Denis Toussaint LESAGEmembre de la Convention et député au conseil des Cinq-cents, né en 1758, mort à Paris le 9 juin 1796, était avocat lors de la Révolution, et devint président du tribunal de district de Chartres, puis (5 septembre 1792) député d'Eure-et-Loir à la Convention nationale, le 5e sur 9, par 202 voix (325 votants) . Il siégea parmi les modérés et prit plusieurs fois la parole dans l'assemblée dont il fut quelque temps un des secrétaires. Il demanda l'expertise des pièces déniées par Louis XVI, et, lors du procès du roi, se prononça en ces termes pour l'appel au peuple, puis pour la mort : au 2e appel nominal : « Citoyens, ne disputons point de courage, disputons de principes. Les principes et les raisons se trouvent dans la souveraineté du peuple. Je n'examine point ici si quelques-uns de nos collègues, profitant de la liberté que nous avons de manifester nos opinions, sont permis de laisser échapper quelques mots de reproche, peut-être des injures. Je n'examinerai pas non plus s'il y a de la lâcheté à dire oui plutôt que non ; je le dis en présence de ceux qui ont avancé une telle maxime, j'ai motive mon opinion sur la première question; je l'ai fait sans crainte, parce que je jugeais sans passion; j'étais convaincu, ma conscience m'a crié oui. Sur la seconde question, la ratification du peuple sera-t-elle adoptée? voici mon opinion. Nos pouvoirs sont illimités; je crois donc pouvoir exercer tout le pouvoir que le peuple m'a transmis; je crois donc avoir le droit de prononcer sur l'affaire de Louis. Mais le peuple est-il souverain ou ne l'est-il pas? Il l'est. Un décret a consacré ce principe: le peuple n'a donc pu vous transmettre sa souveraineté. Lorsque je considère que les Français sont tous dévoués au maintien du gouvernement républicain; que plusieurs communes ont déjà approuvé l'abolition de la royauté.; qu'elles ne souffriront jamais qu'on voulût leur donner un roi, et que toutes les factions qui pourraient en former l'entreprise ne pourraient s'en promettre aucun succès, je crois devoir me dispenser de voter contre la sanction; je dis oui. » Et au 3e appel nominal : « Comme ceux de nos collègues qui m'ont précédé à cette tribune, je demandais aussi 1 appel an peuple mais ne croyez pas que ce fût par l'effet d'un sentiment de crainte pour moi-même, ou par faiblesse; d'autres dangers me déterminaient. J'aurais vu avec plaisir le peuple entier associé au jugement de Louis, mais, obligé maintenant par votre décret de prononcer entre la mort et la réclusion, je condamne Louis à mort, après la conviction intime qu'il a encouru cette peine. Mais je demande que l'on examine ensuite la question du sursis. » Source : Dictionnaire des parlementaires Français 1789-1889 Saisie : Christiane BIDAULT Dernière modification : 4 Janvier 2013 |