Chouzy-sur-Cisse : Gare de Chouzy (ligne Orléans-Tours)
Le 27 mars 1852 décret autorisant la fusion des compagnies du Centre, d'Orléans à Bordeaux et de Tours à Nantes avec la Compagnie du chemin de fer de Paris à Orléans. Concession à la compagnie nouvelle des lignes de Châteauroux à Limoges, du Bec-d'Allier à Clermont, de Saint-Germain à Roanne et de Poitiers à La Rochelle et Rochefort. Le même décret autorisait une fusion éventuelle entre la Compagnie du chemin de fer de Paris à Lyon et la Compagnie du chemin de fer de Lyon à Avignon et même s'adjoindre la Compagnie du chemin de fer d'Avignon à Marseille et autres lignes affluentes.
LIGNE ORLEANS TOURS BORDEAUX
■120.0 Triangle des Aubrais (Paris - Orléans)
■128.3 La Chapelle-Saint-Mesmin (Fermeture en 1990)
■135.0 Saint-Ay
■137.7 Chaingy Fourneaux Plage
■140.7 Meung-sur-Loire
■143.2 Baule
■148.2 Beaugency
■160.3 Mer
■165.1 Suèvres
■170.5 Ménars
■175.3 La Chaussée-Saint-Victor
■179.1 Blois (Blois - Pont-de-Braye)
■189.1 Chouzy
■194.9 Onzain
■199.9 Veuves - Monteaux
■206.2 Limeray
■212.2 Amboise
■218.8 Noizay
■225.5 Montlouis
■229.2 Bifurcation du Grand-Village (LGV Atlantique)
■233.0 Saint-Pierre-des-Corps (Tours - Vierzon)
■235.7 Tours (Tours - Nantes)
■237.6 Bifurcation de Tours
■240.4 Bifurcation de Joué
■246.8 Bifurcation de Monts (LGV Atlantique)
■249.2 Monts
■258.2 Villeperdue
■269.7 Sainte-Maure - Noyant
■276.1 Maillé
■289.3 Port-de-Piles
■285.5 Les Ormes-sur-Vienne
■289.3 Dangé
■297.0 Ingrandes-sur-Vienne
■303.5 Châtellerault
■311.7 Naintré - Les Barres
■317.4 La Tricherie
■320.7 Dissay
■324.7 Jaunay-Clan
■326.1 Futuroscope
■328.1 Chasseneuil
■330.4 Grand-Pont - Preuilly
■336.6 Poitiers
■340.9 Saint-Benoît (Poitiers - La Rochelle - Rochefort) (Saint-Benoît - Bersac)
■343.8 Ligugé
■350.0 Iteuil
■356.0 Vivonne
■370.1 Anché - Voulon
■370.1 Couhé - Vérac
■379.0 Epanvilliers
■388.0 Saint-Saviol
■402.1 Ruffec
■420.1 Luxé
■449.4 Angoulême
■483.5 Montmoreau
■500.0 Chalais
■514.0 Saint-Aigulin - La Roche-Chalais
■521.7 Les Eglisottes
■531.1 Coutras
■539.4 Saint-Denis-de-Pile
■547.1 Libourne
■556.1 Vayres
■561.6 Saint-Sulpice - Izon
■565.0 Saint-Loubès
■574.6 La Gorp
■574.6 Bassens
■579.5 Bifurcation de Saintes
■0.0 Bordeaux Bastide
Accident dans la nuit du 20 au 21 octobre 1904
Abominable attentat - Trois morts, plusieurs blessés - Le président du sénat indemne - Le rapide de Bordeaux et le train omnibus de Nantes - Enquête judiciaire ouverte - Un inculpé.
Dépêches de nos correspondants - Blois,21 octobre.
Un accident de chemin de fer, très grave déjà par ses conséquences, et d'autant plus grave qu'il est incontestablement dû à la malveillance, s'est produit cette nuit sur la ligne de Paris à Bordeaux.
Le train rapide 31 et le train omnibus 18 ont déraillé au même point, près de Chouzy, à 9 kilomètres de Blois.
Le train 31, parti de Paris hier soir à 10 heures 27, devait arriver à 7 heures 3 ce matin à Bordeaux. Le 18, parti à 8 heures 50 de Nantes, allait dans la direction de Paris, où il devait arriver à 4 heures 38 ce matin.
Il n'y a pas eu de victimes dans le train 31. Malheureusement, trois voyageurs du train omnibus ont été tués et plusieurs autres personnes ont été sérieusement blessées.
Les morts sont : le lieutenant Champenois, du 137e d'infanterie, en garnison à Fontenay-le-Comte, et deux enfants de huit et dix ans, qui voyageaient en compagnie de leur père, M. Lagorse, contrôleur de la compagnie d'Orléans à Brive, et de leur mère.
Les blessés sont :
M. Bertrand, âgé de trente quatre ans, brigadier de gendarmerie à Châtelet-en-Brie (Seine-et-Marne), nombreuses contusions ; M. Lagorse ; Mme Lagorse qui a un bras fracturé ; M. Derrué, mécanicien, qui porte des contusions multiples ; M. Ruipault, chauffeur, également contusionné : MM. Joseph André, âgé de vingt-neuf ans et Gaston André, âgé de vingt ans, décorateurs à Paris, contusions légères.
M. Fallières, président du Sénat, se trouvait dans le train 31. Il n'a pas été blessé.
Les secours ont été organisés par le personnel de la gare de Chouzy et des équipes envoyées de Blois. On a évacué bien vite les sept blessés dont je viens de vous donner les noms, et on a organisé un service de transbordement pour permettre aux voyageurs restés indemnes de poursuivre leur route.
Les premières constatations ont établi que des misérables avaient déboulonné les éclisses des rails des deux voies, au point où s'est produit l'accident.
Le parquet de Blois, avisé, a commencé une enquête. On ne désespère pas de découvrir les criminels.
Les preuves
Midi.
L'enquête faite par le procureur de la République a démontré que la malveillance est bien la cause de l'accident ; en effet on a trouvé, non loin de l'endroit où la machine du train 18 a déraillé, une fraction de rail en plus de ceux formant la ligne ferrée.
L'accident
4 heures, soir.
Voici des détails complémentaires sur le déraillement du rapide 31 qui s'est produit ce matin entre Chouzy et Onzain, au point kilométrique 190.900
Après le déraillement de l'espress 31, le train parcourut encore une centaine de mètres, puis les chaines d'attelage se brisèrent, et la machine, seule, fit encore quelques mètres.
Le mécanicien alle poser des pétards sur la voie montante, car, à ce moment, arrivait l'omnibus 18, veant de Nantes ; mais l'employé ne put aller poser ses signaux assez loin pour éviter le tamponnement.
Le train 18 prit en écharpe la locomotive du train 31, et le refoula jusqu'au train déraillé.
C'est à cette circonstance que l'on doit de ne pas avoir un plus grand nombre de victimes, car la locomotive fit l'office de frein.
Les secours arrivèrent promptement de Blois et de Tours ; des trains spéciaux amenèrent des médecins et le personnel nécessaire pour procéder au déblaiement.
Le wagon de deuxième classe qui suivait immédiatement le fourgon de tête du train 18 avait été éventré par le fourgon.
On en retira tout d'abord M. Lagorse qui avait une jambe cassée, puis sa femme, puis après plusieurs heures de travail, les corps de leur fillette et de leur petit garçon, enfin le cadavre du lieutenant Champenois.
Les premières présomptions relatives à la cause de l'accident semblent confirmées.
On a trouvé un rail déboulonné à l'endroit du déraillement sur la voie impaire, c'est-à-dire sur la voie où passait le train 31, qui a féraillé. Les tirefonds et deux éclisses du rail étaient enlevés.
L'attentat n'a pu être commis que par un homme très habitué à ce genre de travail, car il ne s'est écoulé que quarante minutes entre le passage du train 29 et le train 31. C'est dans cet espace temps, relativement court, que les quarante deux tirefonds du rail ont été enlevés.
De graves soupçons pèsent sur un individu du pays.
Les blessés
6 heures, soir.
Le mécanicien et le chauffeur du train de Nantes, grièvement blessés, ont été transportés à l'hospice de Blois.
M. et Mme Lagorse ont été ramenés à Tours et transférés à l'hôpital Saint-Gratien, avec le corps d'un de leurs enfants.
L'état des époux Lagorse, quoique grave, n'inspire pas d'inquiétude. On ne leur a appris que très tard la mort de leurs enfants.
MM. André ont été ramenés à Baugé où ils ont des parents.
A le disposition du juge d'instruction
Onzain (Loir-et-Cher), 21 octobre, soir
Dès que la nouvelle de l'accident de Chouzy a été connue ici, les gendarmes d'Onzain ont ouvert une enquête et leurs soupçons se sont tout de suite portés sur un nommé Vilanet, maçon à Onzain.
Vilanet a été antérieurement soupçonné d'avoir brisé la lanterne du sémaphore qui se trouve dans le voisinage du lieu de l'accident d'aujourd'hui. Un soir, il fut surpris près de ce sémaphore, à huit heures, un peu après que la lanterne du sémaphore avait été enlevée et jetée dans le fossé.
Cet individu, qui est adjudicataire de l'herbe qui croît sur le côté de la voie, avait expliqué qu'il était venu voir si cette herbe n'avait pas été détruite par un incendie et qu'il avait, pour cela, profité de sa qualité d'adjudicataire, qui lui donne le droit de pénétrer sur la voie.
Ce matin, les gendarmes se sont rendus au domicile de Vilanet qui était sorti ; ils se sont mis à sa recherche et l'on trouvé au château de M. Pasquier, commune de Blois. Ils l'ont invité à les suivre et l'ont amené à la maisonnette 145, où Vilanet a été consigné à la disposition du juge d'instruction.
Le maçon nie énergiquement être l'auteur du dérailleemnt.
D'autre part, suivant certaines personnes, le coupable pourrait bien être un employé congédié, qui aurait gardé une des clefs spéciales à l'aide desquelles les boulons des éclisses peuvent être dévissés.
Saisie : Philippe DESHAYES
Dernière modification : 26 Août 2022