Pierre LE MERCIER
Pierre LE MERCIER (o avant 1520- + après 1555) maître de forges de Miermaux de avant 1546 à après 1555)
Le 6 Mai 1546, Pierrre LE MERCIER est peut-être déjà Maître des grosses forges de Miermaux lorsque René RUETTE, praticien en cour demeurant à St-Mard-de-Reno (Orne) livre du bois sur le lieu de Miermont qui en consomme beaucoup dans son affinerie.
Source archives départementales 28, série B2470. (6 Mai 1546)
Du 14 Avril 1548 au 23 Mai 1555, Pierre LE MERCIER est certainement Maître des grosses forges de Miermaux et aussi exploitant du haut-fourneau de La Sohorie, paroisse de Coutretôt, situé sur la Berthe à 1km en amont de Miermaux.
Source archives départementales 28, série B2472 (14 Avril, 21 Avril, 5Mai et 28 Mai 1548)
Source archives départementales 28, série B2478 (23 Mai 1555)
Le résumé de ces 5 archives est à la page 211 du livre « La métallurgie normande XIIème - XVIIème siècle. La révolution du haut-fourneau » , directeur publication J.L. Libourel à Caen ( 1991). Ce livre rare est à la bibliothèque municipale, rue Gouverneur à Nogent-le-Rotrou. On peut y lire les 2 paragraphes suivants:
MIARMOUST
L'affinerie de Miarmoust était en activité en 1548. Il est probable que sa construction fut contemporaine de celle du haut-fourneau de La Sohorie qui l'alimentait en fonte, établi en 1538 (voir notice). Peu d'actes concernent cet établissement qui fonctionna au moins jusqu'en 1555. Propriété de la famille Péan, de Nogent, peut-être parente des maîtres de forges de La Chaux, du Moulin Colin et de Carrouges à la fin du XVIème siècle, l'affinerie de Miarmoust était de 1548 à 1555 exploitée par Pierre Mercier. Il ne subsiste plus aujourd'hui à Miermaux que le manoir occupé autrefois par le maître de forges.
Archives départementales d'Eure-et-Loir, B 2472 ( 14 Avril, 5 Mai et 28 Mai 1548) et B 2478 ( 23 Mai 1555)
LA SOHORIE
Le fourneau de La Sohorie fut construit vers 1538 par Maurice Mercier, sur des terres appartenant à Antoine Péan, de Nogent. En 1548, il était loué à Pierre Le Grand, à qui succéda, jusqu'en 1555 au moins, Pierre Mercier Maistre de la forge de Miarmoust , située en aval, sur cette même commune. Le montant du fermage était de 20 livres tournois, 10 étant dues à Antoine Péan pour le fourneau, 10 autres à Jehan Péan , prêtre Sieur du Plessis et de La Galaisière, pour l'utilisation du cours d'eau descendant de la fontaine de La Galaisière, diverti de son ancien cours pour alimenter le bief du fourneau. La fonte produite à La Sohorie devait être affinée à la forge voisine de Miarmoust , mais une partie pouvait aussi être vendue à d'autres établissements: 50 milliers furent ainsi livrés au maître de forges de Saint-Victor-du-Buthon en 1548 et 10 milliers à celui de Bretoncelles en 1555. La cessation d'activité de ce fourneau ne nous est pas connue. Le site , remanié, n'a conservé aucun vestige, pas même trace de laitiers.
Archives départementales d'Eure-et-Loir, B 2472 ( 21 Avril, 5 Mai et 28 Mai 1548) et B 2478 ( 23 Mai 1555)
Vers 1550 il est possible que Pierre LE MERCIER ait racheté Miermoust avec les terres attenantes à la famille Péan et fait construire le manoir après s'être enrichi en exploitant son affinerie ainsi que le haut-fourneau de La Sohorie. Or il existe, à la même époque un autre Pierre LE MERCIER, peut-être cousin du précédent et décédé le 21 Mai 1570, architecte-maçon renommé de la «Renaissance» qui a construit l'église Notre-Dame et la Chapelle Saint-Maclou à Pontoise ainsi que l'église Saint-Eustache à Paris terminée par son fils Nicolas. Il est alors aussi possible que le maître de forges Pierre LE MERCIER ait fait appel à cet architecte-maçon Pierre LE MERCIER pour dresser les plans et suivre la construction du manoir de Miermaux. Malheureusement, aucune archive n'a été trouvée pour confirmer ces hypothèses mais 3 indices, au moins, viennent les conforter.
1°) Jacques LE MERCIER (mari de Jacqueline Bouteville) et Lancelot LE MERCIER, fils et petit-fils de Pierre LE MERCIER, maître de forges, ont le titre de « Sieur de Miermoust ». Ceci prouve que ces descendants étaient bien les propriétaires successifs de Miermaux avant 1604 suite à un très probable legs .
Source: Achat, le 3 Août 1604, à Lancelot LE MERCIER par Robert MAUGARS et sa femme Françoise LE SUEUR du manoir de «Miermoust» devant Me Jean Mallais, notaire à Nogent-le-Rotrou
Cette archive existe d'après Mr Morel, père de la pharmacienne du plateau St-Jean à Nogent-le-Rotrou qui l'a consultée vers 1980 mais n'a pas été retrouvée par les archives départementales (ni d'Eure-et-Loir, ni de l'Orne).
2°) La famille du maître de forges Pierre LE MERCIER fréquentait le même milieu parisien que la famille du maçon-architecte Pierre LE MERCIER d'après une transaction du 16 Mars 1601 qui concerne son fils feu Jacques LE MERCIER mari de Jacqueline Bouteville et son petit-fils Jacques LE MERCIER, curé de Trizay . Ceci prouve que la famille des maîtres de forges LE MERCIER avait très probablement des liens avec la famille des maçons-architectes LE MERCIER
La retranscription des 1ères lignes de cette transaction est:
Furent ------------------------------FrançoisGratessac
et demeurant à Paris rue St-Jacques paroisse St-Benoist ----------?
---------- et honorable -----------Messire Jacques Le Mercier prieur
curé de Trizay au pays du Perche près Nogent-le-Rotrou
de nom -------------------------------------------------------------------?
et honorable femme Jacqueline Bouteville sa mère et femme de feu
Jacques Le Mercier vivant Maistre de grosses forges à Fran-
-çois Gratessac et Jacqueline Bouteville -----------------------------?
---------------------------René de Gaubert vivant Sieur de Saint-
Lubin . . . . .
Source Archives Nationales. Cote MC/ET/VIII/558 folio 54 . Le résumé de cette archive est visible sur le site internet des A.N. avec 2 erreurs (Toislay au lieu de Trizay et Patesac au lieu de Gratessac): https://www.siv.archives-nationales.culture.gouv.fr/siv/rechercheconsultation/recherche/ir/rechercheGeneralisteResultat.action?triValue=&formCaller=GENERALISTE&searchUdOnly=false&etatsauvegarde=&inSearchPage=false
3°) Pierre LE MERCIER, l'architecte-maçon renommé de la «Renaissance» a, en plus des édifices déjà cités, aussi construit des manoirs dont celui de Launay, près de Nesle-la-Vallée (Val d'Oise) qui a été détruit ensuite. Il est le fondateur de la branche des maçons-architectes qui ont constitué une dynastie « Le Mercier » composée d'au moins 8 membres. Il est le grand-père de Jacques, le plus célèbre des Le Mercier, et de Pierre (enfants de Nicolas) qui ont construit, au siècle suivant, le château du cardinal de Richelieu et d'autres monuments importants.
Source les pages 143 à 152 du livre de Marius Vachon «La Renaissance française. L'architecture nationale. Les grands maîtres maçons» édité en 1910 par Flammarion et visible sur les vues 142 à 152 du site internet:
https://archive.org/stream/larenaissancefra00vachuoft#page/142/mode/2up
autre source :pages 153-154 et 355 à 357 du livre «nouveau dictionnaire biographique et critique des architectes français» par Ch. Bauchal (1887) visible sur le site internet suivant:
https://archive.org/stream/nouveaudictionna00baucuoft#page/154/mode/1up
L'architecte-maçon Pierre Le Mercier, marié avec Jeanne Fourmont, est décédé le 21 Mai 1570
Source : la dalle funéraire située à l'entrée de la nef de l'église Notre-Dame de Pontoise
Pierre LE MERCIER, maître de forges de Miermaux, est probablement né avant 1520 car, pour avoir ce titre en 1546, il a au moins 25 ans cette année là.
Pierre LE MERCIER, maître de forges de Miermaux, est décédé après 1555, date de la dernière archive le citant vivant
Saisie : Claude CIROU
Dernière modification : 19 Mars 2018