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Chartres : Eglise Saint-Aignan

Rue Saint Aignan (place)
Voir aussi :
Construction 1630
 

l'Eglise Saint Aignan : historique

Les premières églises

Considérée comme la plus ancienne église paroissiale de la ville, l’église Saint-Aignan est, durant la période féodale, la paroisse des comtes de Chartres, dont le château se trouve non loin de là, sur l'actuelle place Billard.

La légende dit qu'elle aurait été fondée par St Aignan (Anianus), évêque de Chartres qui aurait vécu au début du Veme siècle, et aurait été inhumé dans son église. Il est également possible que cet Aignan soit Saint Aignan d'Orléans (358-453), introduit dans la 1ère liste des évêques chartrains (1) par erreur ou pour l'étoffer.

Quoiqu'il en soit, l'église était au XIIIeme siècle une église collégiale (2) qui comportait 7 chanoines.

Si l'on ne sait absolument rien des bâtiments d'origine, on sait que plusieurs édifices se sont succédés et ont été détruits par de violents incendies.
Un 1er incendie a lieu en 1134 (le 2 sept. selon certaines sources, en décembre selon d'autres) qui ravagea la ville et toutes ses églises, hormis la cathédrale.
Un 2ème incendie est mentionné, pour les uns le 10 juin 1262, pour les autres le même jour en 1271 ou en 1272, qui, de nouveau, détruit une partie de la ville ainsi que ses églises, dont, de nouveau, St Aignan.
L'église fut recontruite, vraisemblablement au début XIVeme, pour être à nouveau détruite dans l'incendie du quartier, dans les premières années du XVIeme (pas de date précise).
(il ne faut pas oublier que tous les bâtiments, y compris les églises, étaient construites en bois, que même si les édifices les plus prestigieux étaient bâtis en pierre, leurs charpentes étaient en bois).

Il ne reste de l'édifice du XIVeme que le portail situé au centre de la façade principale, avec son tympan ogival de style gothique, ainsi que la crypte, qui a cependant été restaurée au début du XVIeme.

notes

(1) La plus ancienne liste épiscopale connue se trouve dans un manuscrit du XIe siècle provenant de la Trinité de Vendôme qui contient 57 noms depuis Adventus (saint Aventin) jusqu'à Aguiertus (Agobert) mort en 1060 : Imprimée en 1608 par Villiers en tête de son édition des Lettres de Fulbert, elle a été utilisée pour les travaux d'érudition moderne.
(2) collégiale : chapitre de chanoines sans siège épiscopal

L'église du XVIeme et XVIIeme

L'église fut encore une fois reconstruite, dès le début du XVIeme, mais sa construction dura plus d'un siècle, vraisemblablement faute de moyens, et ne fut achevée qu'en 1630 : c'est le bâtiment que l'on peut voir encore aujourd'hui, même s'il a subi des dommages pendant la révolution.
Le petit portail à gauche de la façade, qui sert d'entrée ordinaire est clairement de style renaissance, et date de 1541 (date gravée au sommet de son pinâcle).
La tour du clocher, massive, de forme carrée, qui flanque le bas-côté gauche, date du milieu du XVIeme. La porte qui s'y ouvre est celle de la crypte.

A l'intérieur, l'église se compose d'une nef de grande taille et de deux nefs latéralles. La nef devait être couverte d'une voûte en pierre à l'origine, mais, de toute évidence, ce projet n'a pas été concrétisé. A la place, il y a une voûte en bois, datée de 1625, qui donne à l'édifice son aspect assez particulier.
D'une manière générale, les travaux n'ont pas été poussés à leur terme, de nombreux éléments de l'édifice restent inachevés (clocher, chapiteaux des colonnes du triforium).
Toutes les fenêtres de l'église possédaient des verrières du XVIeme siècle, dont il ne reste aujourd'hui que quelques unes.

l'église à la révolution et au XIXeme

L'église fut extrêmement endommagée par la révolution : les très vieux tombeaux de la crypte ont été détruits, et tout le mobilier, les oeuvres d'art, les objets qui ornaient les chapelles ont été également pillés, volés ou détruits.
En 1793, elle fut vendue pour être démolie, et a été fermée.
Elle a servi ensuite d'hôpital militaire et de prison sous l'empire : en 1814, 2000 prisonniers russes, prussiens, autrichiens et anglais y ont été enfermés.
Elle a servi ensuite de magasin à fourrages et comme dépôt.
La famille qui l'avait achetée l'abandonna à la ville, complètement délabrée. Elle fut rendue au culte catholique par ordonnance royale le 2 octobre 1822, et de nouveau érigée en paroisse : ce fut la seule des 11 paroisses chartraines qui existaient avant la révolution à retrouver son statut.

La voûte qui était en très mauvais état a été refaite en 1854 et le dallage en 1893. L'autel, la grille séparant le choeur de la nef, les stalles ainsi que la chaire seront changés à la fin du XIXeme.

sources :

- Eglises et chapelles du diocèse de Chartres (tome 5), éd. Abbé C. METAIS, 1908
- Description de la cathédrale de Chartres suivie d'une courte notice sur les églises de Saint Pierre, de Saint André et de Saint Aignan de la même ville, abbé Bulteau, éd. Garnier 1850,
- Histoire de Chartres, Eugène Buchère de Lépinois, éd. Garnier 1854,
- site officiel de la ville de Chartres,
- wikipedia.

le cimetière

Comme toutes les églises, St Aignan était entourée d'un cimetière : en forme de terrase, il entourait son chevet.
Les murs de soutènement de ce cimetière, très épais et manifestement anciens, semblent être un vestige des murs de la première enceinte, dite enceinte du IXeme siècle.


Saisie : Carole & Eric CANTIN

Dernière modification : 28 Janvier 2008