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Savigné-l'Evêque

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Etat de situation rendu à Monsieur le baron Auvray, membre de la Légion d'honneur, colonel préfet de la Sarthe 28/12/1812

Monsieur le Baron,

Je connais le bon esprit qui anime les habitants de Savigné, il est de mon devoir de vous donner l'état de situation civile et militaire de la commune de Savigné, à l'administration de laquelle vous venez de m'appeler.

Composée de deux mille quatre à cinq cent habitants, elle se trouve la onzième de votre département et la cinquième de la sous-préfecture du Mans. Son bourg, bien bâti, grand et populeux, situé sur une grande route, est composé pour la majeure partie d'une classe ouvrière peu fortunée mais dont l'esprit public est bon. Les pauvres y sont nombreux mais seulement dans la saison ou le prix du travail est insuffisant pour nourrir les grandes familles. Cette commune valant mieux que la réputation qu'elle s'est faite pendant la révolution m'a paru soumise aux lois, confiante en ses magistrats et facile à conduire, attachée sans fanatisme à la religion de ses pères, elle a su dans le temps des extrêmes garder ses ministres et conserver intact son presbytère, son église et des objets qui la décorent. Les personnes et les propriétés ont été respectées et si quelques excès ont été commis sur son territoire par des étrangers, ils ont sur le champ été réprimés par la garde national du lieu constamment bien organisée. Les habitants aiment le plaisir, et par suite du caractère qui l'inspire ils sont bons et sociables voisins, rarement une rixe interrompt la tranquillité publique et contre ce qui arrive dans les bourgs pauvres et nombreux, il est très rare d'y trouver un mauvais ménage, la police municipale a toujours suffi pour y maintenir l'ordre, et toutes les lois civiles, administratives, militaires et religieuses y sont exécutées avec confiance et promptitude.

Les établissements utiles : Savigné possède un hospice d'à peu près 1800 francs de revenus employés à secourir à domicile les infirmes, vieillards et nécessiteux, à doter les charitables et bien respectables soeurs d'Evron au nombre de deux à trois. Le bien produit par ces femmes estimables dont la vie entière est un sacrifice à l'humanité tant pour l'éducation des enfants, les soins et les secours prodigués aux malades, que par le bon exemple qu'elles donnent ne peut être trop connu et trop encouragé. J'ai déjà eu l'honneur de vous entretenir des services qu'elles ont rendus pour les soupes économiques dont elles se sont chargées avex zèle et intelligence depuis le premier jour que vous les avez ordonnées jusqu'au moment de la récolte. Leur récompense est dans leur coeur et dans la bénédiction des pauvres qu'elles ont secouru, spectable attendrissant dont j'ai souvent été témoin. Elles n'en veulent pas d'autres néanmoins, j'ose vous assurer qu'un témoignage de la satisfaction du premier magistrat du département à la supérieure générale serait d'un grand prix pour leur congrégation, la supérieure de Savigné, Madame GALAIS, mérite des éloges particuliers pour le sacrifice absolu de son revenu patrimonial employé au soulagement des pauvres.

La mairie de Savigné, dont j'aurais du m'occuper d'abord, est depuis treize ans administrée par un vieillard que ses infirmités seules vous ont déterminé à remplacer. Né dans la classe ouvrière, mais doué d'un sens droit et des meilleures intentions, il n'en a pas moins développé, fermeté, bonté et entier dévouement aux lois. Aucune réclamation ne s'est dans aucun temps élevé contre lui, et la plus grande union a toujours régné entre ce fonctionnaire et les administrés. La commune lui a des obligations et elle en est pénétrée. L'adjoint, propriétaire indépendant, exclusivement dévoué aux fonctions de la mairie, connaissant parfaitement le personnel et le matériel de la commune, est depuis sa nomination, la cheville ouvrière de l'administration municipale. Il acquérera de nouveaux droits à votre confiance.

Quand à moi, fort de la confiance dont vous m'honorez, de celle que m'a témoigné le second magistrat, je remplirai les fonctions qui me sont confiées, avec zèle, fermeté et courage, mais paternellement, et osant réclamer dans l'occasion vos bontés ou votre indulgence pour mes administrés : Une main sur les lois, l'autre sur ma conscience, rien ne me fera varier du sentier de l'honneur.

Recevez, Monsieur le baron, l'assurance de ma soumission aux lois de mon entier dévouement à sa majesté impériale et aux autorités qui en émanent.

Savigné 25/12/1812 Votre très humble et obéissant serviteur - d'Hauteville

Source - Archives départementales de la Sarthe - 3 M 54


Saisie : Christiane BIDAULT

Dernière modification : 7 Juillet 2017

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