Histoire des communes

Saint-Agnan-sur-Erre : Eglise Saint-Agnan

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D'origine romane, l'église Saint-Agnan (ou St-Aignan) a été rebâtie au XVe siècle sous l'impulsion d'Ambroise de Loré, qui fit également reconstruire le château d'Amilly.
Elle est constituée d'une seule nef sur laquelle s'ouvre une petite chapelle dans le mur Nord.

Les embellissements de l'église doivent certainement beaucoup à cette famille comme en attestent les deux vitraux datant du XVIe siècle, représentant les donateurs, et qui portent le blason de la famille de Loré : d'hermine à trois quintefeuilles de gueules. Les figures des donateurs, partiellement brisées à la révolution, ont été restaurées en 1880 par Eugène Hucher (atelier du Carmel du Mans).
Il est probable que la grande porte de l'église (qui porte la date de 1622) et le beau retable en bois orné de trois scènes de la passion en terre cuite, datant de la fin XVe siècle, qui surmonte l'autel de la Vierge dans la chapelle Nord, soient également des dons de la famille de Loré.

La révolution vit aussi la profanation de la sépulture de la famille de Loré, située dans la crypte. L'église fut transformée en club des Jacobins, et dans la chapelle Nord, recyclée en buvette, "l'on buvait dans le crâne des nobles".
Cette crypte est aujourd'hui désaffectée.

Sources :
Notice sur l'église de St-Aignan sur Erre, Bulletin de la Société historique et archéologique de l'Orne, Tome VIII, 1889.
Les Vitraux de Basse-Normandie, collection Corpus Vitrearum, Presses Universitaires de Rennes, éd. Charles Corlet, 2006.

Travaux au presbytère

Cette même année, j’ai arrangé ma maison dans l’ordre où la trouveront messieurs mes successeurs …. ? j’ai fait toutes les croisées, cheminées qui y sont, j’ai fait mettre à toutes les chambres des poutres et soliveaux, excepté la chambre côté de la salle ; j’ai fait paver tout à neuf les dites chambres. Toutes les portes qui les ferment ainsi que tout le lambris qui (a) été apposé aux dites chambres a été aussi fait par moi, aussi bien que la bordure des dites cheminées. En un mot, cette maison était si mal propre et si peu logeable que j’ai été obligé de la bouleverser, ce qui m’a plus coûté que si j’en avais bâti une toute entière. J’ai pareillement mis les écuries, cellier, pressoir dans l’état où on les trouve, n’y ayant jamais eu de planchers que ceux que j’y ai fait faire. C’est pareillement moi-même qui a fait faire le bûcher près le colombier, j’ai fait enclore le jardin tout à murs ?, n’y ayant que de très mauvaises haies de bois mort. J’ai fait aussi planter le même jardin et tous les arbres nouveaux qui sont dans les te…. ? et près de la cuve. J’ai cru devoir donner connaissance ….. ? successeurs de mes travaux, non en vue d’en tirer gloire, mais pour les engager à se souvenir de ma pauvre âme au St Sacrifice de la Messe, ayant pareillement arrangé les titres du trésor, et mis …. ? la sacristie, et le clocher dans l’état où on doit les trouver.
Ce 30 janvier 1750,
CC Margonne De Lamotte, curé de St Agnan sur Erre.

Archives départementales de l’Orne, côte 3NUMECRP359/EDPT243_13_2, vue 59.

Bénédiction du Maître-Autel

Aujourd’huy vingt-cinq mars l’an mil sept cent quatre-vingt-dix, jour et fête de l’Annonciation, avant la messe paroissiale, après avoir obtenu de feu Monsieur de Brest vicaire général du diocèse de Sées, la permission de faire démolir et reconstruire le Maître-Autel de l’église Paroissiale de Saint Agnan sur Erre, vu aussi la permission à nous adressée par Monseigneur L’illustrissime et Révérendissime Evêque de Sées, de bénir le nouvel Autel, en date du vingt-six septembre mil sept cent quatre-vingt-huit, signée de Brest, vu . g. cy-attachée, nous curé de ce lieu soussigné, nous sommes transportés dans la dite église où nous avons trouvé le Maître-Autel reconstruit à neuf et après avoir visité le dit Autel, nous avons jugé qu’il était solidement reconstruit et décemment décoré. C’est pourquoi en vertu de la sus-dite commission, nous avons béni le dit Maître-Autel avec les cérémonies prescrites par le rituel nouveau et célébré ensuite le Saint Sacrifice de la messe, en présence des habitants de cette Paroisse, notamment de Pierre Bailly Réposé, Jean Pelletier laboureur, Jacques Trémier Sacristain qui ont signé avec nous, Jacques Souvré laboureur et Louis Chevalier bordager, tous deux trésoriers de la fabrique de cette église, lesquels ont déclaré ne scavoir signer de ce interpellés. Le dit procès-verbal inséré sous les registres de la Paroisse et un double d’icelui envoyé au secrétariat de l’évêché.

Signatures : Jacques Tremier Pierre Bailly Jean Pelletier
Vacher curé de St Agnan sur Erre.

Archives départementales de l’Orne, cote 3NUMECRP359/EDPT243_16, vues 70 et 71.


Saisie : Nathalie CHANTELOUP

Dernière modification : 8 Juin 2013