Histoire des communes

Arville : Commanderie

Rue Allée de la Commanderie
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Construction 1130
 

Après la prise de Jérusalem par les Croisés en 1099, neuf chevaliers français créent en 1118 une milice religieuse qui deviendra l’ordre du Temple. Les membres de cet ordre étaient moines et soldats. Ils s’établissaient dans des seigneuries, que l’on appelait commanderies. Au moment de la chute de l’Orient
latin, les Templiers se replièrent en Europe, où leur richesse fit d’eux les trésoriers du roi de France et du Pape. En 1307, Philippe le Bel accusa l’ordre de corruption et voulut s’approprier ses richesses. Il fit pression sur le Pape Clément V qui dut prononcer la dissolution du Temple le 3 avril 1312. Les biens immobiliers furent attribués aux Hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem. Les Templiers furent arrêtés, torturés puis condamnés à l’issu d’un long procès (1307-1314). Ils moururent sur le bûcher. Le plus célèbre d’entre eux fut Jacques de Molay.

Les Templiers s’établirent à Arville en 1130. Leur domaine, mis à leur disposition par le seigneur de Mondoubleau, s’étendait sur 1000 hectares. La Commanderie est un domaine agricole, un lieu d’entraînement pour les chevaliers en attente d’aller combattre en Terre Sainte et un lieu de vie religieuse. Après la chute des Templiers, les Hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem, également Chevaliers de Malte, en deviendront propriétaires jusqu’à la Révolution Française.

Vendue comme bien national en 1793, seul fut détruit le logis du commandeur et des chevaliers au début du XIX° siècle à l’emplacement du presbytère actuel. Quelques vestiges subsistent dans les fondations. Le premier cadastre en fournit le plan en U et une gravure du XIX° siècle montre la façade ouest.

La commanderie a été restaurée en 1979 et est ouverte au public depuis 1983.

La Commanderie comporte tout d’abord une porte avec ses deux tourelles. Les deux tours paraissent à première vue identiques, mais elles sont en fait très différentes. L’une des tours est construite avec des briques et des pierres, alternées en échiquier sur sa partie inférieure et on retrouve sur la partie supérieure une disposition en losange.

La présence d’un pont levis et d’un fossé sont attestés au XVII° siècle. L’enceinte entourant l’ensemble du domaine n’était pas militaire, elle permettait juste d'assurer la sécurité quotidienne dans un temps d’insécurité permanente.

La grange dimière, servant à entreposer la dîme (à l’époque des hospitaliers), est assez grande, révélant ainsi la richesse du domaine. Elle fut utilisée par la suite comme maison de cultivateur. La charpente, construite en châtaignier, remonte au début du XVIe siècle. On peut y voir la Croix de Saint-André. Le pigeonnier, qui était à l’origine une tour de guet, contient 2000 boulins, révélant également l’étendue importante du domaine.

Il y avait 2 écuries : une petite pour 8 à 10 chevaux et une autre de 50 chevaux, aujourd’hui c’est le musée. A l’étage, un grand grenier servit autrefois de tripot (on y pratiquait le jeu de paume). Les templiers d’Arville ont reçu en 1205 l’autorisation de Geoffroy de Mondoubleau de tenir une halle pour y acheter et y vendre toutes les provisions de bouche à l’exception des grains, chevaux, bœufs, porcs, brebis.

Il reste un jardin médiéval composé de 4 carrés : le carré potager, celui des herbes médicinales, des plantes des champs et les utilitaires (lin, chanvre…).
Le four à pain fonctionne encore.

Le four à pain fonctionne encore.

Lors de la visite guidée, un diaporama racontant l’épopée des Templiers est présenté. Il est aussi possible de visiter un musée, installé à l’intérieur de la Commanderie, qui raconte de façon interactive l’histoire des Templiers.

Sources : documents des visites guidées, article paru dans le souâton de septembre 2002 (Laurence Bidault).


Saisie : Christiane BIDAULT

Dernière modification : 7 Janvier 2012