Histoire des communes - Fiche personnalité

Personnalité

  • Jean-François CLOUET

  • Naissance : 1755

  • Décès : 1795

  • Profession : cloutier

  • 1 activité


Jean-François CLOUET

 

Jean François CLOUET 1755-1795 : de Bretoncelles (61) à Champrond-en-Gâtine (28)

Le 16 mars 1782 en l'église de Champrond-en-Gâtine, est célébré le mariage de Marguerite Désorges âgée de 20 ans, fille d'Etienne, cloutier, qui est présent, et de Jean-François Clouet, âgé de 27 ans, cloutier qui est assisté de son frère Louis-PIerre Clouet.

Jean-François Clouet a été baptisé en l'église de Bretoncelles le 28 février 1755, fils de Mathurin, journalier, et de Marie-Jeanne Gaillard. Il a eu comme parrain son cousin Pierre Clouet fils de Pierre-Nicolas Clouet, aubergiste, et comme marraine Anne Guérin. Depuis au moins la fin du XVIe siècle les Clouet demeurent à Bretoncelles :
- Pierre Clouet mort en 1689 à 95 ans, marié à Marie Thomas
- Louis Clouet 1637-1709, marié à Anne Bourdin
- Pierre l'aîné Clouet 1675-1743, tisserand, marchand et laboureur, marié à Marie Bouillie
- Mathurin Clouet 1721-1762, journalier, marié à Marie-Jeanne Gaillard.

Le père, le grand-père et l'arrière-grand-père de Jean-François Clouet savaient signer ce qui est à souligner pour des hommes qui ont vécu aux XVIIe et XVIIIe siècles, des temps sans école.
Jean-François est le troisième des six enfants de Mathurin Clouet et de Marie-Jeanne Gaillard. Sa fratrie est composée de : Louis-Pierre, Marie, Marie-Jeanne, Marie-Louise et Marie-Jeanne 2. En 1762, il a 7 ans quand meurt son père Mathurin âgé de 40 ans. La vie n'est pas facile, il faut avant tout survivre ! 20 ans plus tard en 1782 il se marie. En épousant Marguerite Desorges, Jean-François Clouet s'installe à Champrond-en-Gâtine comme cloutier, et va en quelque sorte, succéder à son beau-père Etienne Désorges qui meurt le 15 février 1788.

L'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert parait de 1751 à 1772 donc du temps de Jean-François Clouet. C'est donc une bonne référence pour appréhender et imaginer le métier de cloutier qui est traité tant dans les textes que les planches.

Le cloutier travaille dans une forge de quelques mètres carrés à proximité de son domicile. Il façonne les clous sur une petite enclume avec un marteau et des tenailles. Son travail est similaire à celui d'un forgeron. Il forge entre 50 et 100 clous à l'heure selon la taille qui est très variable. La broquette est la plus petite sorte de clous. Les clous à souliers, utilisés pour renforcer les semelles et dessous de talons, sont petits et peuvent prendre deux formes : à deux têtes ou à têtes de diamant ; ils s'appellent des caboches. Les clous pour ferrer les chevaux sont plus gros .Et les clous peuvent être d'énormes pointes quand ils sont destinés aux charpentes.

L'activité de cloutier est-elle de bon rapport ? Difficile à évaluer, mais travailler pour des clous c'est-à-dire pour rien ou pas grand-chose, est restée une expression usitée. A la fin du XVIIIe siècle la misère était grande dans les campagnes et il est probable que les cloutiers n'y échappaient pas.

La mortalité infantile faisait partie de cette misère et la famille Clouet l'a subie. Jean-François Clouet et Marguerite Désorges ont six enfants dont quatre meurent à la naissance.

- Jean-François-Etienne né et mort en 1783
- Jean-Baptiste né en 1785
- des jumeaux, Jean-François et Jean-Louis, nés et morts en 1787
- Jean né en 1791
- Magdeleine, Monique née et décédée en 1794

Jean-François Clouet vit la fin du règne de Louis XVI, puis la Révolution pendant laquelle Champrond-en-Gâtine devient temporairement Champrond-Marat. L'église Saint Sauveur du XIIe siècle sert de grange à salpêtre ; elle est dépavée et quasiment détruite. (Elle sera reconstruite à partir de 1804). Il meurt le 12 avril 1795 et ne connaîtra donc pas la prise de pouvoir du général Bonaparte qui entraînera bien des jeunes percherons dans la mort des guerres lointaines dont le fils cadet de Jean-François Clouet.

Le Code de 1811 avait décidé que tous les Français entre 20 et 25 ans devaient un service militaire de 5 ans ; certains étaient exemptés et dispensés et tous ne furent pas appelés sauf en 1813-1814 où toutes classes furent appelées. Jean Clouet, fils cadet de Jean-François, né le 20/6/1791, qui a 22 ans en 1813, n'échappe pas à l'Armée Impériale. Il est incorporé au 135e Régiment de ligne engagé dans la désastreuse campagne d'Allemagne qui a suivi la retraite de Russie. Il décède le 28/9/1813 à Magdebourg (Allemagne) - hôpital de Klostergberg. Son décès est transcrit sur les registres de Champrond-en-Gâtine le 7/11/1821 sur présentation, par son frère Jean-Baptiste, d'un certificat du Secrétaire à la Guerre.


Saisie : Dominique LECOINTRE-MONTAGNE

Dernière modification : 1 Novembre 2018