Histoire des communes - Fiche personnalité

Personnalité

  • Louis Arsène MEUNIER

  • Naissance : 1801

  • Décès : 1857

  • Profession : Instituteur

  • 1 conjoint

  • 1 activité


Louis Arsène MEUNIER

Louis Arsène MEUNIER naquit à Nogent-le-Rotrou de parents pauvres et obligés d'aller, pendant l'hiver, mendier leur pain dans les fermes des environs de Nogent et parfois à des distances éloignées.

Le jeune Arsène fréquenta l'école des Frères, qui était gratuite, mais il la quitta à la suite d'une punition qu'il assurait ne pas avoir à subir. Alors, on le retrouve apprenti étaminier, mendiant, page chez Me Courtin de Torsay, puis secrétaire chez le marquis de Savary, au château de la Chenelière, enfin instituteur itinérant à Dancé, à l'âge de 15 ans et demi. Ce ne sont pas les élèves qui viennent à l'école du maître, mais le maître qui va de fermes en fermes apporter et distribuer son savoir à ces enfants de cultivateurs qui sont obligés de rester à la ferme pour y apporter le concours de leurs jeunes bras. Nous le trouvons successivement dans les fermes de la Chesnaie et de la Renardière, de la Spazière, de la Robertière, etc... sur les communes de Masles, Dancé, Saint-Hilaire-sur-Erre et Berd'huis. Il gagne 4 sous par jour, nourri et couché dans les étables. Cette existence de nomade altère sa santé et il est obligé de passer de temps en temps à l'hôpital.

En 1818, il est instituteur à Berd'Huis. Il a des démêlés avec le curé de Dancé et doit quitter le bourg. En 1820, Arsène Meunier ouvre une école primaire à Nogent où il y avait déjà six établissements pour l'instruction des garçons ; mais le renommée dont il jouissait eut d'heureux résultats et son école devint très prospère, ce qui lui attira des démêlés avec les Frères. En 1823, Meunier est maître de pension à Nogent. En plus de cette occupation, cet instituteur né, toujours prêt à diffuser son savoir, organise des réunions d'instituteurs qui sont fort intéressantes pour tous et qui seront suivies régulièrement, (ayant refusé une place d'instituteur à Authon).

Passons sur les élections de 1807 où Arsène Meunier fit de le propagande pour le parti du Concordat et de la Révolution contre celui de l'ancien régime. Notre instituteur fait la connaissance de l'Abbé Beulé avec lequel il eut quelques démêlés, ce qui ne l'empêcha pas d'ouvrir une école, sous le contrôle du Comité cantonal.

Lors de la mission, prêchée, en 1829, Arsène Meunier fut l'objet de critiques du fait qu'il ne participait pas ou peu aux réunions organisées dans les paroisses. Une école mutuelle ayant été annexée au Collège, Meunier allait avoir un concurrent sérieux, car le futur directeur de l'enseignement mutuel serait un Parisien fort capable. Arsène Meunier alla suivre des cours à Paris, avant d'ouvrir son école qui allait compter 65 élèves dont la plupart avaient de 14 à 16 ans. Tout allait bien et notre instituteur organise des réunions qui regroupaient la plupart des enseignants des environs ; si bien qu'une "Annale des instituteurs" du Perche fut créée en 1831. Mais le Ministère, quelque peu inquiet de la manière dont Meunier dirigeait cette association, demanda au Maire, M. Silvy, de bien vouloir faire examiner par le Comité Central, la marche de cette association.

Ayant appris qu'un concours été ouvert pour le poste de directeur de l'Ecole Normale de l'Eure, Meunier se mit sur les rangs et se présenta aux huit séances. La réussite fut complète et, en décembre 1832, Meunier arriva à Evreux où il avait à inspecter 11 cantons, 263 communes et 200 écoles. S'il eut le plaisir de visite de bonnes écoles, il eut aussi la peine d'en voir de bien tristes, surpeuplées d'enfants d'âge différent auxquels un seul maître devait veiller à tout. Meunier rédigea un rapport très complet sur ce qu'il avait vu et qui comprenait 30 chapitres. En 1845, il crée "l'Echo des Instituteurs" lequel lui valut les félicitations de Béranger. Tenté par la politique, Meunier échoua aux Elections Législatives dans l'Eure, à Paris et en Eure-et-Loir. Il fut également mis en prison plusieurs fois à cause de ses idées politiques assez avancées pour son époque.

Il fut exilé à Anvers et mourut en 1857, à Evreux, où il était revenu.

Source : Horizons, article de Rémy Fauquet


Saisie : Christiane BIDAULT

Dernière modification : 5 Février 2014