monsieur de la Frette. Pendant ce temps, un gentilhomme du pays nommé des Champs, alors prisonnier dans le château, s'échappe grâce à la connivence de quelques soldats. Il se rend alors maître de la place et s'adresse aux catholiques de Chartres pour avoir des troupes. Un échevin, Claude Suireau, part avec 1200 hommes. Messieurs de la Frette et de Béthune arrivent à leur tour et forcent des Champs à abandonner le château que Bréchainville reprend ! Ce dernier en retire l'artillerie et inquiète l'armée royaliste sur Bonneval, mais il finit par se faire tuer dans une de ces sorties.

C'est alors que le roi de Navarre envoie Louis de Courcillon reprendre Illiers en 1589. Il n'eut que peu de mal à se rendre maître des lieux :

" ...Illiers fut incontinent repris par Louis de Courcillon, seigneur de Dangeau, gentilhomme huguenot, par la trahison de Carrières qui le luy vendit "... [Collection Gaignières. SAEL tome V, p 402].

La place, passée des mains de la Ligue à celles des partisans du Roi de Navarre puis celles des catholiques, avait beaucoup souffert.

Le pays est en feu, les combats se succèdent rapidement et l'armée calviniste se rapproche de Chartres qui tient toujours pour la Ligue. Le siège de cette ville est très important dans les projets du roi de Navarre et sa prise doit être très rapide.

Le 15 septembre 1590, le cardinal de Bourbon écrit au sieur de Dangeau...l'engageant à assembler, en toute diligence, le plus de forces possibles et de s'armer pour empêcher les desseins de la Châtre, au cas où il aurait voulu assiéger Janville, importante place pour les passages, en cela, il ferait grand service à Sa Majesté.

Dangeau, avec les paroisses de la Loupe et de Favières, entièrement dévouées à la Réforme, est un des principaux points de concentration des calvinistes. Chartres tombe aux mains des huguenots et Henri IV avance à grand pas vers le trône.

Hélas, Louis de Courcillon meurt peu de temps après, en 1591 ou 1592, tué par la Hette à Bourgueil, près de Chinon, après avoir reçu, en récompense de ses bons services, le cordon de chevalier des ordres du Roi.

Il s'était marié le 19 mai 1549 avec Jacqueline de Saintray, fille unique de noble homme Jacques de Saintray, écuyer, seigneur de Diziers et de Bréviande, et de Marguerite de Chasteau-Chaslong, dame de Bazoches-sur-le-Betz et Saint-Loup de Gonors (communes du Loiret, canton de Courtenay), la Ravallerie et autres lieux [Bulletin de la Société Archéologique du Vendômois, tome XXVII, 1886, article Lavardin, p 196], dont :

1. Jacques II, seigneur suivant,
2. Anne, dame de Bréviande (1603), mariée le 16 juillet 1575 à Agesilas du Plessis-Liancourt, chevalier, seigneur de la Perrine [château à Saint-Christophe, près Châteaudun], de Savonnières, d'Aulnay et d'Ouschmaps, décédé avant juin 1590, fils aîné et principal héritier de Jean et de Renée de Téligny. Il sert le Roi Henri IV dans toutes ses guerres. Après la bataille d'Arques en 1589, il est envoyé comme ambassadeur en Angleterre avec son beau-frère Jacques de Courcillon,
3. Renée, mariée à Philippe de Cannaye, né à Paris en 1551, seigneur du Fresnes et de Montereau, inhumé à Fresnes en 1610. Son père Jacques, célèbre avocat, le fit élever avec beaucoup de soin ; dès l'âge de 15 ans, Philippe, qui s'était déclaré pour le calvinisme, entreprit de voyager en Allemagne, en Italie et à Constantinople. Il publia la relation de ce dernier voyage sous le nom d'Ephémérides, et à son retour en France, il entra au Parlement de Paris, où il se fit estimer. Il eut une charge de conseiller d'état sous Henri III et Henri IV. Ce dernier l'envoya ambassadeur en Angleterre, en Allemagne, puis à Venise. En 1594, il est nommé président de la chambre mi-partie de Castres. Il fut un des juges de la célèbre conférence qui se fit en 1600 à Fontainebleau entre le cardinal du Perron et Duplessis-Mornay, il fut un de ceux qui profitèrent du succès de cette conférence car il se fit catholique : le pape Clément VIII lui en témoigna sa joie par une lettre obligeante. L'année suivante, le roi l'envoya à Venise en qualité d'ambassadeur et il eut le bonheur de contribuer à terminer les différents de cette république et du pape Paul V qui lui en marqua sa reconnaissance. Il revint ensuite en France où il mourut le 27 février 1610 [Moreri, tome II, 1725, page 78],
4. Marie, dame des Bardillières [Entre 1594 et 1598, Marthe et Elisabeth de Beaumanoir portent foi et hommage à Marie de Courcillon, femme de Joachim de Fromentières, seigneur de Montigny, pour la seigneurie de Langey [AD28 E3697], mariée avec le sieur du Cimier qui, après 14 mois d'absence, tua à son retour en 1578 son propre frère qui avait abusé de Marie, son épouse, et l'avait mise enceinte ; remariée le 7 janvier 1594 avec Joachim (alias Jonathan) de Fromentières, seigneur de Meslay (canton de Vendôme) et de Montigny-le-Ganelon en partie, fils aîné de René, d'abord seigneur de Faye, puis de Meslay, la Grapperie, Chatel de Lisle, et de Anne de Renty.


Saisie : Patrick POIRIER

Dernière modification : 19 Octobre 2007