Histoire des communes

Beillé : Monument à la mémoire de la Comtesse Nicolai et son fils

Voir aussi :
 

Monument élevé à la mémoire de Mme la Comtesse de Nicolay et de son fils Christian de Nicolay, décédés en ce lieu affreusement broyés par un rapide, au passage à niveau de la gare de Connerré-Beillé, dans la nuit du 4 décembre 1910.

Train contre auto

La comtesse de Nicolaï, son fils et le chauffeur de l'automobile horriblement mutilés.

Plusieurs wagons prennent feu (de notre correspondant particulier)

Le Mans, 4 décembre. - Un épouvantable accident s'est produit cette nuit, à une heure du matin,au passage à niveau de Connéré-Beillé (Sarthe) et a coûté la vie à trois personnes, la comtesse de Nicolaï, son fils Christian et le chauffeur de leur automobile.

Voici dans quelles circonstances :

La comtesse de Nicolaï et son fils avaient passé la soirée chez le comte de Beaumont qui avait donné une réception à son château de Beauchamp.

La réception prit fin vers minuit. La comtesse et son fils montèrent dans leur auto pour s'en retourner au château de Montfort-le-Rotrou, chez le comte Roger de Nicolaï.

Etait-ce pressentiment ? La comtesse avait déclaré qu'elle préférait repartir en voiture : mais en raison de la distance (environ 50 kilomètres) elle s'était résignée à monter dans l'auto.

Cette voiture était précédée par la voiture du comte de Beurie, autre invité de M. de Beaumont.

Les deux chauffeurs voulurent prendre la route départementale de Montfort à Connerré, au lieu de s'engager sur la route nationale, récemment empierrée.

Pour y arriver il fallait traverser le passage à niveau de Connerré.

Lorsque les deux autos arrivèrent près de ce passage, les chauffeurs Dodin et Marcil firent manoeuvrer les trompes des autos et appelèrent le garde-barrière. Personne ne leur répondit.

Ils résolurent de passer quand même. Les cadenas des barrières n'étaient pas fermés à clef ; ils les ouvrirent de chaque côté de la ligne.

L'auto de M. de Beurie passa la première ; le chauffeur Dodin s'engagea ensuite sur la voie.

A cette instant, l'express 721, partant de Paris Saint-Lazare à 8 H 50 du soir, tamponna l'auto, qui fut projétée à cinquante mètres de là.

Horrible vision

Le mécanicien du train, M. Bidault, avait ressenti le choc ; il bloqua ses freins et s'arrêta.

Il constata que le cadavre de la comtesse, en costume de soirée, était resté accroché au tablier de la machine. Le crâne était ouvert, les membres étaient brisés.

Sur la voie gisaient les corps de M. Christian de Nicolaï et du chauffeur Dodin.

M. de Nicolaï était aux trois quarts carbonisé, le corps broyé. Le chauffeur avait la tête en bouillie.

Au même moment, plusieurs wagons de tête du train prirent feu au contact de l'énorme quantité d'essence qui avait jailli de l'auto.

Une panique se produisit : elle fut vite réprimée et l'incendie fut éteint.

Les corps ont été déposés dans la salle d'attente de la gare de Connerré, en attendant l'arrivée du parquet de Mamers.

Source : La Presse (05/12/1910) Gallica.


Saisie : Christiane BIDAULT

Dernière modification : 8 Mars 2012