René Julien THIROUARDTestament de René Julien THIROUARDAu nom de la très Sainte Trinité, père et fils et Saint-Esprit Je René Julien THIROUARD prêtre curé desservant de le paroisse de Beaumont-les-Autels, canton d'Authon arrondissement de Nogent-le-Rotrou département d'Eure-et-Loir y demeurant, soussigné, déclare que cet écrit est mon testament, je veux qu'il soit ponctuellement et religieusement exécuté après mon décès. Je déclare vouloir vivre et mourir dans la religion catholique, apostolique et Romaine, je prie le Seigneur infiniment miséricordieux de me pardonner tous mes péchés ; la très Sainte-Vierge Marie, mère de Dieu, de me couvrir de sa toute puissante et maternelle protection, mon bon ange gardien, mes saints patrons de vouloir bien m'assister toujours et particulièrement dans mes derniers moments et de m'obtenir de souverain juge une sentence favorable. Je demande très humblement pardon à toutes les personnes que j'ai pu offenser de quelques manières que ce soit, et je déclare pardonner de tout mon coeur à toutes celles qui auraient pu m'avoir fait de la peine. Je prie mon légataire universel de vouloir le jour de mon enterrement ou le jour de mon service annoncer en faire annoncer à l'église ces demandes et réclamations sus dites. Je veux que mon corps soit inhumé dans le cimetière de ma paroisse au levant. Je défends d'élever sur ma fosse aucun monument funèbre sinon une simple croix de fer ou de fonte ou de bois simplement. Je défends que l'on prononce à mes obsèques aucun discours ni à l'église, ni au cimetière. Je veux pour mon enterrement et pour chacun de mes deux services un luminaire de quarante cierges pesant chacuu deux cent grammes. Je veux qu'à l'issue de la cérémonie religieuse de mes obsèques et de chacun de mes deux services il soit fait une distribution de deux cents kilogrammes de pain aux pauvres de la paroisse ce Beaumont-les-Autels et autant que possible par les mains de Monsieur le Maire de Beaumont assisté de mon légataire universel et de mon exécuteur testamentaire. Le jour de mon inhumation, les prêtres assistants vont dîner au presbytère d'Argenvilliers. Je prie Monsieur le curé de cette paroisse d'avoir la bonté de les recevoir et pour l'indemniser des frais de réception je veux qu'il lui soit donné quatre francs par chaque prêtre : mon légataire lui remettra cette somme dans les quinze jours qui suivront mon décès. Les parents et amis seront par mon dit légataire universel invités d'aller diner dans la maison qu'il leur indiquera dans ce bourg tant le jour de mon enterrement que le jour de chacun des services. Je veux qu'il soit donné pour honoraires dus à l'occasion de mes obsèques : Je veux qu'il soit célébré pour le repos de mon âme deux services en l'église de Beaumont, le premier dans le première quinzaine qui suivra le jour de mon décès, toute fois autant que faire se pourra convenablement, et le second service se fera le jour anniversaire de mon décès, s'il n'est empêché et dans ce dernier cas le jour libre le plus prochain. Il y aura à chacun de ces deux services six messes dont cinq basses et une chantée avec vigiles et laudes. On ne mettra point de tentures à l'église ni pour les obsèques, ni pour les services. Les honoraires dus pour les services seront réglés et payés conformément au tarif du diocèse de Chartres en premier ordre. Je veux pour chacun des services un pain béni de dix kilogrammes au moins. Les frais de réception des prêtres assistants aux services seront à la charge du prêtre desservant alors la paroisse de Beaumont qui recevra les honoraires dus pour ces deux services. Je veux qu'il soit célébré pour le repos de mon âme deux cents messes basses dont la moitié en l'église de Beaumont-les-Autels et l'autre moitié en l'église de Béthonvilliers, et l'honoraire de chacune de ces messes sera celui des messes de fondation, conformément au tarif du diocèse de Chartres. Je veux qu'il soit célébré cent messes basses pour suppléer aux omissions que j'aurai pu faire et ensuite pour réparer autant que possible le tort que mon indignité aurait pu occasionner aux personnes pour lesquelles j'ai acquitté des messes. Ces messes seront dites dans le plus bref délai dans les églises de Beaumont-les-Autels, de Béthonvilliers et de Favières canton de Châteauneuf, ma première paroisse de ministère pastoral. L'honoraire de ces messes ne sera que d'un franc à moins toutefois que le tarif diocésain ne fixe un honoraire supérieur. Je donne et lègue trente francs de rente annuelle et perpétuelle à la fabrique de l'église paroissiale de Beaumont-les-Autels, Eure-et-Loir, mon légataire universel constituera cette rente sur l'état au trois pour cent par an. Ce legs est fait à la charge de par la fabrique du dit Beaumont de faire acquitter annuellement et à perpétuité le jour anniversaire de mon décès s'il m'est empêché ou le jour libre le plus rapproché, une messe haute et chappée avec la conclusion des services, puis à l'issue de cette messe, de faire une distribution de soixante quinze kilogrammes de pains aux pauvres les plus nécessiteux de la paroisse de Beaumont qui auront assisté à cette messe depuis le commencement jusqu'à la fin. Je donne et lègue à Marie Lubineau ma domestique si toute fois elle est encore à mon service au jour de mon décès une somme de mille francs, franche et quitte de tous droits, non compris ses gages de l'année courante dont le terme est le huit décembre et dont le montant sera de deux cents francs. Ainsi Marie Lubineau recevra la somme de douze cents francs y compris ses gages à toucher le huit décembre. Ce legs lui sera délivré dans les six mois qui suivront le jour de mon décès sans intérêt jusqu'àlors mais à partir de ce moment un intérêt à raison de cinq pour cent par an courra au profit de la dite Lubineau. Je déclare que tous linges d'église, ornements sacerdotaux et vases sacrés qui se trouveront au presbytère de Beaumont le jour de mon décès appartiennent à la dite fabrique de l'église du dit Beaumont-les-Autels, je déclare aussi que les chantiers des caves, les paters et les tringles des lits et des croisées sont tous du presbytère de Beaumont. J'institue mon légataire universel monsieur l'abbé Louis Auguste Vilette, prêtre curé desservant de Charbonnières, canton d'Authon, département d'Eure-et-Loir et lui donne en toute propriété, tout ce qui m'appartiendra tant en biens meubles qu'immeubles au moment de mon décès, à la seule condition de remplir mes dernières volontés exprimées dans le présent testament, et de souvenir de moi dans ses bonnes prières, de plus de faire dans son église de Charbonnières pour le repos de mon âge, de celles de mes père et mère, et de mes autres parents, un service à quatre messes dont deux basses et deux chantées, lequel service aura lieu dans le mois qui suivra mon décès avec une distribution de cent cinquante kilogrammes de pain aux pauvres de Charbonnières seuls. J'institue et nomme mon exécuteur testamentaire monsieur l'abbé Amiot, curé d'Argenvilliers et le prie d'accepter un ouvrage de ma bibliothèque à son choix, que je lui donne en témoignage de ma reconnaissance du service dont je le charge. Fait et écrit de ma propre main au presbytère de Beaumont-les-Autels, Eure-et-Loir, le douze juillet mil huit cent soixante quatre. Lettre de René Julien THIROUARD à son légataire universelMonsieur le curé, Je veux empêcher mes héritiers de venir, comme des loups affamés au jour de mes obsèques se ruer sur ma défroque et se disputer mes guenilles, puis aller faire la partie de billard ou autres choses plus inconvenantes encore. Pourtant je ne veux point les frustrer de ce qu'il peut naturellement leur revenir. Vous voudrez donc bien, Monsieur le curé, me permettre de vous établir le distributeur de ma succession entre tous mes héritiers, et si quelqu'un ou plusieurs d'entre eux vous faisaient de la peine d'une manière quelconque, je déclare les deshériter complètement et leur cote part bénéficiera aux autres héritiers. Voici comment vous pourrez procéder : Côté paternel- Basile Thirouard du moulin Vieux de Moulhard Côté maternel- Laurent BOURLIER des Autels-Tuboeuf Je vous remercie de votre obligeance sur laquelle je compte, Recevez l'assurance de mes sentiments respectueux et tout dévoués avec lesquels j'ai l'honneur d'être, Monsieur le curé, votre très humble serviteur et bien affectionné confrère et ami. Signé René Thirouard, curé de Beaumont, le onze juillet mil huit cent soixante quatre. Saisie : Christiane BIDAULT Dernière modification : 27 Février 2011 |