Morée : Monuments aux morts 1870
Inscription
Depuis 1880, provenant de 50 sépultures sommaires du champ de la bataille de la Varenne et de sépultures du cimetière de Morée, reposent ici les restes mortels de 115 soldats français tombés lors des combats franco-allemands de Morée les 11 et 16 décembre 1870.
Inscription du monument dans la cour de la caserne des pompiers
Morée 1870, à l'armée de la Loire
La guerre de 1870-1871
Née de la rivalité franco-allemande sur la succession d'Espagne, la guerre franco-prussienne de 1870-1871 est un désastre militaire.
Napoléon III déclare la guerre à la Prusse. L'empereur tombe dans le piège préparé par le chancelier Bismarck, par la faute de son ministre des Affaires étrangères, le duc Adolphe de Gramont, partisan d'une politique belliciste.
Une dépêche, venant d’Ems, nom donné aux informations télégraphiées par Guillaume Ier, qui séjournait à Ems (Bad Ems), à Bismarck qui en publia une version habilement tronquée ... Des deux côtés du Rhin, on en appelle à la guerre contre le voisin. C'est le début d'un terrible enchaînement qui va changer la face de l'Europe, jusque-là insouciante et prospère.
1e septembre, Napoléon III et Mac Mahon font leur reddition à Sedan.
18 septembre, les allemands sont aux abords de Paris.
7 octobre, Gambetta s'échappe en ballon, de Paris assiégé, et gagne Tours; puis Bordeaux le 7 décembre.
27 octobre, Bazaine capitule à Metz. Avec Sedan, c'est une armée de 400000 hommes qui est hors de combat.
9 novembre, bataille de Coulmiers, Loiret, route de Morée-Orléans, à 35kms de Morée, victoire locale des français sur les allemands. 3 décembre, les allemands occupent définitivement Orléans et coupent l'armée de la Loire en deux. Celle du nord de la Loire devient 2e armée de la Loire, général Chanzy, le 5 décembre.
6-10 décembre, dure bataille de Beaugency-Cravant. De son PC de Josnes, le général Chanzy ordonne la retraite jusqu'à une ligne de résistance, les coteaux et la rive droite du Loir.
9 novembre, bataille de Coulmiers, Loiret, route de Morée-Orléans, à 35kms de Morée, victoire locale des français sur les allemands. 3 décembre, les allemands occupent définitivement Orléans et coupent l'armée de la Loire en deux. Celle du nord de la Loire devient 2e armée de la Loire, général Chanzy, le 5 décembre.
6-10 décembre, dure bataille de Beaugency-Cravant. De son PC de Josnes, le général Chanzy ordonne la retraite jusqu'à une ligne de résistance, les coteaux et la rive droite du Loir.
Durant la guerre de 1870-1871, le département de Loir-et-Cher fut envahi par les armées allemandes, notamment par les troupes commandées par le grand-duc de Mecklembourg et par le prince Frédéric-Charles ; il fut le théâtre principal de la retraite de la seconde armée de la Loire dirigée avec une grande énergie par le général Chanzy. Des combats sanglants furent livrés dans la forêt de Marchenoir, à Josnes, à Morée, en avant de Vendôme.
Histoire du département du Loir-et-Cher (Région Centre) Publié par La Rédaction
3e bataillon de marche
Le 3e bataillon de marche de chasseurs à pied, formé à Rennes en octobre 1870, participe à cette campagne admirable par laquelle CHANZY sauve l'honneur de la France.
Ce bataillon est cité par deux fois à l'ordre du jour du 16e corps (combat de Vallière, 7 novembre. Combat de Villepion 1er décembre).
Il se distingue encore le 14 décembre à Morée où, pour couvrir la retraite de la IIe armée de la Loire, il incendie un pont sous le feu de l'ennemi.
A la paix, le 3e bataillon de chasseurs se reconstitue avec les débris des deux bataillons de guerre.
Combat de Morée (14, 15 et 16 décembre 1870)
C’est le 89ème Régiment de Grenadiers Prussien qui attaqua Morée. Le Général Rousseau se porte sur Morée en passant le pont de Villeprovert. L’artillerie allemande établie sur les hauteurs les force à reculer ; elle détruisit même 2 maisons à la Blinière.
Notre artillerie put prendre position et tenir tête à l’ennemi. A 3 heures du soir, les batteries ennemies qui tiraient sur la route de Binas à Morée ont cessé leur feu. Le général Rousseau fait avancer 2 bataillons par les vignes et les villages qui bordent la crête sur la rive gauche de la vallée.
L’ennemi ne paraissant pas soupçonner la présence des Français sur la crête où les dernières troupes s’engagent jusqu’au ravin de la carrière qui descend des Fougerets, pendant que 2 batteries avec 2 bataillons soutiennent l’attaque sur notre droite, route de Vendôme.
Le combat cesse à la nuit, les positions sont conservées ; pertes 65 tués, blessés où prisonniers.
Le sergent-major Louvel, blessé, passa la nuit sur le terrain ; il fut emporté le lendemain dans une maison du hameau de la Blinière. Devenu Préfet, monsieur Louvel revint à Morée et voulut revoir le lieu où il fut blessé : Il reconnu la croix ( de St Vincent) qu’il avait remarqué pendant le combat et le ravin qu’il avait franchi 2 fois sous le feu de l’ennemi ainsi que l’endroit où, frappé par une balle à la cuisse, il était tombé et avait passé la nuit.
Le 15 les troupes conservent leurs positions ; le 16 à la faveur du brouillard, des éléments ennemis se dirigent vers Saint-Jean Froidmentel. Le Général Rousseau résolut de faire enlever Morée et les hauteurs environnantes. Une batterie d’artillerie prépara le mouvement. Un combat très vif s’engage près du Loir. Les troupes disponibles à Villeprovert vinrent porter main-forte. Mais, les troupes n’avançant plus, Rousseau donne l’ordre d’aborder la position à la baïonnette : Alors ils s’élancèrent au son des clairons.
Les prussiens abrités dans les maisons, derrières les clôtures et barricades, ouvrirent un feu violent et meurtrier. Une section arriva tout près du village ; mais les Français attaqués, sur leur droite, durent battre en retraite. A 3 heures du midi, au plus fort du combat, l’ordre de retraite arriva.
Pour masquer ce mouvement et épargner le sang de ses soldats aux prises avec l’ennemi, le commandant de la première division combattit jusqu’à la nuit, repassa le Loir et se conforma au mouvement général de l’armée. Les troupes allemandes, épuisées, renoncèrent à poursuivre les Français qui perdirent 172 tués et blessés.
Les Prussiens occupèrent Morée du 14 décembre 1870 à Mars 1871 ; ils livrèrent le pays au pillage et exigèrent 6000 francs de contributions de Guerre.
Le 19 juillet 1874, une dernière indemnité de 1800 francs, versée à la commune, permit à celle-ci de relever les murs du cimetière, crénelés et en partie détruits pendant les combats.
par M. Gresteau , extrait de : Monographie de Morée par Prosper Launay, instituteur, document établi en 1912
Combat de Morée 14-16 décembre 1870
Au petit matin du 14, à Morée, surprise, le 89e régiment de grenadiers allemands est là. Un duel d'artillerie s'engage, pour ne cesser que vers 15h les batteries allemandes tirent depuis la route de Binas.
Très tôt, les habitants du bourg de Morée et des hameaux se sont réfugiés dans les caves; 2 civils ont été tués.
L’un des deux civils mort dans les combats de Morée est mon aïeul Jean GONDOUIN (1798- 14 décembre 1870) âgé de 72 ans, décédé en notre commune, dans la cave du Sieur Pilon à la Blinière où il fut tué par un obus lancé par l’armée prussienne.
Saisie : Brigitte GONDOUIN
Dernière modification : 2 Juin 2012