Louis Philippe Flavien THEUREOrdonné en 1860, chanoine honoraire le 24/06/1893. Le curé à Loigny le 02/12/1870.Il fait entrer dans son presbytère six octogénaires abandonnés dans le village. Il grimpe à deux fois successives, au milieu d'une pluie de balles, pour attacher en haut de son clocher un drapeau de la Croix-Rouge qu'il a fabriqué lui-même avec une serviette et deux morceaux de drap. A 3 heures 1/2, une femme vient le chercher pour sauver trente et quelques habitants enfermés dans la cave d'une maison incendiée, où l'asphyxie les menace. La rue est pleine d'allemands ; on se bat partout. C'est en passant littéralement sous le ventre des chevaux que le curé arrive à la maison ; il fait sortir du milieu des flammes tous les réfugiés, qu'on laisse passer sur son attestation qu'il n'y a pas parmi eux de soldats. En rentrant à la cure, où déjà blessés et mourants réclament son assistance, il trouve un cavalier allemand qui, une torche de paille à la main, va mettre le feu à une ferme où sont 300 blessés. Il se jette à la bride du cheval, arrête le soldat, et, en parlementant avec un offivier, évite le désastre. Le lendemain, il va chercher dans un village voisin des vivres et des secours. Son presbytère et son église renferment deux milles blessés ; c'est là que M. le docteur Dujardin Beaumetz, va établir son centre d'opérations. La guerre finie il entreprend de faire réédifier les maisons du bourg ; une dizaine seulement restent de l'ancien village : parmi elles, l'auberge de Saint-Jacques, où l'on voit, dans le mur, une croix faite avec des douilles de cartouches allemandes. Le curé a pris note de toutes les réquisitions, cela lui permettra de faire rembourser à la commune 7000 Frs. Puis il conçoit l'idée grandiose de faire rebâtir son église, d'y réunir dans un ossuaire tous ceux qui sont tombés pour la patrie dans ce jour de gloire. Source : La Voix de Notre-Dame de Chartres Saisie : Christiane BIDAULT Dernière modification : 20 Septembre 2009 |