Histoire des communes - Fiche personnalité

Personnalité

  • Ernest Louis Auguste TRECUL

  • Naissance : 1879

  • Décès : 1904

  • Profession : Prêtre missionnaire

  • 1 activité


Ernest Louis Auguste TRECUL

 

Ernest Trécul naquit à la Bazoche-Gouet (28) le 9 janvier 1879, troisième des cinq enfants de Edouard Trécul et Marie Virginie Bualé, fermiers à la Borde-Cormier.

Son enfance fut celle de tous les fils de paysans dans cette partie du Perche : en hiver, il fréquentait régulièrement les classes ; dans la bonne saison, il échappait facilement à l’école obligatoire pour vaquer aux travaux de la campagne et garder les troupeaux.

Peu après avoir obtenu son certificat d’études, il manifesta son désir d’être prêtre. Sa mère, devenue veuve, lui donna son accord avec résignation. Le 23 novembre 1891, le jeune Ernest, après quelques leçons de latin prises chez l’abbé Auguste Romet, vicaire de la Bazoche, entra à la Maîtrise de la cathédrale de Chartres le 23 novembre 1891. Il y demeura quatre ans, avant de passer au Petit Séminaire de Saint-Chéron, qu’il quitta en octobre 1899 pour suivre au Grand Séminaire de Chartres le cours de philosophie.

Il fit son année de service militaire au 101ème de ligne à Dreux. Sa vocation, indécise tout d’abord, prit alors de la consistance : "Je serai moine ou chevalier, à moins que je ne devienne missionnaire", écrivait-il à un de ses anciens maîtres qui avait dirigé sa première jeunesse.

Le 5 octobre 1900, Ernest Trécul entra tonsuré au Séminaire des Missions Etrangères à Paris d’où il vint, après trois ans de retraite et d’étude, chanter sa première grand’messe à la Bazoche le jour de la Saint-Jean, 1903. C’était un mercredi ; il avait été ordonné prêtre le dimanche précédent.

Aussitôt après l’enterrement d’une de ses sœurs à Nanterre, l’abbé Trécul partit pour la Mandchourie Méridionale. Il s’embarqua à Marseille le 26 juillet 1903 avec quatorze jeunes missionnaires. Parvenu en Asie, le 5 septembre, il fut envoyé près de la frontière avec la Mongolie au poste de Ta-tsing-chang, village de 300 habitants, tous chrétiens.

Mais, à l’époque, la guerre russo-japonaise jetait le trouble dans le pays et, à la faveur du désordre, les anciens "Boxers" reconstituaient leurs bandes (ce nom avait été donné par les Anglais aux membres d’une société secrète chinoise qui, en 1900, avaient mis en danger les légations européennes).

Dans ses lettres, le Père Trécul révélait les inquiétudes que lui causant le voisinage de ces "brigands". Il affirmait ne pas craindre pour lui-même, mais pour ses chrétiens.

Le 16 octobre 1904, après son frugal repas du midi, un jeune chrétien annonçait au Père Trécul que des hommes en arme étaient dans le village et pillaient sa maison. La suite est racontée par un témoin oculaire : "Le missionnaire part ; on veut le retenir : "il n’y a rien à craindre" répond-il, et il hâte le pas. Dans la cour, un brigand poursuit un chrétien et le couche en joue ; le Père saisit le canon du fusil et détourne le coup ; le brigand appelle ses compagnons ; l’un deux tire à bout portant et la balle frappe au ventre le courageux missionnaire et transperce le corps ; il tombe sans toutefois lâcher prise encore ; six autres brigands déchargent sur lui leur fusil ; une balle lui brise deux doigts et va se perdre dans la jambe du vieux maître de langue qui lui sert de domestique et l’a suivi au péril ; cinq autres balles lui traversent la poitrine ; il s’affaisse dans les convulsions de l’agonie…Les agresseurs épouvantés de leur crime remontent à cheval et s’en vont sans donner suite à leurs desseins de meurtre et de pillage ; les brebis sont épargnées, mais le pasteur a succombé".

Le corps du Père Ernest Trécul est resté là-bas, au fond de la Mandchourie, mais les habitants de la Bazoche-Gouet n’ont pas oublié leur jeune compatriote, "tombé à 25 ans au Champ d’Honneur de l’apostolat" : dans l’église, chapelle de Saint-Gourgon, est apposée au mur une grande plaque de pierre tendre gravée en lettres rouge brique, rappelant son sacrifice.

Sources : site Internet des Missions Etrangères et "Voix de Notre Dame de Chartres", 7 janvier 1905, pp 1-9.


Saisie : Jean WAUQUIER

Dernière modification : 22 Octobre 2008