Louis Paul Adrien HAREL
La vie de Paul HAREL
Propos recueillis auprès de Mme BEAUCHENE, ancienne institutrice de La Gonfrière, qui s'est passionnée pour ce poète originaire d'Echauffour.
Louis, Paul, Adrien HAREL est né à Echauffour, le 18 mai 1854.
Son père Etienne, Hippolyte HAREL (° 08/09/1801 à Heugon - + 24/01/1865 à Echauffour) était avocat à Vimoutiers (61).
Sa mère Hortense, Emilie GERARD (° 01/02/1822 à Echauffour - + 06/01/1915 à Echauffour) était la fille des fondateurs de l'auberge.
Son grand-père paternel, Jean, François HAREL (° 14/11/1772 à Heugon - + 16/08/1808 à Heugon) marié à Marie, Angélique SELLOT (°20/06/1778 Le Sap André + 02/08/1842 Heugon) était meunier à Heugon (61).
Son grand-père maternel, Louis, François, Auguste GERARD (° 07/11/1791 à Echauffour -+ 18/05/1853 à Echauffour) marié le 27/02/1813 à Echauffour, à Hortense GIBORY (° 28/02/1792 à Echauffour - +17/03/1875 à Echauffour) est le fondateur de l'auberge en 1822 de l'enseigne «Le-Grand-Saint-André ».
Paul a eu un frère Auguste et une soeur Hortense.
Il est le petit dernier, aimé et admiré de tous.
Il est gai, intelligent, sensible... Il n'aime guère l'école, il préfère passer des heures délicieuses à observer l'église, les bords des étangs, les animaux... au grand désespoir de sa mère qui disait : « Jamais, il n'apprendra rien ! »
Il fut mis à l'école du village, mais ses « attitudes vagabondes et rêveuses » incitèrent ses parents à le diriger ailleurs.
Le Collège de Mamers
Il fut demi-pensionnaire à ce collège pendant l'année scolaire 1864-1865.
Le Collège de Rémalard
Il fut pensionnaire à Rémalard deux ans (1865-66 - 1866-67). « Pendant deux ans, M. LOUVEL me terrorisa. Il m'en voulait à cause des mathématiques, mes rêveries l'irritaient... ».
1867-1868 :
Il étudia le latin chez le curé de Montreuil-le-Giroie (Montreuil-l'Argillé), ses parents auraient aimé qu'il soit pharmacien...
Ses goûts pour la poésie s'affirmèrent.
1868-1870 :
Il fut envoyé à Nogent-Le-Rotrou chez M. GOUVERNEUR, homme politique, historien local et imprimeur de l'école des Chartes.
Il faisait du journalisme en cachette et écrivait des articles dans le « Nogentais » sans signature.
A seize ans, il avait trouvé sa voie : ÉCRIRE.
1872-1873 :
Il accomplit son volontariat d'un an dans la région parisienne. Il écrivait des poèmes et participait à des concours poétiques, qui lui valurent de nombreuses récompenses.
A partir de 1873 :
Il prit des cours de littérature (surtout par correspondance) avec Gustave LE VAVASSEUR, qui dominait le groupe des Poètes ornais.
En 1877 :
Il épousa Louise, Célimène FLEURY, le 26/09/1877 à Echauffour, et tint, pendant 12 ans, aidé de sa mère et de sa femme, l'auberge renommée : « Saint André - Harel - Fleury ». Il continuait d'écrire pour son loisir.
En 1887 :
Il est couronné en tant que Lauréat par l'Académie Française pour une de ses ?uvres Aux Champs.
En 1890 :
L'auberge ferme.
1890-1893 :
Il vit de ses fermages et se fait placier en vin. Il a une bonne clientèle, et il rencontre le directeur de l'oeuvre de Montligeon, qui lui propose la direction du Journal « La Quinzaine ».
1893-1895 :
Il passe deux années à Paris, comme directeur de « La Quinzaine ».
Il fait de nombreuses rencontres avec les grands écrivains de l'époque, ses écrits poétiques évoluent.
1895.... :
Il est de retour dans son cher Echauffour. Il consacre son temps à sa famille, ses amis et ses écrits.
Il eut 5 enfants : Thérèse (°02/06/1882 à Echauffour - + 02/11/1968 à Echauffour), Germaine (°26/03/1886 à Echauffour - + 18/03/1941 à Echauffour), Jean (°29/08/1890 à Echauffour - +05/02/1949 à Le Mans) et les jumeaux (°24/10/1891 à Echauffour) : Rémy (+ 21/05/1965 à Lisieux) et André (+ 30/03/1967 à Gacé).
1914 :
Le départ des jumeaux à la guerre.
1915 :
La mort de sa chère maman, Hortense, Emilie GERARD.
1917 :
La mort de sa femme, Louise, Célimène FLEURY.
1918 :
Il épouse Marie COTREL, une amie de toujours. Il vit depuis quelque temps dans une petite maison, près de l'auberge, sur la route du Merlerault. La maladie s'installe, il doit suivre un régime sévère ; « Tâchant d'expier ma longue gourmandise, je m'habitue à l'eau claire ».
1927 :
Il meurt à Echauffour, dans son lit, d'une embolie, le 6 mars à 10 h du soir.
La presse locale et nationale a rendu hommage à ce poète ornais.
Dernier v?u
Extrait des « Poèmes à la gloire du Christ » (1928)
Je demande une mort discrète à ce village,
Puis le silence, après mon arrière-saison,
Quand on m'aura porté de ma vieille maison
Jusqu'au lieu du repos, devant un noir feuillage.
Loin de me rendre ici quelque vain témoignage,
Amis qui me viendrez, dites une oraison :
Les vents de la forêt massée à l'horizon,
Iront l'unir au vol des Esprits en voyage.
Mon Dieu, voici le soir ; plus personne à genoux.
La dernière, il est vrai, ma compagne aux yeux doux
S'en va ; son pas faiblit et sa forme succombe.
L'ombre des nuits défait la lueur des couchants ;
Un voile symbolique enveloppe la tombe
Du poète sans gloire, endormi sous les champs.
A l'ancienne auberge
Extrait de « Devant les morts (1918)
Hélas ! vieille maison, c'est vrai tout doit finir.
Si la pierre du seuil n'est point encore usée,
Si le petit carreau s'obstine à la croisée,
De ton enseigne d'or s'en va le souvenir.
Seuls, les bons mendiants veulent bien revenir.
Au loin, ta clientèle est toute dispersée,
Est-il sûr que ton « home » éveille une pensée
De halte et de festins dans un proche avenir ?
Pourtant, les miens, servant le Roy, traitant la Ligue,
Des jours de haulte graisse aimèrent la fatigue.
Ils ont, des siècle en siècle, amassé quelque bien.
Je n'ai peut-être pas fait comme eux, mais qu'importe !
Je sais, chère maison, quel trésor est le tien :
L'ombre des gueux qui semble éternelle à ta porte.
Source : Archives personnelles
Saisie : Nathalie VAUDRON
Dernière modification : 19 Mars 2018