Histoire des communes - Fiche personnalité

Personnalité

  • André Joseph Alexandre François BURLOT

  • Naissance : 1897

  • Décès : 1979

  • Profession : Député, assureur

  • 1 conjoint

  • 2 activités


André Joseph Alexandre François BURLOT

 

Engagé à Rennes en 1915, André Burlot est adjudant à Fontainebleau, et deviendra lieutenant (1921) puis capitaine de réserve (1926). Il est titulaire de la Croix de Guerre (1914-1918) avec quatre citations. Démobilisé le 23 octobre 1919, il entreprend à Paris un cursus d'études supérieures. Reçu à l'Ecole polytechnique (promotion 1919), il passe une licence en droit, et, devenu ingénieur, s'oriente bientôt vers une carrière d'administration des entreprises. Le 27 novembre 1922, il épouse à Richelieu (Indre-et-Loire) Jeanne Marie Louise Radegonde Lelarge, fille d'un greffier de paix. C'est l'origine de l'implantation d'André Burlot en Touraine.

André Burlot est membre agréé, puis secrétaire général de l'Institut des actuaires français, mais occupe surtout, à partir de 1943, le poste de président-directeur général des compagnies du groupe d'assurances la Paternelle. Il est également administrateur de la Concorde, de la Prévoyance, de la Société générale des cirages français, de la Compagnie générale de construction téléphonique, de Socantar, du Crédit foncier et immobilier, de la Compagnie générale de transports en Afrique, de l'Auxiliaire des charbonnages du Tonkin, et du Ciment français.

André Burlot conduit la liste présentée par le M.R.P. dans le Loir-et-Cher, pour les élections du 2 juin 1946 à la seconde Assemblée nationale Constituante. Sa liste recueille 20 909 voix sur 125 340 suffrages exprimés, et il est élu. Il est nommé membre de la Commission des finances et du contrôle budgétaire (26 juin 1946), et participe notamment à la discussion du projet de loi relatif à l'aide de l'Etat aux catégories sociales économiquement faibles (10 et 11 septembre 1946).

A nouveau tête de liste aux élections législatives du 10 novembre 1946, il est réélu avec 20 411 voix sur 118 879 suffrages exprimés.

Très actif, André Burlot est membre de nombreuses commissions parlementaires, où l'appellent souvent ses compétences professionnelles : finances et contrôle budgétaire (1946, 1948, 1950, 1951), comptabilité (1948, 1949), réforme administrative (1947). Il est désigné par la Commission des finances pour faire partie de la sous-commission chargée de suivre et d'apprécier la gestion des entreprises industrielles nationalisées et des sociétés d'économie mixte (1950, 1951), et est en outre nommé juré à la Haute Cour de justice (1947, 1948).

Au cours de cette législature, André Burlot dépose un très grand nombre de textes : propositions de loi ou de résolution et rapports dont la majorité traitent des problèmes monétaires ou financiers, du régime des compagnies d'assurances, et du système d'imposition. Il intervient en outre très largement dans les discussions parlementaires, notamment autour de ces mêmes problèmes. Après l'élimination de la candidature de Georges Bidault, André Burlot vote, le 12 décembre 1946, pour celle de Léon Blum comme président du gouvernement provisoire de la République. Le 4 mai 1947, il se prononce pour la confiance au gouvernement de Paul Ramadier (vote à la suite duquel ce dernier se séparera de ses ministres communistes).

Le 24 juillet suivant, André Burlot intervient longuement sur la proposition de résolution tendant à la nomination d'une Commission exceptionnelle de la Réforme administrative. Les causes de la médiocre administration sont, selon lui, d'abord à rapporter à de trop fréquents changements des hommes, et à une politisation des nominations : « chaque fois que l'on change un cadre, celui-ci, qui a sa clientèle de fonctionnaires, l'amène avec lui, mais on ne remplace pas pour cela la clientèle ancienne du prédécesseur (...). La deuxième raison (...), c'est que nous-mêmes légiférons un peu trop. On ne peut qu'être étonné de l'imagination des parlementaires. Quand on considère les textes qui nous sont distribués quotidiennement, on imagine que jamais l'administration ne pourra les absorber (...) ». L'instabilité ministérielle, les crises gouvernementales et les transferts de services, enfin, sont une cause essentielle de paralysie : « on transfère les services d'un ministère à l'autre. C'est ainsi que, pendant quelques mois, le service des poudres n'a pas su de quel ministère il dépendait (...). Le Français ne sait plus où s'adresser quand il a une question à poser à l'administration (...). Il est obligé de circuler de bureau en bureau, quand ce n'est pas d'immeuble en immeuble... ».

Enfin, le 27 août 1947, il se prononce pour l'adoption du projet de loi sur le statut de l'Algérie. Dans les séances du 10 février 1948 et des jours suivants, André Burlot intervient sur la question de la dévaluation des francs coloniaux et est, le 22 juin 1948, rapporteur pour avis du projet de loi relatif au Fonds d'investissement pour le développement économique et social des territoires d'outre-mer (F.I.D.E.S.).

André Burlot est également rapporteur pour avis, le 26 août 1948, du projet de loi portant retrait du privilège d'émission de la Banque d'Indochine, et, le 21 juin 1949, il interpelle le gouvernement sur « la politique économique et financière dans les territoires d'outre-mer, et plus spécialement sur les conséquences économiques et sociales que peut avoir le développement actuel de l'inflation... ».

Le 4 janvier 1950, il s'abstient sur le projet de loi relatif aux conventions collectives puis le 29 novembre suivant, il est rapporteur du projet de loi portant réorganisation du régime d'émission à Madagascar. Le 7 mai 1951, il vote pour le projet de réforme électorale établissant le scrutin départemental de liste à un tour majoritaire et instituant le système des apparentements.

En décembre 1949, André Burlot crée le périodique La Voix du Loir-et-Cher, qui paraîtra jusqu'en 1967.

André Burlot conduit la liste d'Union des Républicains démocrates et du Mouvement républicain populaire dans le Loir-et-Cher, aux élections législatives du 17 juin 1951. Cette liste a conclu un apparentement avec la liste d'Union des indépendants, des paysans et des républicains nationaux, et avec la liste du Parti socialiste S.F.I.O. Ses engagements électoraux insistent sur l'inutilité d'un éventuel appel au Général de Gaulle « pour que toutes les difficultés soient surmontées », et sur la crainte que ne s'instaure avec lui un « régime autoritaire ».

Au niveau national, le M.R.P. est le grand vaincu des élections, perdant plus de la moitié des électeurs de 1946 mais dans son département, André Burlot rassemble sur son nom 19 376 voix sur 115 689 suffrages exprimés soit 16,7 % alors que la moyenne de sa liste n'atteint que 15,9 %. Bien qu'arrivée en quatrième position elle obtient un élu grâce au système des apparentements.

Toujours actif, il est nommé membre de la Commission des finances (1951, 1953, 1954, 1955) qui le délègue pour la représenter au sein du Comité directeur du F.I.D.E.S. (1951) ainsi qu'à la sous-commission chargée de suivre et d'apprécier la gestion des entreprises nationalisées et des sociétés d'économie mixte (1951, 1953, 1954, 1955).

Le 3 août 1951, André Burlot dépose une proposition de loi portant modification de l'organisation de la sécurité sociale. Mais, surtout, il tend de plus en plus à se spécialiser dans les questions financières relatives à la France d'Outre-mer, et est notamment à plusieurs reprises le rapporteur du budget de la France d'Outre-mer (exercices 1952, 1953-1955). Le 13 décembre 1951, André Burlot vote pour l'adoption du projet relatif au pool charbon-acier, puis, le 27 octobre 1953 pour l'ordre du jour gouvernemental déposé en conclusion des interpellations sur l'Indochine.

Il s'oppose au cessez le feu (9 mars 1954) et maintient sa confiance au gouvernement Laniel après Diên Biên Phu (13 mai ) et le 12 juin 1954 (chute de Laniel). Il s'abstient volontairement sur l'investiture de Pierre Mendès-France (17 juin) et sur les accords de Genève (23 juillet), s'oppose à l'adoption de la question préalable sur la C.E.D., ratifie les accords de Londres (12 octobre) et de Paris (29 décembre 1954) mais refuse la confiance au gouvernement le 4 février 1955 (chute de Pierre Mendès France). Il vote la confiance à Edgar Faure (23 février), l'état d'urgence en Algérie et pour le gouvernement le 29 novembre (chute d'Edgar Faure).

André Burlot conduit à nouveau la liste d'Union présentée par le Groupement des républicains démocrates et le M.R. P dans le Loir-et-Cher, aux élections du 2 janvier 1956 pour la troisième législature. Mais, avec 14 798 voix sur 125 284 suffrages il n'est pas réélu.

André Burlot était officier de la Légion d'honneur. Il est décédé à Paris le 25 avril 1979.

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1940 à 1958 (La documentation française)


Saisie : Christiane BIDAULT

Dernière modification : 17 Mai 2013