Histoire des communes

Meaucé : Ecole maternelle publique Claude Charles

Rue Rue de la Mairie
Voir aussi :
Construction 1875

création et installation de l’école

Dans les recherches que nous avons faites dans le but de découvrir la trace d’une école à Meaucé avant la révolution, nous n’avons rien trouvé qui puisse nous autoriser à affirmer qu’il en ait existé. Les archives de la mairie sont d’ailleurs assez pauvres de documents propres à nous guider. Les registres tenus par les curés pour enregistrer les baptêmes, inhumations et mariages sont les seules sources auxquelles nous eussions pu puiser. Aucun des actes n’a pu nous fournir d’indication, dans aucun mention n’est faite de « maître d’école ». Les actes ne sont en grande partie signés que du curé et portent cette mention que «les personnes présentes ont déclaré ne savoir signer » ce qui prouve que le nombre des illettrés était très grand et peut donner à croire qu’il n’y avait pas d’école. Les seuls signataires appartenaient à la partie la plus aisée de la population, laquelle pouvait avoir reçu l’instruction à la Loupe, pays situé à 3 kilomètres en moyenne des hameaux de la commune de Meaucé.

Le bourg ne comprenait que le presbytère et la maison du sacristain et il est situé à l’extrémité est du territoire de la commune.

Jusqu’en 1816, il n’y eut pas d’école à Meaucé
A cette époque un M. Dunas, alors curé de Meaucé, réunit chez lui quelques élèves, au nombre desquels se trouvait le père de M. Goullet, ancien adjoint au maire de cette commune qui nous a fourni ce renseignement. Il y eut alors ce qu’on appelait une école presbytérale.
Elle a existé jusqu’en 1819, date du départ du curé Dunas qui est allé à Friaize, canton de la Loupe. .
L’ordonnance royale du 29 février 1816 qui relevait l’école primaire en lui donnant des surveillants officiels resta ici lettre morte.
Ce n’est qu’en 1823 que Meaucé eut une école primaire mais sans attache officielle. M. Boutry Dominique Philippe, élève du séminaire, atteint de paralysie des membres inférieurs, n’ayant pu entrer dans les ordres, réunit des élèves dans une maison lui appartenant, située au haut bois et fit la classe. Il exerçait sans titre. Sa réputation s’étendit cependant et il eut même des élèves pensionnaires dont plusieurs de Chartres..

Le conseil municipal de Meaucé réuni le 23 septembre 1833 pour délibérer sur l’organisation des écoles primaires et particulièrement sur le traitement à accorder à l’instituteur communal dit ceci : « le conseil considère que l’instituteur de cette commune n’a jamais eu aucun traitement, attendu que les ressources sont insuffisantes ; que l’instituteur qui exerce dans la commune occupe une maison qui lui appartient et que le loyer de cette maison est de 50 f.
Le conseil fait observer à M. le préfet que l’instituteur actuel se nomme Dominique Boutry, qu’il est très capable et qu’il est très infirme et le prie de prendre part à sa malheureuse position, que la commune ne peut payer sur ses revenus ordinaires, aucun traitement ou loyer de maison pour cet instituteur et qu’elle ne peut le faire qu’en ayant recours à une imposition locale, encore ne pourra-t-elle que lui donner un faible traitement.
Vote une imposition de 3 centimes, montant à 87,39 f. Elle dit encore : le conseil municipal de Meaucé voulant faire jouir cette commune de l’utilité d’un instituteur est unanimement d’avis qu’elle soit portée extraordinairement en 1834 de 3 centimes.

Le sieur Boutry exerçant sans titre ne voulut tout d’abord profiter des avantages que la loi de 1833 lui accordait.
C’est ce qui ressort d’une lettre de M. le maire de Meaucé à M. le sous préfet de Nogent le Rotrou du 24 mars 1839 pour lui retourner un mandat de 159 f 61 comme subvention départementale pour dépenses obligatoires de l’instituteur primaire. M. le maire expose que :
la difficulté d’obtenir du comité de surveillance, le certificat vient de ce que le Sr Boutry ne veut pas du traitement de 200 f auquel il a droit, ni de l’indemnité de logement qu’on veut lui accorder parce qu’il est très infirme et qu’il ne fait les écoles que pour se distraire et qu’il demande seulement qu’on lui laisse faire son école comme par le passé et qu’il se contente de la rétribution de ses élèves.
Le sieur Boutry continua d’exercer ses fonctions jusqu’au 12 mars 1842, date de son décès.

En 1843, le siège de l’école fut transporté au bourg de Meaucé dans une maison qui avait servi autrefois de presbytère. Elle fut dirigée alors par M. Lelievre Michel qui occupa ce poste jusqu’en 1845.
Il n’y eut pas d’instituteur à Meaucé de 1845 au 9 mai 1847.

Par une loi du 7 juin 1846, le territoire de la commune de Meaucé fut modifié et il lui fut annexé une portion de la commune de St-Jean-des-Murgers (Orne). Alors l’école fut transportée au village de St-Jean-des-Murgers, non que ce point fût plus central, mais parce qu’il était possible d’y trouver une maison assez spacieuse pour répondre à cette destination. La commune prit une maison à loyer et y installa la salle de classe et le logement de l’instituteur. Elle est alors une école régulièrement constituée. L’école est restée dans ce village jusqu’au 1er mars 1875.

Dès 1846, l’administration locale se préoccupa d’établir d’une façon stable les locaux scolaires et par une délibération du 4 octobre 1846, elle proposa de faire restaurer le bâtiment de l’ancien presbytère des Murgers pour y installer école. En voici les considérants :

considérant que l’instruction est une des bases les plus solides de l’édifice social et qu’il est du plus haut intérêt pour la jeunesse de lui faciliter les moyens de s’instruire, que si jusqu’à ce jour elle a été privée des bienfaits de l’instruction, ça n’a été que parce que la commune déjà fortement obérée par l’acquisition récente d’un presbytère ne pouvait s’imposer de nouveaux sacrifices pour acquérir une maison afin d’y loger un instituteur, que la commune depuis la réunion à son territoire de celui d’une partie de l’ancienne commune de Saint-Jean-des-Murgers est devenue propriétaire aux termes de l’article 5 de la loi du 13 juillet 1837 d’une maison et dépendances ayant jadis servi de presbytère qui peut offrir un logement commode pour un instituteur, mais que pour le rendre habitable et lui donner la destination convenable, il conviendrait d’y faire quelques réparations « invite M. le maire à demander l’autorisation de l’administration supérieure afin que les fonds disponibles au budget de l’instruction primaire soient employés à l’appropriation de la maison école pour sa destination ». La dépense fut évaluée à 1748 f 50..

Alors une rivalité naquit entre la section de Meaucé et celle de St-Jean-des-Murgers, chacune désirant posséder l’établissement scolaire. Il y avait là une question de vie ou de mort pour Meaucé car les Murgers possédaient et possède encore une église, s’ils avaient eu l’école il serait certainement arrivé que le curé y fut allé résider et les Murgers eussent absorbé Meaucé qui se fut trouvé anéanti. Meaucé avait du reste pris ses précautions pour ne pas être exposé à déchoir, car si nous trouvons dans une délibération du 27 décembre ce passage : le conseil municipal et les notables habitants ne voient aucun inconvenant à ce qu’on réunisse à Meaucé la section de la commune des Murgers cotée C au plan mais avec cette réserve expresse que la commune de Meaucé conservera sans altération son nom de Meaucé et que le chef lieu de la commune restera invariablement fixé à Meaucé. »

En 1847, un projet fut préparé dans le but d’approprier l’ancien presbytère des Murgers afin d’y installer l’école, mais il n’eut pas de suite faute de fonds.

En 1855, ce projet fut repris et les travaux devaient être exécutés au compte de la fabrique, la commune prenant les bâtiments à loger par bail. Cette combinaison échoua. Il fut question en 1856 de transporter l’école à nouveau au chef lieu communal. Après des pourparlers nombreux, aucune entente ne put avoir lieu, si bien que l’école resta aux Murgers.

Une grosse difficulté se présenta en 1856. Le bail de la maison école expirant le 25 juin et le propriétaire ne voulant plus louer son immeuble, il devenait urgent de trouver un autre local. La majorité du conseil voulait que l’école fût installée à Meaucé, la minorité faisait tous ses efforts pour la conserver aux Murgers.
M. le préfet d’Eure et Loir dut mettre fin au différend par un arrêté du 27 mars 1856 autorisant le maire de Meaucé à louer pour 6 ans une maison appartenant à M. Daniel et située aux Murgers sans quoi le service scolaire eut été interrompu.
Il en fut de même en 1861.

En 1869, cette question sans cesse renouvelée revient à l’ordre du jour, la location des locaux scolaires étant toujours faite à court terme forçait l'administration à s’occuper souvent de cette grosse affaire.

Enfin en 1871 l’étude de la construction d’une maison d’école fut reprise et cette fois menée à bonne fin, non sans peine toutefois car la rivalité de Saint-Jean-des-Murgers et de Meaucé existait toujours, comme on pourra le voir pour les raisons invoquées dans les délibérations que nous transcrivons.

Le 12 mai 1872, la minorité du conseil dit ceci : la proposition qui nous est faite est de voter 13 centimes pour construire une maison école dans la commune de Meaucé et qui coûtera 17 360 f..
C’est une question d’impôt mais il est bon de faire remarquer que la commune est imposée aujourd’hui et pour l’avenir de 60 centimes, qu’elle n’a et n’aura jamais d’autres ressources que des impositions, à moins de secours de l’état et du département, il serait donc utile d’adopter les moyens qui sans faire des économies occasionneraient le moins de dépenses possibles.
Il a déjà été fait diverses propositions et même des plans pour une maison d’école qui n’avait jamais coûté plus de 4000 f en y comprenant les recours de l’état et du département lesquels seront toujours acquis dans les mêmes proportions.
Mais puisqu’en dehors de l’objet qui fait notre réunion, et pour lequel nous sommes convoqué, on nous propose ou du moins on agite depuis trois réunions la question d’emplacement bien qu’elle ne nous soit pas proposée, nous répondrons aux incitations qui nous sont faites et nous désirons faire valoir que les propositions d’une école à Meaucé n’ont pour elles que de minces considérations, nous leur accordons donc que l’école et la mairie sont près de l’église de Meaucé, mais nous devons construire une école non pour la mettre à proximité de l’église mais bien pour la fixer à la proximité de tous les enfants qui sont éloignés d’une école afin que le plus grand nombre possible puisse s’y trouver réuni..
Sans combattre le projet proposé, nous ferons cependant valoir qu’une école située à Meaucé sera à deux kilomètres de la Loupe en suivant une belle route, que les villages entre la Loupe et Meaucé évalués au 5° de la commune de Meaucé envoient leurs enfants à la pension de la Loupe et les y enverront toujours de préférence à l’école de Meaucé, n’ayant toujours que la même distance et toute route, qu’au nord de Meaucé il n’y a pas un seul village par conséquent pas d’enfants.
Que Meaucé est situé entre Fontaine-Simon et la Loupe lesquels ne sont éloignés l’un de l’autre que de 2 kilomètres et il n’y a donc aucune utilité à construire une école à proximité de ces deux communes, que les autres villages de la commune de Meaucé ne peuvent y parvenir que par des chemins communaux et en sont situés à une grande distance.
Que les villages éloignés de Fontaine-Simon d’au moins 6 kilomètres ne peuvent envoyer leurs enfants à l’école que lorsqu’ils sont déjà très âgés, que pour obvier à ces inconvénients l’administration municipale de Meaucé les ayant reconnus a fixé il y a plus de 40 ans, son école de Saint-Jean-des-Murgers (Orne alors) et qu’elle y est toujours demeurée, parce que ce village est situé à 4 kilomètres de la Loupe, à 5 kilomètres de Fontaine-Simon, 5 kilomètres de Menus (Orne) et 4 kilomètres du Pas-Saint-Lhomer (Orne), que le pays est semé de villages situés ça et là qui n’ont pas d’école à leur proximité.
Que l’école des Murgers a toujours été fréquentée par un grand nombre d’élèves, non seulement de la commune de Meaucé mais encore des villages environnants qui sont éloignés de leurs écoles d’au moins 6 kilomètres.

Le 25 septembre 1872, en réponse aux dires rapportés au dessus, la majorité répond ceci :
Le conseil municipal, appelé à donner son avis sur les observations produites à l’enquête relativement à l’emplacement à donner à la maison école : sur les observations de M. Mithouard, si l‘enquête n’a pu avoir lieu sur la première affiche, ça été la faute de M. Malgrange qui a conservé chez lui le dossier de l’affaire et ne l’a point remis en temps utile à la mairie.
La pétition sans date (faite en 1866) indiquée par M. Mithouard est la preuve évidente que de tout temps la majorité des habitants de Meaucé a voulu l’école au chef lieu de la commune, et quant aux signataires décédés, M. Mithouard ne pourra pas à ceux-là comme à bien d’autres vivants faire entendre que la maison école ne coûterait que 4000 f à établir aux Murgers, cette allégation qui a pu influencer les manifestants n’a aucune valeur pour les gens clairvoyants et de bonne foi.
Il n’y a point 40 ans que l’école existe aux Murgers, puisque la réunion ne date que de 1846. Il est vrai que depuis cette époque, il n’a jamais existé au chef lieu de Meaucé de local convenable et c’est pour ce motif que celui des Murgers était le moins mauvais , il a été loué pour loger l’école mais aujourd’hui qu’il s’agit de construire un local définitif, il y a lieu de la placer au chef lieu de la commune, quant aux distances à parcourir, l’école aux Murgers serait il est vrai à la convenance des enfants de la section des Murgers, mais ceux de la commune mère seraient tenus à ces longs parcours et en outre obligés de faire deux fois ces courses pour assister à l’instruction religieuse, tandis que l’école près de l’église n’imposera à personne ces courses doubles.
Les dires contenus dans l’avis du commissaire enquêteur ne sont que la reproduction et le commentaire simplifié de ceux de M. Mithouard et paraissent au conseil municipal trop fastidieux et empreints d’erreurs en plusieurs points et d’une affection toute particulière et toute personnelle pour le village des Murgers, le conseil n’entreprendra pas d’y répondre.

Enfin Meaucé l’emporta et un arrêté du conseil de préfecture d’Eure et Loir du 3 septembre 1873 autorisa la commune à acquérir de M. Hiard, marchand de vins à la Loupe, moyennant 250 f la quantité de 15 ares de pré à prendre dans une plus grande pièce longeant le mur du presbytère de Meaucé.
Les plans et devis furent établis par M. Moutoné architecte départemental et la dépense de construction fut évaluée à 14491 f 58 non compris 250 f pour le terrain. La dépense réelle et définitive s’est élevée à 16 750,28 f.

Afin de faire face à cette dépense, la commune contracta à la caisse des dépôts et consignations un emprunt de 8000 f remboursable en 25 ans et un emprunt de 2000 f sur particuliers. Il lui fut accordé une subvention ferme de 4500 f sur les fonds de l’état et un recours départemental de 1150 f sur le fonds des amendes de police correctionnelles. Le département fournit en outre une subvention de 300,98 f pendant 15 ans. La commune fut imposée de 13 centimes pendant 25 ans formant une somme annuelle de 469 f 28 pendant 25 ans. La part dans la dépense ne s’éleva donc qu’à 7046 f 29.

Cette maison école a été construite sous administration de M. Jules Launay. Elle a été inaugurée le 1er mars 1875.
Elle comprend un pavillon d’habitation composé d’un rez de chaussée et d’un premier étage avec grenier au dessus.
Au rez de chaussée se trouvent :
1° un vestibule d’entrée de 2 mètres de large dans lequel est placé l’escalier conduisant au 1° étage,
2° une salle à manger de 4m sur 4 m
3° une cuisine de 4 m sur 2 m
4° une salle de mairie de 6m50 sur 4 m.
Sa façade principale est orientée au sud est.
Au 1er étage un palier sur lequel ouvrent à droite et à gauche 2 chambres à coucher de 4m sur 4m, chauffées, 3 cabinets. Le 1er étage est parqueté. La façade sans être luxueuse est cependant fort coquette et cette maison dans sa simplicité est d’un aspect agréable.
La maison est précédée d’une avant cour close par un mur surmonté d’une grille.
La classe est placée en arrière du bâtiment principal et au nord ouest. Elle est précédée d’un vestibule de 2 m de large servant d’entée et de vestiaire . La salle école a 7m30 de longueur sur 7m de largeur et présente une surface de 51m2 10, sa hauteur est de 4 m. L’éclairage est bilatéral avec intensité égale de lumière. Il a lieu par 4 grandes fenêtres disposées à 1 m du sol et montant jusqu’au plafond. Elles sont exposées à l’est et à l’ouest. Les fenêtres sont divisées en deux parties. La partie inférieure est égale au ¾ de la hauteur totale. La partie supérieure est formée de panneaux mobiles s’ouvrant à l’intérieur, la partie de la classe ouvrant sur le vestibule sont pleines et à un seul vantail ; Deux placards disposés dans le mur du fond au nord reçoivent, l’un les fournitures scolaires, l’autre les volumes de la bibliothèque populaire.
Le mobilier scolaire comprend un bureau de maître, 9 bancs tables, 3 tableaux fixes, 1 tableau ardoisé sur chevalet, un cartel, un compas de bois.

Nouvelle école

Le 30/06/2013 une nouvelle école est inaugurée


Source : Monographies

Saisie : Mireille ROUSSEAU

Dernière modification : 5 Juillet 2013