Julien BIGOTMe Julien Bigot (un curé de choc) à Gréez-sur-RocLes dépenses engagées par Me Julien Bigot, si considérables qu’elles fussent pour l’époque, ne suffirent pas à remédier à tous les besoins, et de fréquentes contestations s’élevèrent avec M. Lefèvre d’Ivry, sieur de la Pinellière, qui prétendait « que c’était aux décimateurs et non à la fabrique de fournir l’argent. » Il fallut, au mois de juillet 1728, qu’une ordonnance épiscopale trancha la question, en autorisant le curé à engager de nouvelles dépenses ; d’où, en 1733 un second mémoire d’environ cent écus. Me Julien Bigot grâce à sa ténacité « en vint à bout peu à peu, les années suivantes ». Mais l’énergie de Me Julien Bigot ne devait pas seulement se manifester dans l’exécution de ces multiples améliorations : elle nous apparaît aussi, en 1732, dans un petit fait gros de conséquence, qui mérite d’attirer l’attention. Cette année là, le curé de Gréez avait à procéder au baptême d’une nouvelle cloche, et « certains particuliers » de sa paroisse, pour affirmer sans doute des droits douteux, y avaient fait mettre leurs armoiries par le fondeur : Me Julien Bigot n’hésite pas. Il fait impitoyablement raser ces armoiries et présenter sa cloche par deux pauvres : « le 31 janvier 1732, nous Julien Bigot, prêtre, curé de Gréez, doyen rural de la Ferté-Bernard, avons fait la bénédiction de la petite cloche de notre église, sous l’invocation de Saint-Almir, patron de la paroisse ; laquelle cloche a été présentée par deux pauvres de notre petite paroisse, pour obvier à toutes contestations et après que les inscriptions et armoiries que certains particuliers, nullement autorisés, y avaient fait sculpter par des fondeurs contre les droits des véritables seigneurs, ont été biffées et rasées. A laquelle cérémonies ont été présents : Mes René Morin, curé de Courgenard, René Neveu, vicaire de Théligny, Louis Franchet, premier marguiller et habitant de Gréez, Jean Hoyau, laboureur et second marguiller » Cinquante sept ans avant la révolution, une telle revendication des droits de l’élément ecclésiastique et populaire contre des prétentions nobiliaires, n’est assurément pas banale. La leçon était dure : elle suffirait au besoin pour témoigner de l’indomptable énergie du curé de Gréez, de son esprit d’indépendance, de sa vigueur dans la défense du droit et de la justice. Me Julien Bigot mourut le 1er février 1741, à l’âge de 68 ans. Il fut inhumé le 3 février dans le cœur de l’église de Gréez, par le curé de Courgenard. Source : http://greez.monographie.free.fr/ avec la participation de Jean Jousse et René Pigeard adhérents du CRGPG Saisie : René Raymond Jean PIGEARD Dernière modification : 30 Août 2011 |