Histoire des communes - Fiche personnalité

Personnalité

  • Etienne Denis PASQUIER

  • Naissance : 1767

  • Décès : 1862

  • Profession : Ministre de la justice, préfet de police, conseiller au parlement de Paris

  • 1 conjoint

  • 2 activités


Etienne Denis PASQUIER

 

Biographie

Né à Paris, il est placé à 11 ans au collège de Juilly dirigé par des Oratoriens.

En janvier 1787 il est admis comme conseiller dans le parlement avec dispense, comme fils et petit-fils de magistrat. Il doit assister aux séances, et participer à l'instruction des affaires, mais il doit attendre d'avoir 25 ans pour que sa voix soit délibérative.

En dehors de ses activités "professionnelles", il s'intéresse au théâtre et à l'opéra, et l'été il passe ses vacances au château de Coulans.

En 1789, il assiste à la prise de la Bastille et suit tous les évènements révolutionnaires. Dans les périodes de danger il se réfugie successivement à Abbeville, Champigny et dans le village de Montgé. A cette époque son père est guillotiné. Etienne Pasquier et son épouse sont arrêtés à Amiens et emprisonnés, puis libérés quelques semaines plus tard, mais toute leur fortune a été confisquée. Deux années plus tard le château de Coulans lui est restitué, et une petite partie des terres.

Nommé maître des requêtes au Conseil d'État (11 juin 1806), baron de l'Empire (29 novembre 1808). Remarqué par hasard par Napoléon il est nommé conseiller d'État (8 février 1810) et procureur du sceau des titres.

Le 14 octobre 1810, il est nommé préfet de police à Paris en remplacement de Louis Nicolas Dubois. Il organise la gendarmerie et le corps des sapeurs-pompiers. En 1812, il ne peut empêcher le complot des généraux Malet et Lahorie, mais est berné par les conjurés. Arrêté et conduit à la prison de la Force, dont il ne sort que grâce à l'intervention du général Hulin. Malgré cet incident, il est maintenu en fonctions et sert Napoléon Ier avec zèle, sinon avec efficacité.

Avec le retour de la royauté, il démissionne de son poste le 13/05/1814 mais le roi le rappelle au conseil d'état et il est nommé à la direction des ponts et chaussées le 21/05/1814. Travaillant avec assiduité, la plupart des grandes entreprises de routes se font sous son administration.

Sans emploi pendant les cent-jours, il se retire dans son château.

Il est nommmé garde des Sceaux et ministre de l'Intérieur par intérim dans le cabinet Fouché-Talleyrand (7 juillet 1815). Dans ces importantes fonctions, il sait montrer de l'habileté et du courage pour résister aux réclamations de Blücher et de Müffling. Il prend des mesures pour éviter que la dissolution de l'armée de la Loire occasionne des troubles. Il blâme, dit-on, les excès de la réaction royaliste – la Terreur blanche, l'assassinat de Brune, les exécutions de Labédoyère et de Ney – et s'efforce de faire prévaloir des idées modérées. Il prépare l’ordonnance du 23 août 1815 qui, rapportant celle de 1814, réorganise le Conseil d'État en le rapprochant beaucoup plus du Conseil d'État napoléonien que de l’ancien Conseil du Roi que la Première Restauration avait cherché à ressusciter. Il quitte le pouvoir avec Talleyrand le 25 septembre 1815.

Nommé ministre d'État et membre du Conseil privé. Le 22 août 1815, il est élu député du grand collège de la Sarthe, et du grand collège de la Seine. Il opte pour la Seine. Il est réélu le 4 octobre 1816 et le 20 septembre 1817. Après avoir dirigé, en 1816, les travaux de la commission des créances étrangères, il est appelé, la même année, à la présidence de la Chambre des députés, qu'il conserve jusqu'à son entrée dans le ministère Richelieu en qualité de garde des sceaux, ministre de la Justice (19 janvier 1817). Il approuve la loi Laîné relative aux élections, la loi Gouvion-Saint-Cyr sur le recrutement de l'armée et la suppression des cours prévôtales. Cependant, à la suite de la nouvelle loi électorale et des élections de 1818, il se retire avec le cabinet le 18 septembre 1818.

Pasquier refuse de reprendre un portefeuille dans le ministère Dessolles-Decazes et réclame la révision de la loi électorale du 5 février 1817. Cette question divise le ministère : Decazes appuie Pasquier, mais les autres ministres, Dessolles, Gouvion-Saint-Cyr et Louis, donnent leur démission. Pasquier hérite alors du portefeuille des Affaires étrangères (19 novembre 1819) dans le cabinet remanié. Il reste ministre après l'assassinat du duc de Berry dans le nouveau ministère Richelieu. Il se signale par l'habileté avec laquelle il défend les mesures qui suspendent la liberté individuelle et la liberté de la presse et réduisent le pouvoir de suffrage : « Oui, je demande l'arbitraire, dit-il, parce que quand on sort de la légalité ce ne peut être que pour un but important, pour un grand objet à remplir. Les lois d'exception n'appartiennent qu'aux gouvernements libres et eux seuls ont le droit d'en avoir. »

Après que les élections partielles de 1821 aient consolidé la majorité ultra-royaliste, la Chambre des députés vote, lors de la discussion de l'Adresse, une phrase relative à la politique étrangère dont les sous-entendus outragent Louis XVIII, ce qui entraîne la démission du duc de Richelieu, imité par le baron Pasquier (13 décembre 1821).

Le 24 septembre précédent, ce dernier avait été nommé pair de France. Il prend sa retraite comme ministre des Affaires étrangères le 13 février 1822. À la Chambre des pairs, il se rapproche de l'opposition constitutionnelle, vote contre le droit d'aînesse, contre la loi sur le sacrilège, contre la loi de tendance, contre la conversion des rentes. Dans ses improvisations, d'une abondante facilité, il fait preuve d'une rare présence d'esprit et d'un sang-froid dédaigneux de toutes les attaques.

En 1828, il refuse d'entrer dans le ministère Martignac, et il se rallie en 1830, à Louis-Philippe. Il aurait déclaré à cette occasion : « Le serment politique est une contremarque pour rentrer au spectacle. » Nommé président de la Chambre des pairs le 3 août 1830, il occupe cette fonction jusqu'à la révolution de 1848.

En cette qualité, il dirige le procès des ministres de Charles X, ceux des insurgés d'avril, de Giuseppe Fieschi, d'Armand Barbès, du prince Louis-Napoléon Bonaparte après la tentative de Boulogne-sur-Mer, des ministres Teste et Cubières. Selon Victor Hugo, il se montre fort au-dessous de sa tâche : « Il avait quatre-vingt-deux ans, et à quatre-vingt-deux ans, on n'affronte ni une femme, ni une foule. » Il soutient la politique personnelle de Louis-Philippe et, lors de la formation de la coalition de 1839, prend le parti du gouvernement et du comte Molé.

En 1837, le roi fit revivre pour lui le titre de chancelier de France. Il est créé duc Pasquier le 16 décembre 1844 avec lettres patentes du 3 février 1845 et autorisation de réversion du titre en faveur de son petit-neveu, qu'il avait adopté, Gaston d'Audiffret (1823-1905), fils de sa nièce, Gabrielle Pasquier et du comte Florimond-Louis d'Audiffret.

La révolution de 1848 met un terme à sa carrière politique. Deux ans avant sa mort, il observe : « Je suis l'homme de France qui a le plus connu les divers gouvernements qui se sont succédé chez nous : je leur ai fait à tous leur procès. »

Il a une très longue liaison avec la comtesse de Boigne : « C'était une croyance assez répandue aux Tuileries et au Luxembourg, écrit Montalivet, qu'après la mort de Mme Pasquier, le Chancelier avait épousé en Angleterre Mme de Boigne [...] Je suis de ceux qui ont cru au mariage secret. Quoi qu'il en soit, pendant la dernière partie de sa vie, le duc Pasquier vécut avec la comtesse de Boigne dans la plus douce et la plus constante intimité. »

Elu à l'académie Française

Ami de Chateaubriand, il est candidat à l'Académie en 1820 et élu le 17 février 1842 contre Alfred de Vigny qui obtient 8 voix, en remplacement de l'abbé Frayssinous, et reçu le 8 décembre suivant par François Mignet. Il a un salon littéraire et crée à l'Académie, avec le duc Victor de Broglie et le duc de Noailles qu'il patronne, le parti des ducs. Lorsqu'il meurt, Napoléon III a un moment l'idée de lui succéder.

L'opinion de Pasquier sur l'époque Napoléonienne

"L'empire, jusqu'à l'année 1809, était une des périodes les plus florissantes de l'histoire de France, une de celles peut-être où la majorité des citoyens avait le mieux, le plus unanimement marché en accord avec le souverain. De 1809 à 1811, le prestige avait faibli, l'esprit d'opposition s'était fait jour. De 1812 à 1814 enfin, les plaintes, le mécontentement était si patents qu'on en trouvait l'écho même dans les salons du monde officiel, chez les ministres, chez les maréchaux, jusque dans la famille de l'empereur".

Décorations

- officier de la Légion d'honneur
- grand-croix de la Légion d'honneur (28 septembre 1815),

Oeuvres

Discours prononcés dans les chambres législatives de 1814 à 1836, 1842 (4 vol.)
L'interprétation des Institutes de Justinien, avec la conférence de chasque paragraphe aux ordonnances royaux, arrestz de parlement et coustumes générales de la France, ouvrage inédit d'Étienne Pasquier, publié par M. le duc Pasquier

Sources

- Les diplomates européens De Jean Baptiste H.R. Capefigue
- Dictionnaire des parlementaires français par Adolphe Robert, Edgar Bourloton, Gaston Cougny
- Estienne Denis Pasquier, chancelier de France, souvenir de son dernier secrétaire par Louis Favre


Saisie : Christiane BIDAULT

Dernière modification : 18 Juin 2008