Bourré : Gare de Bourré (ancienne ligne Vierzon-Tours)La gare de BourréLa gare de Bourré, bien que désaffectée maintenant et transformée en locaux d’habitation, a gardé cependant toute son histoire. Histoire ancienne qui date depuis la création de la ligne ferroviaire, tronçon Tours-Vierzon, le dernier qui terminait l’axe, Nantes-Lyon. La ligne Vierzon-Tours a été inaugurée en 1869, sur une seule voie, les trains étaient mixes, c’est-à-dire moitié voyageurs, moitié marchandises. Le doublement de la voie fut réalisé de 1907 à 1909, tout ceci au compte de la compagnie des chemins de fer, de Paris-Orléans, que l’on appelait communément le P.O, compagnie qui fut nationalisée comme les autres en 1937 pour devenir la S.N.C.F.actuelle. La gare de Bourré est un bâtiment, un des moins importants de la ligne, mais avec ceci de particulier, c’est qu’il a été construit entièrement avec les matériaux du pays. En effet, les carrières de pierre de taille et le chantier de briquerie-tuilerie étaient proches. Monsieur Rougemont, l’architecte chargé des plans, en avait tenu compte : les profils sont très étudiés et les moulures plus soignées que dans les gares ordinaires de quatrième classe. Le premier avant-projet pour le tracé de la ligne dans la région devait emprunter la rive gauche du Cher, ceci aurait évité le percement des deux tunnels de Montrichard. Il a été reconnu que l’importance des carrières de Bourré à l’époque et l’insistance des marchands de pierres de Bourré, ont fortement influencé les instances du P.O qui ont finalement opté pour le tracé rive droite. En effet, les marchands de pierres ont fait ressortir que, pendant la période d’hiver, à cause des crues du Cher et du courant violent, le bac assurant la traversée ne fonctionnait pas, la marchandise qui représentait un tonnage important ne pouvait être livrée. Le pont reliant la commune d’Angé ne fut inauguré qu’en 1926. Au cours des années d’avant la grande guerre de 39/45 sur le grand terrain longeant la voie de garage, aujourd’hui propriété de la commune, se trouvait un grand quai d’embarquement. Vu le trafic assez important, il y avait beaucoup d’expéditions : foudres de vin des bois de mine provenant des bois de la Garette et des vingt arpents, du kaolin provenant de la carrière de la Simonière de Pontlevoy, des petits pois fraîchement cueillis aux mois de mai et juin, des champignons de couche dont beaucoup allaient à Lyon. À côté du quai, il y avait le pont bascule et le gabarit pour passer sous les tunnels, juste à côté, l’emplacement réservé au débarquement des wagons de fumier de cheval, substrat nécessaire à la culture du champignon de couche et dont plusieurs arrivaient chaque jour. Ces wagons avaient la forme tombereau ou plate-forme, certains des wagons couverts avaient des petites cabines à l’extrémité et munies d’un grand volant métallique destiné au serre-frein. Gamins du coin, nous allions jouer à cache-cache dans ces petites guérites jusqu’à ce que les agents de la gare viennent nous courser quand ils venaient changer les lettres de voitures des wagons en partance. Dans les années 1935, le chef de gare se nommait monsieur Pinchaud, assisté de deux employés que l’on appelait facteur de gare, l’un se nommait monsieur Tripot et l’autre monsieur Tournemiche ; quand ils venaient ensemble trinquer au café de la gare, le tenancier disait en parlant vite : Tournemiche Tripotet Pinchaud. Récemment, des archivistes ont prétendu que lors du terrassement de la route nationale 76 Nevers-Tours, des ossements humains avaient été mis à jour justement dans le quartier de la gare de Bourré et qu’ils provenaient d’un cimetière des Templiers de la commanderie de Bourré. Article de Marcel GUY, publié dans "Le Petit Bourrichon" 2012 - Bulletin municipal de la commune de Bourré La gare la plus proche de Bourré est maintenant celle de Montrichard. Saisie : Christiane BIDAULT Dernière modification : 12 Juin 2012 |