Histoire des communes

Manou : Epicerie LECOINTRE

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LE CAFÉ-ÉPICERIE de LOUISE et CAMILLE à MANOU

Les années 1900, c’était il y a un siècle ! La vie dans la campagne percheronne à cette époque c’est donc déjà une Histoire que les plus jeunes n’imaginent guère ! Dans ce contexte je vais évoquer un café-épicerie à Manou (Eure et Loir). Je n’ai jamais connu ce commerce que tenaient mes grands-parents mais quand je visite des musées sur les vieux métiers et commerces, j’imagine la boutique avec son billard et ses marchandises très diverses. A partir d’actes notariés, photos et cartes postales j’ai cherché l’histoire de ce commerce dans lequel ma grand-mère Camille Noël a succédé à sa tante Louise Guyot.

LE COMMERCE de LOUISE GUYOT : 1883 - 1918

Louise Guyot, fille de Louis Grégoire et Marie Louise Gouhier, est née le 17 décembre 1858 à Vichères. Elle épouse le 7 novembre 1882 à Souancé son cousin Léon Guyot, taillandier à Manou, fils de Jean Frédéric et Marie Augustine Théol.

Le 10 avril 1883, devant Me Mauté notaire à Manou, Léon et Louise Guyot achètent, pour une somme de 5250 francs, aux époux François Lelong et Marie Perche :
«Un corps de bâtiment situé au bourg de Manou comprenant chambre à feu au bout vers le couchant, boutique à la suite, avec cuisine derrière cette boutique, salle de café, chambre froide et écurie au bout vers le levant, cour derrière ce bâtiment dans laquelle existe une fosse à engrais. Cadastre section E numéro 421.

Un jardin potager séparé du dit bâtiment par la cour, latrines dedans – cadastre section E numéro 422 – pour une contenance de 4a 30 ca.
Un pré au bout de ce jardin, vivier en bas, cadastre section E numéro 423 – pour une contenance de 18a 20ca. »

Les époux Perche avaient acheté cet ensemble en 1880 et y tenaient un café comme l’atteste le RGP (Recensement Général de Population de 1881). Le propriétaire précédent, Charles Dieu, était menuisier; ce dernier l’avait acheté en 1879 à Pierre Lerâle employé de commerce à Puteaux (92) dont les parents, Pierre Toussaint Lerâle et Madeleine André avaient fait construire la maison au début du XIXe sur un terrain acheté à Baptiste Charpentier; ils y tenaient une auberge comme il est déclaré au RGP 1836.

Conformément à la loi du 17 juillet 1880 sur les cafés et débits de boissons, le maire de Manou délivre un récépissé le 1er mai 1883 qui expose que: « les époux Guyot ont fait connaître leur intention de tenir, pour leur compte personnel, à partir du 1er juin 1883 un débit de vins, café, eaux de vie et liqueurs à consommer sur place, dans le local qu’ils ont acheté des époux Lelong situé au bourg de Manou.»

Les époux Guyot ouvrent leur café en juin 1883 et lui adjoignent une activité d’épicerie. En effet et même si les RGP de 1886 et 1896 qualifient Léon Guyot de taillandier, celui-ci est déclaré « épicier » dans un acte notarié d’août 1895.

Le 27 août 1895, devant Me Gaudier notaire à La Loupe, Léon Guyot « épicier » fait donation de tous ses biens à son épouse. Il meurt le 9 octobre 1895 à l’âge de 34 ans.

A la fin de l’année 1895, Louise Guyot, veuve, devient la seule propriétaire d’une maison avec boutique et salle de café. Le RGP de 1896 la qualifie de cafetière, et celui de 1901 de « café et liqueurs ».

En 1896 la commune de Manou a 619 habitants dont 150 dans le bourg qui compte 58 ménages. Dans le bourg se localisent sept commerces alimentaires:
quatre cafetiers : Louise Guyot, Ernest Métivier, Emile Avignon et Octave Veillard.
un épicier : Victor Boutry
un boulanger :Pierre.Becquet
un boucher- charcutier :Eugène Cottereau
Il y a aussi deux maréchaux-ferrants, deux cordonniers, un bourrelier, un charron, deux couturières, un menuisier, un scieur de long, un marchand de nouveauté et un receveur buraliste.

Louise a donc de la concurrence ! mais il faut se replacer dans le contexte de l’époque et ne pas s’étonner du nombre élevé des cafés ! Dans les années 1900, les cafés, lieux privilégiés de la sociabilité, sont très nombreux dans les campagnes et villes. Les habitués y jouent aux cartes ou au billard en prenant un café arrosé ou un simple verre de rouge, selon l’heure et les goûts ! Le sens des affaires de Louise et son très fort caractère la pousse à diversifier ses activités: elle est pour le moins cafetière, épicière et mercière comme le démontre l’inventaire établi en 1918.

Femme de tête et de cœur, Louise Guyot atteinte de la grippe espagnole, organise sa succession. Le 25 octobre 1918, devant Me Gaudier notaire à La Loupe, Louise Guyot vend à sa nièce, Camille Noël, d’une part ses biens immobiliers pour 7000 francs, et d’autre part ses biens mobiliers et son fonds de commerce estimés à 4969 francs. Les deux actes afférents dressent un inventaire précis des biens et tout spécialement du contenu de la boutique.

Louise Guyot meurt le 15 décembre 1918.

L’inventaire de 1918

Les actes de 1883 et 1918 précisent l’existence d’une boutique et d’une salle de café. Celle-ci se caractérise en 1918 par la présence d’un billard d’une valeur de 50 francs. .

Le matériel d’exploitation est assez simple :
un petit comptoir, un placard en bois blanc et deux glaces.
6 tables et 10 chaises estimées à 19 francs.
100 verres à boire, 24 cuillères à café, 4 carafes et un moulin à café.
une pipe, une rondelle, un poinçon, un foudre et un poulain en bois, un fût et une bonbonne.

S’y on ajoute deux paires de balance avec plateaux en cuivre et une bascule avec leurs séries de poids, (sans doute plutôt destinées à l’épicerie), l’ensemble du matériel de cafetier et épicier est estimé, hors billard, à 105 francs.

La valeur des marchandises est beaucoup plus importante : 1921 francs pour les liquides, 1076 francs pour l’épicerie et 1316 francs pour la mercerie.

Les consommations au café.

L’inventaire des liquides marque sans surprise l’importance de la consommation de vin rouge ou blanc et de cidre, mais aussi et surtout celle d’eau de vie dont la plus chère est de loin celle de cidre : 5 francs le litre.

Au XIXe le Perche est devenu un pays d’herbage planté de pommiers et poiriers dont les récoltes servent à fabriquer cidre et eau de vie. Le bouilleur de cru passe avec son alambic de ferme en ferme et chacun dispose de sa cuvée de cidre et d’eau de vie qu’on appelle gnôle ou « calvados ». Le paysan jouit du privilège de produire son alcool sans payer de taxe, mais en 1900 un droit de 2,20 francs par litre distillé est instauré à la grande colère des paysans ! La consommation de cidre, mais aussi d’eau de vie est importante et la légende du « calva dans le biberon » est à peine usurpée ! Dès le matin l’homme prend un « misérable » : moitié café – moitié eau de vie, et tout café est pour le moins « arrosé ».

Dans les cafés la consommation d’eau de vie est importante et d’une façon générale les liqueurs sont plus prisées que les apéritifs – tels que nous les connaissons un siècle plus tard – ; ceux ci sont en nombre réduit : madère, malaga, vermouth, guignolet et Dubonnet ! En 1918 on constate que la bière est inconnue à Manou tout comme le Pernod-pastis. L’absinthe, quant à elle, a disparu car elle a été interdite en 1914.

10 litres de madère 25 Frs
8 litres de malaga 20 Frs
4 litres de Dubonnet 10,20 Frs
1 litre de Vermouth 2,5 Frs
2 litres de cassis 5,20 Frs
3 litres de curaçao 7,80 Frs
3 litres de guignolet 7,80 Frs
Un litre de jus de fruit 2,60 Frs
Un litre de crème de framboise 2,60 Frs
4 litres de Kirsch 12 Frs
6 litres d’eau de vie (à 3 Frs le litre) 18 Frs
Un litre de spiritueux 4 Frs
Un litre d’alcool 6 frs
96 litres de vin rouge 126 Frs
15 litres de vin blanc 21,75 Frs
100 bouteilles de vin rouge et blanc 100 Frs
250 litres de cidre 80 Frs
5 litres de rhum 10 Frs
35 litres d’eau de vie (à 1 F le litre) 35 Frs
75 litres d’eau de vie (à 1,25 F le litre) 93,75 Frs
86 litres d’eau de vie de cidre (à 5 Frs le litre) 430 Frs
13 litres de rhum fantaisie 78 Frs
10 litres de Kirsch fantaisie 60 Frs
20 bouteilles de vin blanc 28 Francs
Droits et taxes 735,05 Frs
Total valeur des liquides 1921,25 Frs

Les marchandises de l’épicerie.

L’inventaire des marchandises classées sous la rubrique « épicerie » comprend des produits alimentaires et de ménage. On observe que l’activité d’épicerie alimentaire est très réduite de par le nombre restreint des produits et leur quantité en stock. Les ventes concernent essentiellement le sucre, le riz, les haricots, les lentilles et les sardines. L’inventaire permet aussi d’avoir une idée sur l’échelle des prix : ainsi l’huile est elle cinq fois plus chère que le vinaigre, et les boites d’haricots verts deux fois plus chères que celles de tomates

L’épicerie propose aussi les produits de ménage qui eux aussi sont « simples » : bougies, allumettes, savons et lessives « sans marque » !!! On note aussi le salpêtre (nitrate de potassium) utilisé pour la conservation des viandes et de la charcuterie, et la fleur de soufre qui constitue un insecticide, un fongicide ou un traitement contre la perte de poils des chevaux.

Les habitudes alimentaires au début du XXe et la période de fin de guerre, ainsi que la localisation en zone rurale, expliquent la faible part de l’épicerie dans l’activité globale où le café est prioritaire.

5 kg café valeur 31 Frs à unité 6,2
55 kg sucre valeur 70 Frs à unité 2
25 kg riz valeur 100 Frs à unité 4
30 litres haricots valeur 52,5 Frs à unité 1,75
25 litres lentilles valeur 43,75 Frs à unité 1,75
3 kg vermicelle valeur 7,5 Frs à unité 2,5
3 kg tapioca valeur 18 Frs à unité 6
2 kg fécule de pomme de terre valeur 9 Frs à unité 4,5
10 kg chicorée valeur 50 Frs à unité 5
90 boites sardines valeur 135 Frs à unité 1,5
2 boites homard et 4 langouste valeur 16,5 Frs à unité
5 boites haricots verts valeur 15 Frs à unité 3
6 boites de pois valeur 7,5 Frs à unité 1,25
5 boites tomates valeur 7,5 Frs à unité 1,5
3 kg chocolat valeur 15,3 Frs à unité 5,1
3 boites cacao valeur 21 Frs à unité 7
2kg5 de poivre valeur 27,5 Frs à unité 11
4 l d'huile valeur 22 Frs à unité 5,5
5 l de vinaigre valeur 5,5 Frs à unité 1,1
500g salpêtre valeur 2 Frs à unité
120 kg sel valeur 38,4 Frs à unité 32 les 100kg
130 kg cristaux valeur 31,2 Frs à unité 24 les 100kg
12 kg lessive valeur 7,2 Frs à unité 60
11 kg savon noir valeur 22 Frs à unité 2
61 kg savons divers valeur 198,25 Frs à unité 3,25
100 boites allumettes valeur 14,25 Frs à unité
2 kg fleur de soufre valeur 6 Frs à unité 3
30 paquets de bougie valeur 97,5 Frs à unité 3,25
3 kg amidon valeur 5,4 Frs à unité 1,8

total valeur Epicerie 1076,75

Les marchandises de la mercerie

Cette troisième activité recouvre une assez grande diversité de marchandises, et s’apparente à celle déployée par les petits commerces de campagne tout au long du XXe ; ceux où on pouvait trouver à peu près tout ce dont on avait besoin dans le quotidien sans sortir de son village. Dans l’inventaire on peut distinguer quatre catégories :

Les articles de mercerie pour la couture : les fils, laines et cotons à coudre ou broder, et les rubans en tresse. Il y a aussi quelques tissus en coton et serge et des rideaux appelés brise c’est-à-dire brise-bis.. Le stock est complété par des boutons-pression et des lacets de corsets !

Les articles « chaussants » : bas et chaussettes, chaussons, pantoufles et espadrilles. La boutique dispose aussi de « brides vernis » pour les sabots et d’une grosse (c’est-à-dire 12 douzaines) de lacets.

Les articles de papeterie : crayons, porte-plumes, papier à lettre, enveloppes…

Un ensemble de produits de « ménage » : encaustique, cirage, brosses de chiendent, savons de toilette, mais aussi verres de lampe, papier de verre, ou ficelle à sacs.

Qui se souvient que La Kabiline, en paquet pour teindre ou en boules pour raviver, était une marque de teinture utilisé par les ménagères. Quant à la moelle de bœuf elle était recommandée pour les cheveux, une méthode antérieure aux shampooings industriels ! Par contre je ne sais pas ce qu’étaient les tubes de « santa », à moins qu’il ne s’agisse de santaline, une matière colorante.

6 boites coton couleurs 72 Frs
6 boite coton mercerisé 33 Frs
5 boites laine à repriser 37,5 Frs
1 boite laine mérinos 6,5 Frs
2,5kg laine à tricoter 115 Frs
10 boites fil en cartes 80 Frs
8 boites fil cablé 104 Frs
1 boite lacets corsets 10 Frs
144m tresse alpaga 46,1 Frs
1 pièce tresse alpaga 28 Frs
2 pièces de tresse alpaga 38 Frs
1 pièce tresse coton 15 Frs
3 douzaines1/4 brises 24 Frs
2 pièces retors bleu 6 Frs
3 pièces serge blanc 4,5 Frs
5 paires coussins 10,5 Frs
2 boites boutons pression et 2 crochets vernis 12 Frs
10 paires de bas 30 Frs
18 paires de chaussettes 36 Frs
10 paires de chaussons 45 Frs
7 paires de pantoufles 56 Frs
10 paires espadrilles 40 Frs
3 douzaines brides vernis 39 Frs
1 grosse lacets chaussures 18 Frs
2 douzaines crayons et porte plumes 2,7 Frs
6 boites papier à lettre 7,5 Frs
300 pochettes deuil 45 Frs
450 pochettes ordinaires 54 Frs
2000 enveloppes 30 Frs
3 douzaines carnets 2,7 Frs
1kg sacs bullle 3 Frs
25 bouteilles d'encre 6 Frs
2 douzaines tubes santa 7,2 Frs
1 douzaine moelle de bœuf 12 Frs
1 paquet fil de fouet 10 Frs
2kg ficelle à sacs 12 Frs
10 paquets kabiline noire 6,5 Frs
9 boites veilleuses 2,25 Frs
20 cartes protecteurs 10 Frs
50 feuilles émeri et 40 feuilles de papier de verre 11,5 Frs
une carte couteaux 20 Frs
7 savons toilette 6,3 Frs
3 douzaines boites cirage et 2 boites encaustique 10,5 Frs
1kg bleu 6,5 Frs
1 douzaine brosses chiendent 11,25 Frs
3,5 douzaines de cargeottes 45 Frs
1500 bouchons 25 Frs
3 douzaines de canelle 18 Frs
60 verres de lampe 45 Frs
Total valeur mercerie 1316 Frs

LE CAFE – EPICERIE de CAMILLE NOËL et MARY LECOINTRE : 1918 – 1944.

Camille Noël est née le 9 octobre 1896 à La Haute Charmoie, commune de Fontaine Simon, fille de Maxime Noël et Lucie Guyot. Lucie, fille de Louis Grégoire et Marie Louise Coudray, est la demi-sœur de Louise Guyot cafetière et épicière à Manou. Camille, fille d’un cultivateur aisé, va à l’école de Fontaine Simon jusqu’en 1910, deux ans après avoir obtenu le Certificat d’Etudes. Une vie paisible avant la guerre de 1914 pour laquelle son frère Arthur est mobilisé puis blessé lors de la bataille de Verdun en septembre 1916. Arthur revenu de la Grande Guerre exploitera la propriété rurale de La Haute Charmoie.

Camille achète le café-épicerie de sa tante Louise Guyot en octobre 1918 avant de se marier le 23 juillet 1919 avec Mary Lecointre, fils d’Alphonse et Maria Houlle, cultivateurs à La Villedieu de Manou.

Par contrat de mariage du 18 juillet 1919 passé devant Me Gaudier notaire à La Loupe, Camille Noël apporte ses biens acquis de Louise Guyot, dont le fonds de commerce avec ses marchandises; l’estimation de l’inventaire de 1918 est reprise telle quelle avec l’ajout de 4816 francs correspondant aux liquides acquis par la nouvelle cafetière.

Le 14 septembre 1920, Mary Lecointre procède, auprès du Tribunal de Commerce à Nogent le Rotrou, à l’inscription au Registre du Commerce. Le commerce est déclaré sous le nom « Maison Lecointre-Noël » avec pour enseigne : « épicerie - café- engrais ».

Camille et Mary, qui aménagent une devanture en 1923, reprennent et développent les activités que Louise avait créées :

* Le café avec billard, et un commerce de vins et liqueurs

* L’épicerie et la mercerie dans lesquelles les produits se diversifient ; sont ajoutées la vaisselle et les faïences, ainsi que les couronnes mortuaires.

Un inventaire établi en 1940 montre la diversification des marchandises et la présence de « marques » absentes en 1918. En ce qui concerne l’épicerie on trouve notamment :
des pâtes Délices et Lustucru, du tapioca Petit Navire, de la semoule de blé, du riz…
du sucre, des chicorées Reverdy et Leroux, du café, mais aussi du cacao Nestlé, du Nescao, des instantanés Poulain…
des tablettes de chocolat Ibled, Révillon ou Kolher, des bonbons et des dragées…
des biscuits à la cuillère, des biscuits Gondolo…
des paquets de flans, des boites de crème instantanée…
des boites d’haricots verts, de petits pois, de champignons, mais aussi de cassoulet, de tripes et de bœuf en gelée…..

La vente de vaisselle s’est étoffée : toujours des cargeottes (pour faire le fromage blanc), mais aussi des tasses, des verres, des bols, des coquetiers et des vases à fleurs.

L’activité mercerie s’est aussi beaucoup développée avec l’extension aux vêtements : toujours des bas et chaussettes, mais aussi des gants, des chandails et pull-over, des chemises de laine ou de coton pour femmes et hommes, des blouses et tabliers... Il y a aussi des chaussons, espadrilles et chaussures.

* La régie des tabacs est obtenue

* La boutique propose des cartes postales éditées sous le nom « Lecointre » ou « Lecointre-Noël » dans les années 30. Pour ces cartes la famille est mise à contribution; les enfants posent fièrement « pour la postérité » ! Cette promotion personnelle laisse un témoignage précieux d’un temps où les photographies étaient rares.

* Mary Lecointre, fils d’un cultivateur-éleveur et dont les neuf frères et sœurs sont tous paysans, ajoute un commerce de grains et engrais. Il vend notamment de l’avoine pour les chevaux.

Pour illustrer ces activités il me reste un sachet en papier qui servait à emballer les produits vendus en vrac, le sucre, le riz, les haricots, etc…Ce sachet, dans une vision publicitaire précurseur, constituait le logo – l’enseigne de la boutique !

Faute d’autres documents, il me faut visiter des musées et par exemple celui des Muséales de Tourouvre (61) à quelques kilomètres de Manou pour imaginer ce café-épicerie tenu jusqu’en 1944 par mes grands parents. Fin 1944, le fonds de commerce est vendu et la maison louée; l’activité y perdurera toutefois jusque dans les années 1970.


Saisie : Dominique LECOINTRE-MONTAGNE

Dernière modification : 12 Juin 2011