Charles François Grégoire DESGROUAS
Membre de la Convention, il était procureur de la commune de Mortagne, lorsqu'il fut élu, le 12 septembre 1792, 5e suppléant à la Convention par le département de l'Orne, à la pluralité des voix sur 554 votants. Il fut admis à siéger, dès le début de la session, en remplacement d'André, élu, mais non acceptant.
Il siégea à la Montagne, sans s'y faire remarquer, car le Moniteur ne mentionne son nom qu'à l'occasion du procès de Louis XVI. Il dit au 2e appel nominal (la sanction du peuple) : « Je dis oui! J'ajoute que qui craint les assemblées primaires doit les craindre aussi pour la sanction de la Constitution. » Au 3e appel nominal, il répondit : « La mort. »
A la première restauration, il vivait retiré à Mortagne, avec une pension de retraite de 600 fr. et 10 centimes (sic), comme ancien conservateur des hypothèques à Péronne sous l'empire, fonctions dont il avait dû se démettre pour cause de cécité.
Aux Cent-Jours, il signa l'Acte additionnel, pour ne pas perdre la pension qui était sa seule ressource.
Atteint par la loi du 12 janvier 1816, il fournit vainement un certificat médical constatant que son état physique ne lui permettait pas de s'expatrier; n'étant pas parti dans les délais fixés, il fut jeté en prison comme réfractaire; on exigea de lui 10fr. par jour pour avoir un lit; obligé d'implorer des secours de ses amis, il tomba dans un état comateux, et mourut en prison le 17 avril 1816. (Arch. Nat. F 7 6711.)
Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)
Saisie : Christiane BIDAULT
Dernière modification : 1 Mai 2013