Histoire des communes - Fiche personnalité

Personnalité

  • Etienne DESORGES

  • Naissance : 1729

  • Décès : 1788

  • Profession : maitre-cloutier

  • 1 conjoint

  • 1 activité


Etienne DESORGES

 

Etienne DESORGES 1729-1788 : du Thieulin à Champrond-en-Gatine en passant par la forge de Longny

Etienne Desorges a été baptisé le 25 février 1729 en l'église Saint Eustache du Thieulin, fils d'Eustache homme de peine et de Marguerite Coudrai. Il apprend le métier de cloutier et se marie le 1er juillet 1754 à Champrond-en-Gâtine avec Catherine Biseau dont le père est couvreur. Il s'installe dans la paroisse de son épouse à quelques kilomètres de celle où il est né et va y exercer le métier de cloutier.

Ce métier est très ancien et depuis le Moyen-Age comprend deux catégories: les cloutiers de clous et les cloutiers d'épingles. Dans le Perche les deux activités existaient : ainsi, la région de L'Aigle (61) était spécialisée dans les épingles et une fabrique de clous se trouvait aux XVIe et XVIIe siècles à Authon (28). Mais on peut aussi considérer que la demande de clous était universelle dans tous les villages car indispensable à toutes les activités. Il en fallait pour les souliers, pour la ferrure des animaux, pour les charpentes, etc. Les cloutiers travaillaient donc comme les forgerons, les charrons ou les tonneliers pour les besoins des locaux et des marchands.

Dans le Perche il faut lier l'activité des cloutiers à la présence de minerai de fer qui a engendré depuis l'Antiquité une activité de métallurgie avec ses dérivées. Il existait ainsi une grande forge à Longny (61) dont la production de fer était écoulée dans toute la région vers les tréfileries, les maréchaux-ferrants ou les cloutiers. Ce n'est sûrement pas un hasard, si en 1754 quand il se marie à Champrond-en-Gâtine, Etienne Desorges natif du Thieulin et qualifié de garçon-cloutier, déclare demeurer à Longny. Il a peut-être appris les métiers de la forge au Thieulin où une rue des forgerons signifie que l'activité était importante, mais on peut imaginer qu'il était parti trouver du travail à la forge de Longny. A la fin du XVIIIe siècle près de 300 personnes travaillaient sur ce site qui comprenait le haut-fourneau de Rainville, la forge de Beaumont, une fenderie et une poêlerie.

Quand il se marie il s'installe dans la paroisse de sa femme, Catherine Biseau, qui appartient déjà au monde des cloutiers : Louis et André Lemaître, les frères de son premier mari mort six mois plus tôt, sont cloutiers. Etienne Désorges a sans doute le sens des affaires. Comme son père Eustache pourtant qualifié d'homme de peine, il sait signer et ce au XVIIIe siècle. Il semble que pour les artisans la signature était une quasi-obligation pour passer des contrats. Etienne Désorges progresse dans la hiérarchie artisanale : de garçon-cloutier il devient cloutier, puis maître-cloutier.
Etienne Désorges ne transmettra pas son métier à un fils. Il a six enfants, dont trois, (Marie-Louise-Agate, Etienne et Etienne 2), meurent en bas-âge ; il lui reste trois filles :
 Marie-Catherine née en 1755, mariée en 1776 à Louis Jumeau, cultivateur
 Marguerite née en 1761, mariée en 1782 à Jean-François Clouet, cloutier
 Marie-Magdeleine née en 1768, mariée en 1793 à François Percheron, cloutier puis instituteur.

La transmission du métier de cloutier se fait par son deuxième gendre, Jean-François Clouet, originaire de Bretoncelles


Saisie : Dominique LECOINTRE-MONTAGNE

Dernière modification : 1 Novembre 2018