Jacques Louis BARDETLavenay par Jacques Louis BARDET, prêtreA la fin de registre des années 1668 à 1700 Jacques Louis Bardet a relaté l'histoire de la commune. J'ai réparti cette histoire entre tous les personnages cités, en laissant à la fiche ce curé la portion plus personnelle. LavenayCet ecclésiastique qui a succédé à Me Drouin au mois de mars 1809, est né à Troo le 28 août 1762 et a été ordonné prêtre par dispense le 26 septembre 1788. Il a passé le temps de la révolution dans la bonne ville d'Orléans qui fut le refuge des prêtres non assermentés. De 1809 au commencement de 1814 la conscription a enlevé nombre de jeunes gens que la guerre a dévorés, quelques uns ont survécu et sont rentrés dans leurs foyers. Les évènement du mois de mars 1814 qui ont fait remonter sur le trône de France sa majesté le roi Louis XVIII, dit le désiré, furent connus à Lavenay le lundi de Pâques 11 avril. Mr le Marquis de la Rochebousseau, maire, assista à la grand'messe avec l'écharpe blanche, on chanta le domine salvum fac regem, le soir il y eut un feu de joye sur les Bournais. L'allégresse fut générale et les cris de "vive le roi" furent longtemps répétés. Le 29 juin, jour de la fête des apôtres St Pierre et St Paul, le drapeau blanc fleurdelisé fut arboré sur le clocher. Au mois de mai de la même année un détachement du 11e régiment de dragons fut cantonné dans la paroisse pendant un mois. A cette époque commença le cadastre ou arpentage par Mr de Lambert, géomètre de première classe, et Mr Isidore de Lambert son frère. Ces messieurs sont aujourd'hui lieutenants dans la légion d'Ile et Vilaine. Le cadastre a été terminé par Mr Delachaulme. Le 28 septembre 1814 le service d'expiation pour le roi Louis XVI, la reine Marie Antoinette son épouse, le roi Louis XVII leur fils, Madame Elisabeth de France et Mgr le Duc d'Enghein, fut célébré dans l'église de Lavenay. Mr le Marquis et Mme la Marquise de la Rochebousseau y assistaient, ainsi que Messieurs Lorier curé de la Chapelle-Gaugain, Mirault curé de Sougé, Lhomme curé d'Artins, Houdayé curé de Bessé et l'abbé Prévot, prêtre habitué de Ruillé. Mr le curé d'Artins officia et Mr le curé de Bessé prononça l'oraison funèbre. Les habitants en grand nombre assistèrent aussi à cette lugubre cérémonie. Messieurs le Marquis de la Rochebousseau, ses enfants, Jacques Louis Bardet et Jean Bourre-Barbot, marchand dans le bourg et sergent de la garde nationale, ont été authorisés par brevets signés de Mr le grand maître des cérémonies de France à porter la décoration du lys. Cette décoration consiste dans une fleur de lys en argent surmontée d'une couronne royale. On la porte à la boutonnière, suspendue à un ruban blanc moiré. Les habitants furent sensiblement affectés à la nouvelle de la malheureuse révolution du mois de mars 1815, ce fut le mercredi saint 22 mars que l'on apprit l'entrée de l'usurpateur à Paris. Pendant les cent jours la paroisse a été tranquille. Dans le nuit du jour de la Pentecôte on afficha à la porte de l'église une proclamation du roi, manuscrite. Cette affaire n'eut aucune suite fâcheuse. A la rentrée du roi dans sa capitale, le 7 juillet, Mr le Marquis et Mme la Marquise de la Rochebousseau firent un feu de joye dans le pati des pères entre le château de la Flotte et les camaldules. Un grand nombre des habitants des paroisses voisinent et la presque universalité de ceux de cette paroisse s'y rendirent. La joye était peinte sur tous les visages. Le lundi 31 juillet 1815 il arriva à Lavenay un détachement du train d'artillerie de l'armée Prussienne qui coucha. Le lendemain il fut remplacé par un détachement de chasseurs à cheval qui passat la nuit et partit le mercredi matin. Mr le Marquis de la Rochebousseau atteste que ces troupes se sont aussi bien conduites que peuvent le faire des troupes en pays étranger. Les fournitures pour la nourriture, les hommes et les chevaux des deux détachements, celles envoyées à Château-du-Loir, à Parigné-l'Evêque et Montfort, montant à la somme de 1473 F ont été payées à deux fois. Le dernier remboursement à eu lieu au commencement de cette année (1818) Pendant l'année désastreuse de 1816, il se trouva des grains de passable qualité, la récolte des vignes fut à peu près nulle pour la quantité et la qualité (dans plus d'un arpent de vignes j'ai fait quatre vingt pintes de vin qui n'était pas potable). Le jeudi 5 juin 1817 la chute des grains occasionna un mouvement au marché de la Chartre, aucun habitant de Lavenay n'y parut. Les vendanges de 1817 ont été plus abondantes que celles de l'année précédente, mais la qualité du vin était bien médiocre. Les trèfles ont offerts un faible dédommagement aux cultivateurs, ils se sont vendus au delà de 80 F le cent Le 4 septembre 1820 commencement de l'expertise des biens de la paroisse pour terminer l'opération du cadastre. Le lundi 30 octobre 1820 vendanges, elles ont été peu abondantes, le vin de médiocre qualité. Le jour de l'ascension, 31 mai 1821, Mr le Comte de Fougères, sous-préfet de Saint-Calais qui avait couché au château de la Flotte a assisté à la messe paroissiale. Le maire et les adjoints en écharpes sont allés avec la garde nationale le chercher au château, et après la messe l'ont conduit jusqu'à la route. Le dimanche 17 mars 1822 le roi, les princes et princesses de la famille royale ont signé le contrat de mariage de Mr le Comte Antoine Albert de la Rochebousseau avec Mme Georgine Thérèse Amable de Milanges. Ce jeune seigneur qui avait été nommé aide des cérémonies de France par ordonnance du roi du 22 février dernier a reçu le bénédiction nuptiale de Mr l'abbé Desjardins vicaire général du diocèse de Paris, le 19 mars, dans la chapelle de Boisloup près Gisors. Le samedi 27 avril 1822 Mr le Comte et Mme la Comtesse Delarochebousseau sont arrivés au château de la Flotte. Le lendemain, à l'issue des vêpres, la presque totalité des habitants se sont rendus au château et ont fait leurs compliments aux jeunes époux. Dans le courant de janvier Mr le Marquis Delarochebousseau qui était officier dans le second régiment de hussards, est entré dans les chasseurs de la garde royale. Le 7 août 1822 est décédé au château de la Flotte Madame Jeanne Amélie Blondel d'Azincourt, veuve de Mr le Comte de Bavière-Grosberg, maréchal des camps et armées du roi. Cette dame était née à Paris le 29 août 1753, elle était mère de Mme la Marquise Delarochebousseau. MM les curés de Sougé, Couture, Poncé et la Chapelle-Gaugain ont assisté à la sépulture et au service. Le 21 août je suis allé visiter le magnifique château de Chambord. J'étais avec la femme Henri Brindeau, Pierre et Françoise ses enfants. La fille a chanté une chanson composée à l'occasion de la naissance de son altesse royale, Monseigneur le Duc de Bordeaux, à qui ce château appartient. Le mardi 27 août j'ai bu au château de la Flotte du vin rouge nouveau. Le vin a été d'excellente qualité, supérieur à 1919. Le 16 septembre 1824 à quatre heures du matin est décédé au château des Thuilleries sa majesté le roi Louis XVIII et le même jour Charles Philippe comte d'Artois, Monsieur frère du roi, a pris les rênes de gouvernement sous le nom de Charles X Le journal de Jacques Louis Bardet se termine à cette date. Source : Registres Paroissiaux Saisie : Christiane BIDAULT Dernière modification : 2 Octobre 2007 |