Histoire des communes

La Ville-aux-Clercs : Eglise Saint-Barthélémy

Rue Place de l'Eglise
Voir aussi :
Construction 1100
 

Y avait-il une église avant le XIIe siècle ? seules des fouilles archéologiques de l'église pourraient résoudre une telle question. Les fouilles archéologiques récentes sur les églises construites au XIe et XIIe siècle ont mis en valeur les traces d'édifices bien antérieurs. Il n'est pas exclus que dans le courant des VIIe et VIIIe siècles il y ait eu une petite église en bois dans la paroisse.

XIIe siècle

On trouve la première mention réelle de l'église dans la bulle du pape Alexandre III du 9 septembre 1173 qui confirme les biens et possessions du chapître de l'église Notre Dame de Chartres. Parmi la liste des possessions : Desconfetura avec l'église construite en ce lieu.

Après les invasions normandes et la redistribution des pouvoirs dans le courant du XIe siècle, la prospérité revient dans les campagnes. Grâce à l'impôt de la dîme qui revient au patron de la paroisse, beaucoup d'églises sont reconstruites. L'église de Desconfectura a sans doute été reconstruite en pierre à la fin du XIe siècle ou dans le courant du XIIe siècle.

L'église de la Ville-aux-Clercs était placée sous le vocable de Saint-Julien au XIIIe siècle. Il pouvait s'agir de Saint Julien de Brioude (ou d'Auvergne), soldat romain martyrisé à Brioude en l'an 304, un des saints les plus vénérés en Gaulle; ou de Saint Julien du Mans, premier évêque du Mans (III-IVe siècle) et probablement évangélisateur de la région. A une époque indéterminée l'église fut placée sous le vocable de Saint Barthélémy qui était un disciple du Christ. On l'identifie comme le disciple appelé Nathanaël. Saint Barthélémy fut martyrisé et écorché vif, c'est pourquoi il est devenu le patron des bouchers (voir le vitrail central dans le choeur représentant Saint Barthélémy un couteau dans la main).

Nous ne savons pas quand l'église Saint Barthélémy prit ce vocable mais si on accepte l'hypothèse d'une relation entre l'ancien nom du bourg et le patron des bouchers, nous devons admettre que le culte de Saint Barthélémy est bien antérieur au XIIe siècle.

Pendant la guerre de cent ans, par suite des dépradations des gens de guerre et la crise économique qui en résulte, le manque d'entretien provoque le délabrement des édifices religieux.

XVIIe siècle

Au début du XVIIe siècle avec le prospérité retrouvée, d'importants travaux de restaurations ont pu être engagés.

La nef de l'église a été reconstruite et agrandie au Nord, quatre fenêtres éclairent l'église. Ces fenêtres sont en plein-cintre à deux meneaux et à remplage renaissance.

La porte d'entrée de l'église marque le milieu de la nef de l'église du XIIe siècle. La nef ayant été agrandie, une petite porte (emplacement visible à droite de l'autel Sainte Thérèse) a été pratiquée et forme un complément de la porte principale. Une autre porte sur le mur de droite, lorsqu'on regarde l'autel, donnait sur le cimetière. Au dessus de cette porte un écusson illisible qui a sans doute été buché pendant la révolution.

La nef et le nouveau choeur ont été couverts d'une voûte en lambris. C'est surtout pour s'isoler des intempéries qu'un lambris a été établi. En effet une simple charpente apparente et très froide l'hiver et trop chaude l'été.

On a l'habitude d'attribuer la porte principale de l'église au XIIIe siècle. Ce portail a sans été remanié et lors d'une restauration, deux statues de la fin du XVe siècle et début du XVIe siècle ont été mises à la naissance de l'arc du portail. Il s'agit à droite d'un petit personnage avec deux oiseaux affronté et à gauche d'un . La clef de l'arc est décorée d'un Christ enfant les bras en croix

Le cloche du XVIIe siècle

Nous ne savons rien de l'ancien clocher de l'église Saint-Barthélémy.

Le clocher assez élégant est formé d'une tour carrée qui devient octogonale à environ 20 mètres de hauteur. De petites fenêtres de type meurtrières éclairent le beffroi. Le beffroi est surmonté d'un dôme, lui-même surmonté d'un clocheton et d'un campanile. Les angles sont décorés de pinacles formant arc-boutant.

Le nouvelle porte est surmontée d'un arc de décharge qui a pour fonction de répartir le poids de la tour de chaque côté sur les montants et non sur l'arc de la porte.

La sacristie se trouvait accolée au mur du choeur, c'était sans doute une construction du XVIIe siècle.

Dans le bas de l'église, à l'autel de Sainte Thérèse, deux plaques commémoratives : l'une est une épitaphe en l'honneur de Michel de Verthamon, fils du seigneur du Fort Girard de la Ville aux Clercs, l'autre concerne un legs de fabrique.

Sur le mur de droite, juste avant l'entrée du choeur, un grand Christ qui date de 1634.

Le clocher possède quatre cloches dont trois récentes mais le plus ancienne date de 1580. Les inscriptions portées sur cette cloche mentionnent six personnes qui sont des membres de la famille des seigneurs de la Ville-aux-Clercs et du Fort Girard.

Les curés de la paroisse avaient la faculté de se faire enterrer dans le choeur de l'église, les différents travaux de carrelage ont fait disparaître toute trace de sépultures.

L'église sous la révolution.

Les biens de la cure, ceux de la fabrique et de l'Evêché furent vendus au titre des biens nationaux.

En 1794, les révolutionnèrent pillent et massacrent ce qui se trouve dans l'église. Un sans culotte de la Ville-aux-Clercs sauve le beau Christ en le cachant dans le clocher. Les révolutionnèrent découvrent la cachette et veulent détruire la statue mais suivant la tradition orale, ce brave sans culotte présente à ses compères le Christ comme étant le premier révolutionnaire, et même, racontent certains, on l'aurait promené triomphalement dans les rues coiffé du bonnet phrygien.

Le 28 ventose (18 mars 1794) les membres du comité de surveillance de la commune avaient assisté à une grande sauce épuratoire à Mondoubleau. A leur retour de Mondoubleau, embrasés du feu sacré de la raison et de la liberté, ils brisèrent et brulèrent radicalement tout ce qui pouvait tenir à l'erreur et à la superstition. Le cimetière situé au milieu du bourg pouvait encore leur rappeler le funeste souvenir du fanatisme et armés d'outils, ils firent tomber plus de la moitié des murs du cimetière. Craignant d'aller trop loin, ils suspendirent cette opération.

XIXe siècle : les dernières grandes transformations.

En avril 1850, c'est toute une campagne de travaux sur les bâtiments communaux que le conseil municipal envisage de réaliser : restauration du clocher dont la toiture est en ruine, de la tourelle, du puits public sur la place du bourg, réparation des piliers adossés au mur de l'église, construction d'un perron pour l'entrée de l'église et travaux au presbytère.

L'agrandissement de l'église et la reconstruction du choeur en 1866.

Les travaux réclamés par Monsieur le curé depuis 15 ans furent financés par Monsieur de la Rochefoucault, duc de Doudeauville, la commune et la Fabrique étant sans ressource.

Le projet correspondait "au désir de réparer l'église qui est dans un état déplorable, pour faire un ensemble complet, il faudrait ajouter un choeur, mettre des vitraux, augmenter le nombre des cloches et placer dans le clocher une nouvelle horloge".

Les plans du nouveau choeur furent dressés par Mr Landron, architecte à Saint-Calais en 1865.

Les travaux consistèrent donc à démolir le pignon Est du choeur, supprimant ainsi la sacristie, et à construire dans le prolongement de l'ancien choeur un nouveau sanctuaire édifié sur une crypte. Le choeur sera voûté d'une voûte en brique supporté par six piliers. Le remplage des trois fenêtres en tiers-point a été réalisé dans le style Renaissance. Les travaux furent terminés en 1868. Le maître autel en pierre date de cette époque.

Trois nouvelles cloches sont installées dans le clocher.

Les vitraux du sanctuaire

Le vitrail du centre représente Saint Barthélémy, patron de la paroisse.

Dans les vitraux de droite et de gauche, on retrouve dans les médaillons de chacune des fenêtres, les armoiries du Vicomte de la Rochefoucault, Duc de Douveauville, avec se devise :"c'est mon plaisir".

Sur le côté droit un assez joli tableau représente Thomas mettant son doigt dans les plaies du Christ.

Dans le déambulatoire, deux statues de Saint Joseph et Saint Barthélémy.

En 1870, acquisition d'un grand meuble en bois sculpté, placé au-dessus des escaliers menant à la crypte et exécuté par Dadu, menuisier. "Le meilleur menuisier, ouvrier du pays, et un des meilleurs catholiques".

XXe siècle, campagne de restauration 1972-1974.

L'architecte des bâtiments de France, Monsieur Gaston, établit un devis qui comprenait la restauration du portail Ouest, la reprise des fondations du côté Sud, la restauration des façades Sud et Nord, la restauration du chevet(reprise des contreforts), travaux d'assainissement des façades Sud et Nord, la réfection des enduits de la face gauche du clocher et du pignon Ouest et enfin la réfection des enduits intérieurs de la nef. La réfection des enduits intérieurs de la nef nécessitèrent le démontage des boiseries en place sur les murs. Ces boiseries ne purent être remises en place après les travaux, ce qui malheureusement retire beaucoup de cachet à la nef et nuit à l'acoustique.

Il y avait de chaque côté de l'ancien choeur, trois rangées de belles stalles datant de 1855 et qui malheureusement ont été supprimées dans les années 1960. Il reste quelques vestiges de ces stalles dans le sanctuaire.

Les vitraux de la nef.

Sur le côté droit : le premier vitrail a été offert par la paroisse en 1933, en souvenir de la guerre 1914-1918.

Le deuxième vitrail a été offert par l'Abbé A. Cornet en 1933 à l'occasion du 500e anniversaire de la mort de Jeanne d'Arc.

Sur le côté gauche : le premier vitrail a été offert par l'Abbé Grandjean et Mr Grosleau en 1954, et représente Sainte Barbe, patronne des pompiers.

Pierre tombale de Michel de Verthamon

Ici gît
MICHEL DE VERTHAMON

Gloire et ornement de Lutèce
Enfant chéri de Malte
Gloire de parents de très noble origine

L'amour des Gaules l'éloigna des frontières.
D'abord enfant que le grand prêtre de Malte voua à un engagement sacré, il donna ensuite à sa famille un chevalier généreux, un adolescent digne d'honneur, se manifestant par des dons de toutes sortes.

De retour en Gaule, il suivit Louis le Grand chez les Séquanes, Condé chez les Ménapiens, toujours intrépide au milieu du carnage.

Ayant perdu son cheval, il revint chez lui où les embrassements de son père le réconfortèrent et les prévenances de ses frères le ranimèrent.

Hélas la douleur envahit les uns et les autres qui le pleurèrent bientôt et la peine remplaça l'immense joie.

Les pieuses mains de son père et ses frères, survivant à leur chagrin, ont élevé, pour l'amour de lui, ce monument suprême.

Fait à la Ville-aux-Clercs.
A.R.S.H. 1674, le 6 décembre, à l'âge de 17 ans
Qu'il repose en paix !

Testament d'Hubert-Etienne Bigot

"Pour la gloire de Dieu et le bien de la paroisse de la Ville-aux-Clercs, Hubert Etienne Bigot, par testament reçu devant Chrétiennot et son confrère, notaires à Paris, le 14 mars 1740, insinué le 22 décembre suivant, a institué pour sa légataire universelle, l'oeuvre et fabrique de cette église de la Ville-aux-Clercs, aux charges, clauses et conditions suivantes :

Le sieur Bigot fonde a perpétuité un chapelain dans la chapelle du château de cette seigneurie dont la dénomination est dévolue au seigneur actuel et à ses successeurs dans ladite seigneurie, en considération de laquelle et pour contribuer au bien de la paroisse, il accorde irrévocablement une maison située dans le bourg, appelée le Pavillon, pour servir de logement au dit chapelain et tenir des écoles. Le sieur chapelain nommé sera tenu de célébrer une première messe tous les dimanches et festes de l'année en l'église paroissiale, et de faire gratuitement et exactement l'école aux pauvres enfants des deux sexes de la paroisse, pourquoi la fabrique le payera annuellement la somme de 300 francs sur sa quittance.

La fabrique délivrera par an 90 francs à Mr le curé pour habiller 6 pauvres de la paroisse, 3 de chaque sexe.

Les fabriciens comptables feront dire par an quatre saluts, savoir : les dimanche, lundi et mardi-gras, et la quatrième jour de Saint Etienne, patron du fondateur, le tout à son intention et pour le repos tant de son âme que de ses deux femmes ; pour cela la fabrique aura 20 francs par an dont elle payera pour l'honoraire par chaque salut 20 sols à Mr le curé et 10 sols au sieur chapelain pour assistance.

Le sieur Bigot bien qu'il soit payé par an 6 francs à chacun des deux enfants de choeur et encore la somme de 12 francs, aussi par an, au bedeau ou sonneur de la paroisse.

La fabrique retiendra par chaque année 60 francs pour fournir de sa part le pain, le vin, luminaire et les ornements pour les messes célébrées par ledit sieur chapelain dans l'église paroissiale.

Le sieur Bigot, bienfaiteur, ordonne que le surplus de son legs universel soit remis, tous les ans, à Mr le curé de la paroisse, sur sa quittance, pour, par lui de concert avec Mr le Seigneur, être distribué aux pauvres du lieu suivant leurs besoins, sans être sujet à un rendu-compte.

Quant aux fabriciens en charge, le sieur fondateur veut qu'ils soient tenus de compter tous les ans des deniers du legs au jour qui leur sera indiqué par le Seigneur en présence de Mr le curé............................et habitants assemblés à ce sujet, le............................ tout conformément.......... Hubert Etienne Bigot et relativement au .............. en conséquence entre Monsieur le con......................................François Oury, prêtre...................... Monsieur Charles Maillet............................procuration des syndics.......................la Ville-aux-Clercs................contrôleur des....................la qualité d'éxécuteur .........................MM Jourdain le jeune....................................... Paris le 30 mars 1740..........................sieur Bigot, bienfaiteur....................monte à 494 francs, le reste............

Source : Notice historique dans l'église de la Ville-aux-Clercs


Saisie : Christiane BIDAULT

Dernière modification : 13 Août 2011