Histoire des communes

Château-du-Loir : Gare (ligne Paris-Bordeaux)

Rue Place de la Gare
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Source : Collection privée

 

Sur la commune qui compte alors 3 080 habitants, la Compagnie du Chemin de fer de Paris à Orléans (PO) établit une station de deuxième catégorie nommée Château-du-Loir qu'elle met en service avec sa ligne de Tours au Mans le 19 juillet 1858.
C'est aujourd'hui une gare de la Société nationale des chemins de fer français (SNCF) desservie par des trains Intercités circulant entre Tours et Le Mans, et des trains express régionaux TER Pays de la Loire circulant entre Tours, et Le Mans ou Caen.

La ligne de Paris à Bordeaux, par Chartres et Saumur, qui dessert :

Bessé-sur-Braye, Pont-de-Braye. Ruillé-Poncé, La Chartre, Chahaignes, Vouvray-Marçon. Château-du-Loir, Saint-Aubin-la-Bruère, Chenu.. Réseau de l'État.

Accident du 15/05/1910 - Collision entre deux trains en gare de Château-du-Loir.

Plusieurs blessés. (Dépêche de notre correspondant)

Château-du-Loir, le 15 mai.

Un accident assez grave s'est produit cette nuit, en gare de Château-du-Loir, à onze heures et demie du soir : deux trains se sont rencontrés et cinq voyageurs ont été blessés.

Le train de marchandises 2060 était en manoeuvre, à proximité de la gare de Château-du-Loir, importante en raison de ses nombreux embranchements, lorsqu'il fut pris en écharpe par le train de voyageurs 97, venant de Chartres et correspondant, à Château-du-Loir, avec l'express arrivant à Bordeaux à 6 h 43 du matin.

Le choc fut des plus violents, et, dans la nuit, la panique fut indescriptible dans le train tamponneur, bondé de voyageurs partant en vacances. Dans le train de marchandises, un vingtaine de têtes de bétail avaient été tuées, et plusieurs wagons étaient broyés.

Les secours furent immédiatement organisés et on retira des décombres les blessés. Parmi eux citons :
- MM. Cholin, chef de train, demeurant à Château-du-Loir, qui a eu les deux cuisses broyées ; l'amputation a été jugée nécessaire.
- Lucien Camus, cavalier au 1e chasseur, en garnison à Châteaudun ; contusion à la tête. Ce militaire est soigné chez ses parents qui habitent à Château-du-Loir et chez lequel il venait en permission.
- Amy, cavalier au même régiment, blessures au bras. Le soldat Amy allait dans sa famille à Savigny-du-Lude, où il a pu se rendre après avoir reçu des soins des médecins de Château-du-Loir.
- Charpentier, fils du chef de la station de Noyant-Méon ; entorse au pied, état sans gravité.
- Bouvier, convoyeur des postes du train 97, domicile à Château-du-Loir ; contusions à la tête, état sans gravité.

Les dégâts matériels sont très importants; les débris ont obstrué complètement les voies montantes et descendantes, et un service de transbordement de voyageur a dû être organisé, ce qui a provoqué de sérieux retards.

Le petit journal (16/05/1910)

Le tamponnement de Château-du-Loir, le récit d'un voyageur

Le Mans, 15 mai.

J'ai pu voir, au cours de mon enquête sur l'accident de chemin de fer de Château-du-Loir, un voyageur qui avait pris place dans le train tamponneur et qui m'a fait le récit suivant :

"Le train 12060 devait être garé à Château-du-Loir pour laisser passer l'express Paris-Bordeaux. Il fut en effet lancé sur une voie de bifurcation, mais, à ce moment notre train arriva et le prit en écharpe.

Il y avait trois wagons remplis de bétail ; ces trois wagons furent littéralement broyés. Ce fut une horrible boucherie ; les pauvres bêtes, prises sous les décombres, râlaient ou poussaient d'affreux mugissements.

Le fourgon du train tamponneur fut détruit et le chef de train, M. Cholin, eut les jambes fracturées. Le deuxième wagon fit une culbute effroyable et alla retomber sur le compartiment suivant, où se trouvaient de nombreux soldats permissionnaires. Plusieurs de ceux-ci furent blessés ; je puis vous en citer trois que j'ai vus, les soldats Richard, Charpentier et Amy."

De mon côté, j'ai fait sur cet accident une enquête qui m'a permis de recueillir les renseignements suivants :

Dans la gare de Château-du-Loir, ce fut tout d'abord, parmi les voyageurs, un sauve-qui-peut général. Le premier mouvement d'affolement passé, on se préoccupa d'organiser les secours.

Tout le personnel a fait largement son devoir.

Le soldat Richard, dont a parlé mon interlocuteur appartient au 1e régiment de chasseurs de Châteaudun. Il se plaint de lésions internes et porte des contusions multiples. Le soldat Richard a été transporté à l'hospice de Château-du-Loir.

Le soldat Amy appartient également au 1e chasseurs ; il a une clavicule cassée ; le soldat Charpentier, du 102e régiment d'infanterie, caserné à Nogent-le-Rotrou, est blessé au pied droit. Amy et Charpentier ont pu continuer leur route et seront soignés dans leurs familles.

Outre les fractures qu'il a aux jambes, le chef de train Cholin souffre de lésions internes ; son état est des plus graves.

Les autres voyageurs ne portent que de légères contusions.

Cet après-midi, le service normal a été rétabli sur les deux voies et a fonctionné à partir de quatre heures et quart.

Le petit journal (16/05/1910)


Source : Wikipédia

Saisie : Christiane BIDAULT

Dernière modification : 26 Août 2022