Nicolas MARIE
AFFAIRE Maryé Curée du Mée en Dunois
L’information ouverte contre Nicolas Maryé le 27 Juin 1656 sur la plainte su Seigneur du lieu montre des griefs sérieux
violence :
En conflit avec le seigneur pour les bancs de l’église, il a insulté grossièrement ce dernier :
Incurie :
Pierre de Tarragon, écuyer, sieur de Chatoonville déclare que « depuis 4 à 5mois le curé n’a fait aucun prosne ny aucune instruction mesme pendant le caresme ninon 4 ou 5 fois. »
Ivrognerie et paillardise :
Charlotte Brissard, âgée de 22 ans, rapporte que le curé revenant ave elle charrette de Châteaudun « prins de vins disoit beaucoup de discours salles et déshonnest et lui chatouillot les genoux », etc..
Surtout ces témoignages dénoncent des fautes remontant à plusieurs années :
La veuve Bigotteau « a dict qu’il y a 7 ou 8 ans ou environ, qu’un lundy de Pasques, deffunct son mary estant à l’église avec que aultres, il fut soné la cloche par quelques habitants qui s’ennuyoient de ce que qu’on ne disoit poinr vespres, ledit Maryé survint qui demanda qui avoit sonné et que lui estant respondu par son mary qu’il n’y avoit pas grande affaire de sonner, se jetta sur don dict maru et le traisna dans ladicte église et le miste dehors ».
Louis Thoreau, laboureuer déclare qu’il y a 6 ou 7 ans « Nicolas Geray, fermier du sieur de la Motteray recevant les censifs * dudit sieur de la Motteray, ledit Geray ayant voulu faire tirer la cloche suivant la coustume ledit sieur Maryé l’entreprit de l’infurier et donna au dict Gereay un coup de pied dans le petite vente et que l’on croit que ledict coup lui a abrégé la vie pourquoy il y a eu procès devant le sieur bailly de Dunois.
Pasquier Bret, homme de bras ne l’a jamais veu faire le catéchisme depuis qu’il est curé.
La femme du tonnelier Luxereau témoigne que depuis 2 ou 3 ans en ça, ledit Maryé l’a courue plusieurs fois soit dans les champs, soit dans la mais d’elle déposante, la poursuivant à l’entour de sa table et la voulant coignoiste charnellement, etc …
En somme les habitants du Mée ont des griefs nombreux qui remontent à plusieurs années.
Il y a même eu un procès au Baillage.
Or, les visites de la période en question (1649-1656) ne nous montrent nullement Maryé comme un mauvais prêtre ; Maryé est absent lors des visites de l’archidiacre du Dunois Blaise Le Féron en 1649 et 1650. Il est présentes à celles de 1651, 1652, 1653, 1654, 1655.
Les procès-verbaux ne contienne aucune plainte contre lui pas plus que dans la période précédente (visites de 1642,1645, 1646, 1647, 1648).
Nous notons seulement qu’en 1648, les habitants réclament un vicaire.
L’année du procès, Le Féron ne visite pas Le Mée.
En 1658 il note simplement que le Curé est absent.
Par la suite Maryé reparait au Mée où il meurt en 1668
Source : Les visites pastorales dans le diocèse de Chartres pendant la première moitié du XVIIème siécle – Robert SAUZET
* L'aveu celui par lequel un vassal avoue tenir de son seigneur un bien foncier. Le terrier contient ces actes. Il est aussi appelé chartrier, ou encore papier censif.
(L'abbé BORDAS nous dit Marie)
Saisie : Michel BOUZY
Dernière modification : 10 Mars 2013