L’église... (Inscrite à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques)
Evolution architecturale de l'église:
L'église Saint Michel fut construite à l'époque romane (XI-XII ème siècles).
Construite sur le flanc d'un coteau abrupt, selon un plan classique. A l'origine elle ne comprenait que la nef et choeur a chevet plat, ces deux volumes n'ont pas été modifiés, ils conservent leurs baies d'origine et le portail roman.
L'édifice fut complété à une date inconnue (probablement à la fin du moyen-âge) d'une tour-clocher, elle fut ensuite agrandie au XVIème siècle de la chapelle Sainte Barbe au nord du chœur, puis de la chapelle de la vierge au sud.
Cette campagne de travaux du XVIème siècle dut l'occasion de créer le portail latéral dont le décor d'architecture est très significatif du goût de l'époque.
Enfin, au XIXème siècle la sacristie fut ajoutée.
Les plaques funéraires
Parmi les éléments les plus anciens figurent des plaques funéraires, elles commémorent des notables inhumés dans l'église.
Celle située près de la porte latérale, en entrant vers la droite, rend hommage à Audineau qui trépassa le dernier jour de juillet 1587 ainsi qu'a sa femme décédée le 15 juillet 1598.
La seconde, près du portail principal à gauche en entrant, commémore Julien Goueslier, vicaire de la paroisse, enterré en septembre 1605.
La dernière à gauche en entrant est plus récente "nos mort pour la France de 1914/1918"
La chaire
La chaire ancienne, datant de 1669, est en partie conservée.
L'atlante, cuirassé et l'escalier en pierre sont les vestiges de la chaire.
Uniquement en pierre à l'origine, ce qui est rare, elle aurait été mutilée pendant la révolution.
En 1811, elle fut remaniée en bois, toutefois son support qualifié "Samson le Fort" a été préservé.
Le balcon de la chaire est surmonté d'un dais soutenu par deux colonnes torsadées avec entrelacs de lierres.
Les Autels et Retables
Comme la plupart des églises rurales, celle de Saint Michel a fait l'objet de la création d'autels et retables au XVIIème et XVIIIème siècles.
Le mieux conservé est celui de la chapelle de la Vierge daté de 1605, son tableau, placé actuellement en face, figure la Vierge donnant le rosaire à Saint Dominique en présence de Sainte Catherine de Sienne.
Le retable du maître autel fut réalisé en 1753 par Joseph Lebrun, ce qui entraina la disparition de la baie. Il fut modifié au XIXème siècle.
Plus récemment, l'abbé Girault fit réaliser, en 1935 à l'artiste Manceau Müller un tableau représentant Saint Michel apparaissant à Jeanne d'Arc, destiné à être placé au centre. Celui-ci est actuellement placé dans la nef.
La chapelle Sainte Barbe a également été dotée d'un retable dont l'autel a été offert par Madame de Lonlay en 1829.
Dans la chapelle de la Vierge figure une étonnante sculpture de la Vierge, sur son socle est mentionné "1897, en Egypte" . Il s'agit d'une réplique en plâtre de la vierge en marbre blanc située dans la chapelle de Sainte Colombe à la cathédrale de Sens. Son auteur est Madame Léon Bertaux, fondatrice de l'union des femmes peintres et sculpteurs, décédée le 20 avril 1909 dans son château de Lassay et enterrée au cimetière de Saint Michel. Cette maquette a été placée dans l'église en 1935.
Le Lutrin
Le pupitre destiné à recevoir les antiphonaires (livres de chants liturgiques) est daté du XVIIIème siècle, il fut modifié au XIXème siècle.
Le médaillon sur l’autel
Il s'agit d'un symbole chrétien important. Ce n'est pas une brebis mais l'Agneau de Dieu (Agnus dei). On peut le voir portant un étendard ce qui symbolise la mort vaincue (le résurrection du Christ).
Dans ceca, l'agneau apocalyptique (Apocalypse de St Jean) représenté couché sur la croix et le livre aux 7 sceaux (l'Ancien Testament).
Les 7 sceaux symbolisent la mise en action de l'acte divin au moment de l'Apocalypse :
1er sceau : la justice divine.
2ème : l'épée.
3ème : la faim.
4ème : la peste.
5ème : les martyrs sortent pour être accueillis au ciel.
6ème : la colère de Dieu.
7ème sceau : 7 anges apparaissent avec 7 trompettes.
Ensuite ces 7 trompettes retentiront annonçant chacune une catastrophe (déluge de grêle et de feu qui détruit un tiers de le Terre.
Destruction d'un tiers des êtres vivants marins; un astre tombe du ciel éliminant un tiers des eaux de sources
Destruction d'un tiers du soleil, de la lune et des étoiles; nuées de sauterelles; un tiers des hommes exterminés; et enfin le déchainement des éléments).
Les vitraux
En outre ce décor fut complété par des vitraux réalisés par François Fialex et Chatel entre 1852 et 1854, époque au cours de laquelle ils étaient associés au sein de la manufacture du Mans.
La baie n°2 dans la chapelle de la Vierge, représente l'Assomption de la Vierge sur modèle du tableau du peintre Prud'hon. Ce vitrail est exécuté un an après celui de Chatel et Fialeix cherche visiblement, par sa facture, à surmonter celui de son ancien associé. La grisaille est plus riche avec ses rehauts de doré, les formes quadrangulaires des médaillons sont plus élégantes que les médaillons de Chatel. Les Bordures de ces mêmes médaillons sont plus affinées. Enfin Fialeix ajoute sur la bordure une banderole enroulée sur elle-même et sur laquelle on peut distinguer une prière de la Vierge.
La comparaison entre les deux scènes principales peut tourner à l'avantage du vitrail de Fialeix, si l'on se rend pas compte que ce dernier reprend en les adaptant des œuvres de peintres réputé comme Ingres pour son "Assomption" et Carrache pour sa "Vierge de Pitié". Chatel au contraire, crée totalement ses œuvres. Taille:360x200cm.
La baie n°3 dans la chapelle Sainte Barbe, résulte du travail de Chatel seul. Elle fut réalisée dans le cadre de l'inauguration du chemin de fer en 1854. Cette verrière représente la vie du Christ, celle-ci est déclinée sous la forme de dix médaillons qui encadrent la scène (tableau) consacrée à l'ascension. Taille :360x200cm
Les décors intérieurs de l'église de Saint Michel, déjà très riche, fut encore complété à partir de 1859 de peintures murales lui donnant toute son originalité. Les vitraux placés dans la nef sont des créations réalisées en 1999 par l'atelier Manceau Vitrail de France dirigé par Didier Alliou
Toutefois, la baie n°5 la deuxième à gauche en entrant, regroupe des morceaux de verres anciens retrouvés lors des travaux dans l'ancienne sacristie (détruite), ils proviendraient de la baie du chœur, bouchée au XVIIIème siècle pour la mise en place du retable.
Les peintures murales
La nef et le chœur lambrissés sont ornés d'une fresque sur bois de près de 300m² exécuté par Pierre Honoré Chadaigne vers 1859 et relayé par le peintre Dubois de Chartres en 1861.
Entre chaque ferme de la charpente, les mois sont délimités ainsi que les jours qui eux sont illustrés par la représentation d'un Saint. Les mois sont inscrits au sommet de la voûte. Elles ont été exécutées en plusieurs étapes par deux auteurs différents, probablement sur ordre du Comte de Galembert dont les armoiries figurent au couronnement du retable de la Vierge.
En 1859, Pierre Honoré Chadaigne réalisa les peintures de la chapelle de la vierge, puis le peintre Dubois de Chartres prit le relais en 1861 pour exécuter les peintures du lambris, sur lequel sont représentés les 366 saints de l'année classés par mois et par jour ainsi que les autres peintures murales.
NOTA: Peinture à l'huile sur bois.
Soumises aux infiltrations et autres détériorations, ces peintures furent restaurées en 1935.
Plus récemment, la municipalité de Saint Michel, soutenue par l'Etat, la Région et le Conseil Général, a entrepris une restauration de l'édifice. Cette restauration se déroula de 1994 à 1999, elle débuta par la mise hors d'eau de l'édifice, préalable indispensable à la sauvegarde des peintures du lambris de la voûte. La restauration de cet ensemble peint fut réalisée par l'atelier R.Marinescu.
Saisie : Christophe MENU
Dernière modification : 11 Février 2014