Maurice Victor Alphonse FOUCAULTMaurice Foucault naquit le 21 janvier 1886 à Pontgouin, dans l’immeuble servant alors de mairie, d’école et de services municipaux. Son père, Victor Foucault, y cumulait les fonctions d’instituteur public et de secrétaire de mairie. Admis à l’école normal primaire de Chartres en 1901, il en sortit brillamment en 1904, et fut aussitôt installé instituteur à Pontgouin. Il n’y resta qu’un an car le jeune homme avait déjà l’attrait de la carrière des armes : le 6 octobre 1906, il s’engagea au 101è Régiment d’Infanterie et y fut nommé sergent. Renvoyé dans la disponibilité, le 19 septembre 1908, il réintégra l’enseignement primaire, et devint officier de réserve. C’est donc à Pontgouin qu’il fit la quasi-totalité de sa carrière d’instituteur, jusqu’à la déclaration de la guerre. Il se donna alors à l’Amicale des Anciens Élèves créée avec l’aide de son père, en 1908, et la transforma en une brillante société de préparation militaire, proposant sports, tir et théâtre… Cette activité lui valut une lettre de félicitations du Ministère de la Guerre louant son zèle et son dévouement. Le 3 août 1914, Maurice Foucault rejoignit, comme lieutenant, le 301è R.I. à Dreux, à la 18è compagnie, dont il eut le commandement en septembre, après avoir combattu à Spincourt (24 août), et à la Vaux-Marie, au sud de Verdun, le 7 septembre. En avril 1915, il se distingua aux Eparges, à la tête de son bataillon resté sans chef, en le réorganisant en plein combat, et en infligeant à l’ennemi de lourdes pertes. Il fut alors cité à l’ordre de la 1ère Armée et promu capitaine (mai 1915). Après la dissolution du 301è, décimé, il reçut le commandement de la 14è compagnie du 317è (juin 1915), et participa avec cette unité à l’offensive de Champagne. Il s’illustra de nouveau, comme le prouve les termes de cette citation : La Légion d’Honneur lui fut décernée le 28 novembre 1915 et remise sur le champ de bataille, puis en décembre 1915, il fut affecté à l’intérieur au centre d’Instruction de Sillé-le-Guillaume (Sarthe). Conséquence des intempéries subies dans les tranchées, il dut être hospitalisé, puis mis au repos pour sa convalescence. Passé au 267è R.I., le capitaine Foucault se distingua avec sa compagnie aux offensives de Verdun (août-septembre 1917), puis fut versé au 278è R.I. à la dissolution du 267è (septembre 1917). En 1918, il fut titularisé capitaine d’active, avec effet rétroactif au 20 septembre 1915, devint capitaine adjudant major du V/287è R.I., et s’illustra particulièrement à Castel (Somme), en mai, et lors de la prise de Belloy (Oise), le 11 juin. En septembre 1918, à l’attaque du Bois-du-Chapitre, il fit cent prisonniers, prit un canon, sept lance-bombes et plusieurs mitrailleuses. Commandant depuis juin le VI/287è R.I., il fut promu chef de bataillon le 4 octobre 1918. Maurice Foucault termina la guerre avec sept citations (dont trois à l’ordre de l’Armée), attestant sa bravoure, quatre palmes, une étoile de vermeil et deux de bronze constellant sa Croix de Guerre. De plus, Médaille commémorative, Médaille Interalliée et Croix du Combattant vinrent encore récompenser ses mérites. Il portait personnellement la fourragère aux couleurs de la Médaille Militaire, ayant pris part aux combats du 287è R.I. qui avait motivé l’attribution de cette prestigieuse décoration à ce régiment. Après la guerre, le Commandant Foucault fut mis à la disposition du Grand Quartier Général et affecté au 72è R.I. tenant garnison à Amiens, le 6 mars 1919. Affecté, sur sa demande, au 502è régiment de chars à Béziers, en 1921, puis muté au 551è régiment de chars à Chalons en 1923, il eut en 1928, le commandement du parc de la 3è brigade de chars. Nommé officier de la Légion d’Honneur, il fut affecté en juin 1932 à l’École d’application de l’infanterie et des chars, et en décembre 1935, au Centre d’instruction des chars de combat. Promu lieutenant-colonel au 511è régiment de chars à Verdun (25 juin 1936), une lettre ministérielle le félicite pour la réalisation et l’aménagement d’un matériel automobile spécial. En effet, ancien fantassin, Maurice Foucault n’oubliait pas ses anciens compagnons d’armes et prévoyait le transport des troupes au plus près de la zone de combat. Le souvenir de marches d’approche, longues parfois de 50 kilomètres, le hantait toujours. A son grand honneur, il fut le seul colonel mécanicien de l’armée française, tâche captivante et qui le passionnait profondément. Ses fonctions le mirent souvent en relation avec le colonel de Gaulle, qui élaborait alors des théories audacieuses sur la formation des grandes unités. Il commanda ensuite l’entrepôt de réserve de Gien (23 mars 1938), et fut promu colonel, le 25 octobre 1939, avec une affectation au parc des engins blindés n° 101, dépendant directement de l’inspection des chars de combat. Pendant les heures cruciales de la campagne de mai 1940, le Colonel Foucault, nommé à l’inspection générale du matériel automobile, parvint à sauver du matériel, regrouper des appareils et du personnel, les soustrayant à l’ennemi et les remettant à la disposition des combattants. Mais il subit la défaite avec amertume. Après avoir tenté de diriger, en zone sud, le centre d’instruction des aspirants, il reçut le commandement du 51è R.I. à Albi (26 août 1940), le transformant en unité d’élite. Commandant du département du Tarn (24 juin 1941), élevé au grade Général de Brigade (20 août 1941), il passa au cadre de réserve le 21 janvier 1942. C’est alors que commença son combat dans l’ombre, en liaison avec le Général Delestraint (1879-1945), héros de la Résistance, avant l’arrestation de ce dernier, et l’occupation de la zone « sud » par les forces de l’Axe. Il réussit personnellement à capturer un agent de renseignement allemand et à le livrer à la 16è région militaire qui ne cacha pas la valeur de la prise opérée. Mais dénoncé aux Allemands qui cherchaient à se venger de la perte d’un important collaborateur, il lui fallut disparaître… Sa contribution active à la Résistance ne cessa pourtant jamais complètement, et il parvint à aider un nombre incalculable de jeunes gens menacés par le Service du Travail Obligatoire. De retour à Pontgouin, son village natal, l’estime de la population le fit élire, en 1947, au Conseil Municipal, dont il ne tarda pas à devenir le conseiller le plus écouté. Malheureusement, le Général Foucault ne put donner la pleine mesure de ses qualités d’administrateur, car tenaillé par un mal implacable, il fut admis au Val-de-Grâce à Paris, où il devait décéder prématurément le 10 février 1948. Sa dépouille mortelle fut ramenée à Pontgouin pour y être inhumée au cimetière local. La municipalité prit, en 1953, une délibération pour attribuer son nom à une nouvelle rue, située entre les écoles et le stand de tir, qui fut inaugurée officiellement le 31 décembre 1961. Sources : Je tiens à remercier bien sincèrement les membres de la famille Foucault qui m’ont fort aimablement aidé à la rédaction de cette notice : Monsieur le Colonel Marcel Foucault, Monsieur le Médecin-Général Laurent Girier, et Madame Chantal Lefebvre, respectivement fils, gendre, et petite-fille du Général. Madame Lefebvre à écrit un ouvrage : « Pontgouin en Eure-et-Loir, pays de mes ancêtres » qui retrace dans le détail, la carrière prestigieuse de son aïeul. L’ouvrage de Fernand Bruel : « Le Général de Brigade Maurice Foucault » (64 pages, publié en 1965 à Chartres) a fourni d’utiles compléments. Article publié dans le Souaton n° 100, mars 2010. Ascendance de Maurice FOUCAULT0001 FOUCAULT Maurice, ° 21/01/1886 Pontgouin (28), + 10/02/1948 Paris, général de brigade, officier de Saisie : Christian LEGER Dernière modification : 17 Décembre 2010 |