Histoire des communes

Beaumont-les-Autels : Lavoir

Rue Rue du Général De Gaulle
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Le Nogentais, 27/01/1907 - Levée de battoirs à Beaumont

Nous n’avons pas eu le temps de vous entretenir dimanche de la révolution de lavoirs qui a éclaté l’autre semaine à Beaumont-les-Autels, révolution toute pacifique du reste et qui n’amènera, espérons-le, aucun changement de régime pour les lessives et les travaux d’intérieur. N’empêche qu’on a eu un moment d’émoi et que les Beaumontais ont été sur le point de se faire blanchir à Londres.

La première proclamation a été lue le dimanche, à haute et intelligible voix, par le tambour de ville. La voici :

Avis

Les femmes de journée de la localité préviennent le public que, à partir de ce jour, leur salaire sera augmenté de vingt-cinq centimes par jour, soit 1 fr. 25 nourries, et 2 fr. par jour également sans nourritures, et le travail à l’heure sera payé vingt centimes.
En outre, pour le droit de l’ouvrière et l’intérêt des maîtres, il est décidé que la durée du travail sera maintenue de six heures du matin à six heures du soir d’octobre en mars et de six à sept d’avril en septembre.
Le motif de ce supplément est l’augmentation excessive des denrées.
Fait à Beaumont , le 12 janvier 1907
Toutes les ouvrières de Beaumont-les-Autels.

Nos députés ont fait école, comme on voit. « Nous nous allouons 17 francs de supplément par jour », disent nos honorables. – « Notre salaire sera augmenté de cinq sous », répondent les femmes de journée.

Il n’y a qu’une différence entre les deux cas : c’est que les députés sont les maîtres, tandis que les ouvrières de Beaumont ont à compter avec ceux qui les emploient.

Aussi le lendemain, réponse à la précédente proclamation, ainsi conçue :

Habitants de Beaumont

Le syndicat des laveuses a déployé ses bannières pour nous annoncer l’augmentation de son tarif.
L’heure des sacrifices arrive. Supprimons le setier, le café, la rôtie ; laissons les tartines. Les temps sont durs ; faisons des économies.
Le présent appel sera inséré au journal du Syndicat des poules d’eau.

Quelques jours après cette ouverture des hostilités, avait lieu un lavage de lessive dans une maison du bourg. Deux laveuses y prenaient part, dont une syndiquée, qui fut privée naturellement des petites douceurs accordées à sa compagne, ce qui revient à peu près au même : cinq sous de gagnés en argent, dix sous de perdus en nature. C’est là souvent le résultat pratique des réformes.

Nous souhaitons, pour notre part, meilleure chance au nouveau syndicat, auquel nous proposerions de prendre comme titre : les « Battes-Mares » Beaumontaises.
Batte-marie est, on ne l’ignore pas, le gentil surnom patois des bergeronnettes qui voisinent souvent avec les lavandières au bord des pièces d’eau et dont la longue queue toujours en mouvement imite assez bien le va-et-vient du battoir, d’aucun disent même de la langue de nos braves travailleuses ; mais c’est là une pure calomnie.

B.GAULT


Saisie : Christiane BIDAULT

Dernière modification : 15 Juin 2012